SCÈNE V
RODRIGUE, HERNAN DIAZ et BERMUDE LAYNEZ ses frères Rodrigue entrant, suivi de ses frères qui le désarment.
Le Cid. — Mes frères, vous me faites beaucoup d'honneur.
Bermude. — Nous sommes les serviteurs de notre frère aîné.
Le Cm. — Vous me montrez bien l'affection que vous me portez.
Hernan. — Et pourtant, il vaut mieux le confesser, nous envions les suprêmes faveurs dont le roi t'a comblé.
Le Cid. — Le temps, le temps viendra, mes frères, où, s'il plaît à Dieu, il répandra sur vous deux les bienfaits dont ses mains généreuses sont pleines et où il vous octroiera avec le même cérémonial les ordres insignes dont il m'a trouvé digne. Du reste, en m'honorant, le roi nous a tous honorés. Allez, accrochez avec respect ces armes. Le roi me les a données et je jure une seconde fois son héroïque devise de ne plus ceindre son épée après l'avoir suspendue de ma main et de ne la plus toucher jusqu'au jour où se seront réalisées mes espérances de remporter la victoire dans cinq batailles rangées.
Bermude. — Quand te montreras-tu sur les champs de bataille ?
Le Cid. — L'heure approche.