DIX-SEPTIÈME LETTRE
à Ulric Gattinguer,
Cher ami, vous avez été bien bon et bien aimable de venir déjeuner à ma Caverne et de nous j avoir apporté cette adorable humeur que vous avez dans vos bons/jours. Musset, pour un homme qui s'était levé à II heures, était aussi passablement en train. Il m'a lu aujourd'hui 2 ou 3 pages admirables sur la dilïérence qui existe entre le poète et le prosateur (2). Cela fera partie du Poète déchu qui sera fini Dieu sait quand. Nous aurons auparavant une espèce de Conversation qui ne sera ni un roman disting'ué ni un proverbe sur les bals de l'Opéra et qui rappellera peut-être la Naît et le Moment, de Grébillon fils.
Ne venez pas jeudi déjeunera la maison, ma mère va à Bury et vous ne trouveriez personne. La Grammaire des Grammaires est de Giraultdu Vivier. C'est le meilleur cuvrag'e de ce g'enre.
(1) La date de cette lettre nous est donnée par le passage relatif au Poète déchu, qui fut écrit en 1889.
(2) Ces pages ont été publiées par Paul de Musset dans les Œuvres posthumes de son frère.
l40 L\ JEUNliSSE DORÉE
La femme que Roger de (Beauvoir) a promenée à la liste civile s'appelle maintenant Hortense de Ruelle ; autrefois elle se nommait Clarisse Levasseur. J'ai possédé jadis ses faveurs sous cette raison sociale. Elle était au b... de Londres il y a un mois.
J'en étais là de ma lettre comme est rentré mon ami S..., sous-secrétaire d'ambassade, que vous avez vu jadis chez moi. C'est un garçon de mérite et d'esprit qui a conservé de vous un si bon avenir qu'il m'a demandé en grâce de vous faire trouver ensemble.
Il sera chez moi demain jeudi à 1 1 heures. Nous déjeunerons dans mon petit appartement. Je compte sur vous. Arvers et Musset seront des nôtres.
A demain donc et tout à vous.
ALF. T
Mercredi.