‹ La jeunesse du Grand FrédéricChapitre 104 sur 112 · Voir page · texte numérisé non relu

Voir page

R Pûtsdam, 4 février 183^.

« Mon cher fils Fritz,

« Je me réjouis beaucoup que vous n'ayez plus besoin de médecine. Il faut que vous vous soigniez encore quelques jours, à cause du grand froid, car moi el tous ici nous sommes très incommodés de rhumatismes. Ainsi tenez-vous bien en garde. Vous savez, mon cher fils, que quand mes enfants sont obéissants, je les aime bien. Quand vous êtes venu à Berlin, je vous ai pardonné de tout cœur, et, depuis ce temps que je ne vous ai pas vu, je n'ai pensé à rien qu'à votre bien-être et à vous bien établir, aussi bien à l'armée qu'avec une belle-fille comme il faut, et à vous marier encore de mon vivant. Vous pensez bien que j'ai fait examiner par d'autres les princesses du pays, autant que cela est possible, par rapport à leur conduite et à leur éducation... Alors la princesse de Bevern, l'aînée, a été trouvée bien et modestement élevée : c'est ainsi que devraient être toutes les femmes. Vous me direz tout de suite votre sentiment. J'ai acheté la maison de Katsch, qui sera pour le feldmaréchal gouverneur; je ferai rebâtir (pour vous) la maison du gouverneur, et tout meubler. Je vous donnerai assez pour que vous puissiez vivre à votre ménage, et, au mois d'avril, je vous enverrai à l'armée. La princesse n'est pas belle, mais elle n'est pas laide. Vous no parlerez de cela à personne, mais vous écrirez à votre maman que je vous ai écrit, et si vous avez un fils, je

VOUS laisserai voyager. La noce ne se fera pas avant rhiver qui vient. En attendant, je chercherai des occasions de vous mettre quelquefois en plein honneur, et je pourrai ainsi apprendre à vous connaître. Elle est une créature qui craint Dieu, et cela c'est tout. Elle sera •comportable aussi bien pour vous que pour ses beauxparents. Que Dieu bénisse cela! Qu'il vous bénisse, vous et vos successeurs ! Qu'il te conserve bon chrétien, et aie toujours Dieu devant les yeux, et ne crois pas à la damnable foi particulariste, et sois obéissant et fidèle, ^ors tout ira bien pour toi dans le temps et l'éternité. Et <lvLe celui qui désire cela de tout son cœur dise : Amen. Ton père fidèle jusqu'à la mort.

« Si le duc de Lorraine vient, je te ferai venir. Je crois -que ta fiancée viendra ici. Adieu. Dieu soit avec vous^ »

Page 1