‹ La jeunesse dorée sous Louis-PhilippeChapitre 63 sur 96 · I>A JEUNESSE DOUÉE · texte numérisé non relu

I>A JEUNESSE DOUÉE

Paysan de la Touques, que vous avez le droit de nommer une fable, puisque le Paysan du Danube porte aussi ce titre modeste à jamais anobli (i).

Je vous enverrai cette nouvelle d'Alfred, mais je vous préviens que c'est du dernier médiocre. J'aime mieux qu'il se taise que de parler ainsi. Celle de Georg-e Sand est commencée. Jusqu'à présent c'est un Ang"lais qui a le beau rôle. A propos d'Ang-lais, je vous dirai que ma forêt (2) commence à perdre cette perruque rousse qu'elle a g'ardée tout l'hiver et qui est si bien portée par certains habitants de la perfide Albion. Mon Dieu! que les chênes sont donc long-s à partir ! Je déteste cet arbre qui n'aime pas le Printemps : parlez-moi des bouleaux qui, depuis un mois, servent de plumets et de panaches à ces vieux feutres.

Décidément, est-ce vous qui m'avez envoyé le Raspail? Ce sont des idées toutes nouvelles (3). Je n*ai pas g-rande confiance dans ces animalcules que nous avalons de tant de façons différentes et qui causent toutes nos maladies. On vit fort bien avec cela et nul doute qu'ils existent dans les remèdes mêmes qu'il vous ordonne. Il recommande la flanelle que je déteste et les draps de coton que je n'aime pas. S'il s'habille comme il veut habiller le genre humain, il doit avoir une assez jolie tournure ; en hiver rcding-ote d'alpaga, chapeau de paille, sabots — il ne veut dans les appartements ni marbre, ni glace, ni cristaux : il devait donc se trouver

(i) Guttinguer préparait lédition de ses poésies complètes qui parut quelque temps après sous le titre : les Deux âges du poète.

(2) La foret de Fontainebleau.

(3) I..a première édition de l'Histoire naturelle de la santé et de la maladie chez les végétaux et chez les animaux en gênerai et en particulier chet C homme, par F. Raspail, parut en i843.

sous LOUIS-PHII-IPPE

à merveille dans sa prison. La mienne serait de mon g"oût si je pouvais souvent vous serrer la main, mais pour cela il me faudrait le bras de Collignon. Serezvous encore à Paris en juillet quand nous y viendrons, accoucher? C'est un vilain moment à passer. Adieu, cher bon, envoyez-moi force vers et prose de vous, que je vous lise en attendant que je vous voie. Mille choses aimables de notre part à M°^® Guttinguer. Nous embrassons Gabriel et nous vous aimons bien cordialement.

ALF

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