‹ La jeunesse dorée sous Louis-PhilippeChapitre 62 sur 96 · TRENTE-CINQUIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

TRENTE-CINQUIÈME LETTRE

à Ulric Guttinguer,

Cher ami, quels vers délicieux que ceux ajoutés en P. S. à votre article! Comme ils sont tristes et vrais, finement touchés, et que je préfère la voix qui chante au pied de l'arbre à celle de l'oiseau qui g'azouilie dans son feuillage ! Savez- vous que c'est du beau de planter un arbre et de pouvoir lui parler 3o ans après ! Faites de même aujourd'hui et nous verrons ce que vous lui direz à 80 ans. J'ai hâte d'avoir votre volume, mon cher Ulric, et j'imagine que j'y retrouverai les belles choses que vous m'avez dites autrefois dans cette langue si mélodieuse et si douce que je suis vraiment digne d'entendre.

A votre place il y a quelques fables que je ne sacrifierais pour rien. Voici mes préférées : le Chat et la Mouche^ les Renards et les Bûcherons, les Feuilles et le Vent, Polichinelle, Philomèle, la Perruche et le Rossignol, l'Habit et la Robe de chambre. J'y joins le Chêne et le Chèvrefeuille qui rappelle le Chêne et le Roseau, bien que pris d'un autre point de vue, et le

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