VINGT-HUITIEME LETTRE
à Ulric Guttinguer,
S. d. [février] i843 (2).
• Un autre cahier de musique, s'il vous plaît... Ah ! ça
(i) Arvers avait pris pour devise : Félix, nomen et non orner., un nom, mais non pas un présage.
(2) La date de celte lettre nous est donnée par celle que Musset
sous L0UI3-PHILLIPE IQQ
je finirai bien par en trouver un où il y aura des romances de vous. Que sont devenues les perles répandues devant P. Brugnières. Duchambge, etc., etc ?
Envoyez-moi donc mon Rierre le Noir (i), que je le finisse et m'explique pourquoi Musset y est allé trois fois ; je ne vous écris que pour vous demander quelque chose comme vous voyez. Donc prêtez-moi le 2® vol. du Rhin de V. Hug-o et n'oubliez pas surtout 4 ou 5 de vos derniers Cahiers manuscrits, espèces d'herbiers, sorte àeijlore intellectuelle : chaque feuille est un parfum, un bouquet, n'est-ce pas ? Ah I Alfred [de Musset] est venu ce soir. Voilà sa vie depuis que je ne l'ai vu : — Soirée chez M^fî Decazes — souper chez Buloz — malade 2 jours. Le souper des 2 Revues a été charmant. Rachel était délicieuse ; seulement de Vigny, à table, puis Hugo dans la soirée se sont emparés d'elle et ne l'ont pas quittée d'un instant. Vous savez comme V. H. la traitait chez vous ; maintenant ce n'est plus cela. — fis étaient tous là, depuis Ghaudesaigues, qui s'est saoulé, jusqu'à X. Marmier, le finlandais, Mérimée, Heine, Théoph. Gautier, M. de Rémusat, Vivien, Lerminier, etc., etc. Rien n'y manquait. Heine a été le roi.. . de la fève.
J'ai prié Alfred de m'envoyer tous les vers qu'il reçoit et qu'il ne lit pas — il a toujours sur sa table des livres
écrivait à son frère, ea Italie, au mois de février i843 : «... J'étais donc à souper chez Buloz le jour des Rois. Toute la Revue s'y trouvait, plus Rachel. C'était un peu froid; on aurait dit un dîner diplomatique. Le hasard facétieux a donné la fève à Henri Heine, qui a fait semblant de ne pas savoir ce qu'on lui voulait, de sorte que le g-âteau sur lequel la maîtresse de la maison devait compter pour égayer la soirée a été pour le roi de Prusse. Heureusement Ghaudesaigues s'est grisé, ce qui a rompu la glace... (Œuvres posthumes d'Alfred de Musset.)
(i) Pierre Le Noir ou les Chaujfeurs, drame par Prosper Dinaux et Eugène Sue (1842).
qu'on lui offre et qui restent vierges. Nous les lui couperons si vous voulez ; tenez, pour vous remercier de votre visite d'aujourd'hui, voici son rondeau que je vous copie :