SCÈNE VII
seu/. — Ni la jeune brebis qui a perdu son berger, ni le lion abandonné par ses petits, ne bêle de crainte, ne rugit de douleur
comme je gémis sur Rodrigue ! Hélas, fils bien-aimé ! L'âme bouleversée, embrassant des ombres, je m'enfonce dans les profondeurs de la nuit close... Après le combat, je lui ai signalé l'endroit, je lui ai dit la place où il devait accourir. S'il m'avait désobéi ? Non, je ne puis le croire! Je souffre mille tourments! Un obstacle, une rencontre fâcheuse en le forçant à modifier ses projets l'auront contraint à changer de route... Des flots d'un sang glacé se brisent contre mon cœur... Serait-il mort... blessé, prisonnier?... Ah, saints des deux ! Je prévois tout un avenir de douleur! Mais quel est ce bruit?... Serait-ce lui?... Non. je ne mérite pas tant de joie; les échos de ma voix et de mes gémissements répondent à mes peines... Et pourtant, sur le sol dur et pierreux, j'entends de nouveau le galop d'un cheval... Rodrigue met pied à terre! Aurai-je un tel bonheur?