‹ La jeunesse dorée sous Louis-PhilippeChapitre 23 sur 96 · I08 LA JEUNESSE DOREE · texte numérisé non relu

I08 LA JEUNESSE DOREE

Et ne voyait pas la guirlande D'Elhel et de son Ordener.

L'enfant de ce siècle sublime

A moi venait se confesser ;

Sur le sentimental abîme

J'ai pu l'entendre et l'embrasser.

J'ai, littérateur volontaire.

Entre l'Emile et TAntony (i),

Chargé sur Monsieur de Voltaire.

J'ai combattu pour Hernani ;

A la littérature neuve

Je me suis voué, corps et cœur :

J'ai pris dans mes bras Sainte-Beuve,

Comme le grand consolateur.

Amoureux comme l'Allemagne.

Je mourais au temps de Werther ;

Quand j'ai lu les Contes d'Espagne,

Semblable au bouchon de Champagne,

Comme lui je sautais en l'air.

Dans mes jours devenus plus graves

Vienner.t des vers plus sérieux,

Et je me trouve tout heureux

De vieillir avec les Burgraves.

Faisceau de poètes-amis.

Vous êtes ma seule couronne !

Il me semble que je rayonne.

Ainsi, quand je vous réunis, Vos vers, qui charment ma mémoire, Font mon auréole de gloire.

Mon culte, ma félicité.

Quand sur ces airs j'ai bien chanté, Heureux comme d'une Victoire Sur leur aile aux cieux emporté Je vais commodément à la postérité (2).

(1) Ce vers est à double entente et, dans la pensée de Guttinguer, devait s'appli(juer aussi bien aux deux frères Deschamps (Emile et Antony) qu'aux chefs-d "œuvre de Jean-Jacques et d'Alexandre Dumas.

(a) Les Lilas de 18 43, dans les Deux âges du poète.

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