‹ La jeunesse dorée sous Louis-PhilippeChapitre 11 sur 96 · SIXIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

SIXIÈME LETTRE

à Félix Anvers,

Strasbourg", 25 juin i835.

Mon cher Arvers, M. Schermerhorn, qui te remettra cette lettre, a été mon compagnon de voyage pendant i5 jours. Nous avons vu ensemble les bords du Rhin, Heildelberg, et tout ce que tu m'avais recommandé. Tu sais ma prédilection pour les étrangers et combien je leur trouve à tous plus de tenue et de distinction qu'à nos compatriotes. Celui-ci justifie pleinement toutes mes idées à cet égard. Il est impossible d'être mieux de tous les points que ce jeune Américain des Etats-Unis. Dis-lui donc si tu sais quelque chose de la jeunesse en question, car il m'écrira plus souvent que toi. Il te remettra peutêtre cent et quelques francs, si toutefois il n'a pu leur donner la destination que je désire. Garde-les-moi avec les 200 francs de Dejean et sois toujours prêt à me les envoyer quand je te les demanderai, à moins qu'ils ne soient à toi-même de quelque utilité. Aie la bonté aussi de dire à Juy (i) de lui donner Gitana (2) à monter toutes les fois qu'il le voudra, si toutefois Gitana est

(1) Son valet de chambre.

(2) C'était la jument que montait ordinairement Alfred de Musset, quand il allait à Bury.

yO LA JEUNESSE DOREE

à Paris et m'appartient encore. Dînez ensemble s'il y a un moyen. Adieu et tout à toi de cœur.

ALFRED

Comment vont les amours de cet autre amour de Janisset ? Les visites chez l'un entraînent les visites chez l'autre et réciproquement, n'est-ce pas ?

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