SALLANDROUZE
Charles-Jean Sallandrouze était fils de Sallandrouze de Lamurnaix qui releva sous le Consulat la vieille manufacture des tapisseries d'Aubusson et fonda celle de Felletin.
Il était né à Paris, le 27 mars 1808, rue Richelieu où son père avait alors son dépôt de tapis. Ce n'est qu'en i834 que ce dépôt fut transporté dans l'hôtel de Montholon, boulevard Poissonnière, 28.
L'hôtel de Montholon avait été construit sur les
dessins et sous la direction de Soufflot-le-Romain, neveu et élève de rarchitecte de Sainte-Geneviève, aujourd'hui le Panthéon.
« La façade extérieure, d'ordre ionique, dit Thiéry dans son Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris (i), réunisait au style noble et grave qu'exigeait l'état du magistrat propriétaire, le genre sévère et pur de l'antique. La décoration intérieure ne faisait pas moins d'honneur à Soufflot par la richesse des ornements et le goût qui avait présidé à leur choix.
«Le salon de compagnie était orné d'un plafond où M. Robin, peintre du roi et censeur royal avait représenté Thémis, accompagnée de la Force et du Génie des lois ; elle venait écarter de la terre les vices sortis de la boîte de Pandore : l'hypocrisie seule échappait aux regards de la Justice. Les ornements qui entouraient ce sujet désignaient par des figures allégoriques les vertus nécessaires à un magistrat w.
On sait de quel événement cet hôtel fut le théâtre au coup d'Etat du 2 Décembre. Je tiens de M. Eug. Tattet que le feu dirigé contre les fenêtres fut commandé par un lieutenant devenu depuis le général baron Rébillot. Un tel haut-fait valait bien qu'on l'anoblît en ajoutant à son nom celui de Saliandrouze.
Le plus drôle c'est que Charles-Jean Sallan-
sous LOUIS-PHILIPPK 85
drouze, l'ami de Taltet, qui dirigeait rindiislrie de son père, était alors député de la Creuse ({u'il représenta jusqu'à sa mort arrivée le i3 juin 1867. Je crois même qu'il se rallia à l'Empire.