SOLS LOUIS-PHILIPPE
Temps des rêveurs et des poètes,
De progrès en mille façons,
On n'entend plus parler les bêtes.
Gerte, en fait de présomption,
Et de plaisante illusion,
Voilà qui passe toute idée !
Heureuse l'âme possédée
De pareille prétention !
Elle peut marcher en ce monde,
Quitte de bien des embarras, Car ranimai parlant me paraît ici-bas
Une espèce encor trop féconde ; N'est-il pas vrai, messieurs les avocats, Messieurs de tous les rangs, messieurs de tous états, A droite, à gauche, en plumets, en rabats ?
Moi, qui n'ai pas le privilège De rencontrer encor ce trésor précieux.
Un animal silencieux ; Moi que leur éloquence assiège, El qui faute de mieux, les écoute souvent.
Je pense qu'on y peut apprendre
Quelque chose eucor par moment, Et le conter à qui veut bien l'entendre. Je le soumets à votre jugement
De noble et bon adolescent
Et vous présente, jeune Prince,
Les animaux de ma province.
Je crains pour eux l'air de la Cour,
L'éclat des lieux, le trop grand jour.
Tout cela pourra bien leur nuire ;
Je les crois bien embarrassés.
Bien ébahis, bien empesés
Ne sachant ni pleurer, ni rire :
Mais si voulez leur sourire
Aimable Prince, vous verrez,
Par votre indulgence inspirés,
Ce qu'ils sont capables de dire.
Avec tout le monde on apprend ;
Avec le petit et le grand,
Avec l'ami, l'indifférent ;
Tout enseigne dans la nature Un esprit humble, une âme pure, Deux trésors qu'un saint bienheureux Disait si grands, si précieux , Qu'il était certain qu'avec eux On pénétrait au fond de l'enfer et des cieux.
Que Dieu vous donne ces deux ailes Qui savent le chemin des voûtes éternelles : « L'ordre dans les afTeclions ; « La pureté dans les intentions. »
On vole très haut avec elles, Et sur terre on devient l'amour des nations.
Voici le ton général des fables de Gutling-ucr. N'est-il pas vrai qu'il est aimable et personnel ?