‹ La jeunesse du CidChapitre 18 sur 54 · LES MÊMES, LE COMTE, PÉRANZULEZ · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LE COMTE, PÉRANZULEZ

Péranzulez. — Restes-en là et regagne ton palais ; il te servira de prison.

Le Cid, à part. — Là, c'est l'amour qui m'embrase; ici, l'opprobre me glace le cœur.

Le Comte. — Mon bon plaisir est ma prison si je n'en ai d'autre que mon palais.

Chimène, à Dona Urraca. — Un malheur nous menacerait-il! Tantôt il a le feu au visage, tantôt il paraît trembler de froid.

Dona Urraca. — Rodrigue pâlit quand ses yeux se portent sur le comte. Que se passe-t-il ?

Le Cid, à part. — Si je suis tel que j'ai toujours été. d'où vient mon hésitation?

Chimène. — Que regarde-t-il, à quelle douleur me destine-t-il ?

Le Cid, à part. — Je ne puis m'y résoudre.

Chimène. — O tristesse !

Le Cid, à part. — Me faudra-t-il verser ton sang, ô mon âme ? O,

ma Chimène! Que puis-je espérer? Amour géant... Je chancelle... le

doute me gagne... L'honneur, qu'est-ce que cela?... Honneur, amour, je

vous ai jetés dans les deux plateaux de la balance; lequel de vous

'emportera?

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