‹ La jeunesse dorée sous Louis-PhilippeChapitre 83 sur 96 · M°»« BIARD ET VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

M°»« BIARD ET VICTOR HUGO

Le i5 juillet i845, M'"® Amable Tastu, qui ne plaisantait pas sur Tarticle 7, écrivait à la fille de Népomucène Lemercier :

« ... Ce n'est pas seulement dans votre Normandie que les grands hommes se passent de curé dans leurs relations intimes, et quoiqu'il n'en résulte pas toujours des Guillaume, les parents du célèbre bâtard trouvent encore d'illustres imitateurs. Le scandale donné par le nouveau pair de France qui occupe à l'Académie le fauteuil de votre noble père a-t-il été jusqu'à vous? Depuis huit jours, c'est l'entretien de tout Paris. Voici le fait, en cas que

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vous ne le sachiez pas. L'auteur des Burgraves, le poète olympien, a été surpris avec la très jolie femme du peintre Biard par le mari escorté du commissaire de police dans un petit appartement du passage Saint-Roch loué par le susdit poète sous un faux nom. La dame a été conduite en prison, et pour éviter le même sort, le pair de France a été obligé de déclarer sa qualité et de signer au procès-verbal. Le mari a déposé sa plainte et demandé à la Chambre la permission de poursuivre le coupable.

« La dernière version est que de hautes influences ont arrangé les choses moyennant la poudre merveilleuse qui les arrange toujours : pension faite à la femme, travaux promis au mari, départ du poète pour ritalie où il va passer deux ans, dit-on, le voyage payé : le tout, vrai ou non: vous savez toat ce que la circulation ajoute aux faits. Mais voilà les bruits courants. Vous voyez que le scandale ne fait pas faute ici. Gomme le principal personnage ne s'est pas fait beaucoup d'amis, c'est une jubilation, pour les confrères surtout, que cette tuile tombée sur son orgueil. Moi, je trouve cela grave et triste, et me demande avec chagrin ce qu'il faut d'années, de facultés et de dignités pour rendre les hommes sages. En voilà assez sur ce chapitre » (i).

N'en déplaise à M"i® Tastu, j'ajouterai à sa lettre quelques détails pour compléter et rectifier son récit.

(i) Lettre publiée par M. Maurice Souriau dans Grandeur et décadence de M""» Amable Tastu, 1910.

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On sait déjà que TafFaire Bia gée en partie par la femme mên se montra d'autant beaucoup { son mari, qu'elle avait elle ai reprocher. C'est elle qui se ch démarches et désarma la colèn lui demander le pardon de sa f

Elle poussa la mansuétude j M""® Biard dans sa prison. Le r Philippe aimait beaucoup Vict son intendant aux Beaux- A.rts une large compensation au pe qui fut fait. Biard n'avait qu'u J'ouvre le Voyage à traverïi Beaux-Arts par Edmond Aboi lui les lignes suivantes :

« M. Biard est aussi incap; homme du monde que M. Pau parler les gens de bonne comp:

M. Nieuwerkerke est plein de que M. Biard a uniformémen soumettant au même sourire et nomie. Voyez ce qu'il a fait de de M. Alfred de Musset; chercl sous son pinceau M. Mérimée, romanciers et le plus fin des demande comment une femme a une robe à elle peut s'expos(

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à elle, a été peinte par son mari. Elle était jol dit l'histoire, et il fallait qu'elle le fût pourplain Victor Hugo qui d'ordinaire ne s'attaquait pas àc laiderons, mais son mari a laissé au bout de s pinceau la petite flamme qui est tout dans un p( trait. Elle a l'air nulle.

A part cela, Biard pouvait être, comme dit Tatt* un homme charmant.

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