‹ La jeunesse du Grand FrédéricChapitre 106 sur 112 · févr. i732, Œuvres de Fr. le Gr., t. XVI, pp · texte numérisé non relu

févr. i732, Œuvres de Fr. le Gr., t. XVI, pp

pensez bien à ce que je vous dis : Dieu veuille que je me trompe, mais mon fils ne mourra pas d^une mort naturelle ; Dieu veuille qu'il ne meure pas de la main du bourreau! » Grumbkow finissait en déclarant qu'il « se retirait entièrement des affaires du prince; il lui souhaitait « mille bénédictions », et citait la parole de Salomon : « Un homme raisonnable voit le malheur et se cache, un fou y court aveuglément. » En même temps, il écrivait à Wolden, qu'il lui laissait le soin de « démêler la fusée », et prenait très humblement congé de la société, n'ayant « pas assez d'esprit pour se faire couper la tète de bonne grâce » ."Il dispensait le maréchal de lui répondre, et le priait de disposer Son Altesse Royale à l'oublier totalement *.

Ces lettres arrivèrent à Cûstrin, au moment où Frédéric, mandé à Potsdam, s'apprêtait à partir. Grumbkow s'attendait à voir recommencer « les vieilles scènes ». Il contait à SeckendorfF son anxiété : le prince n'est pas maître de ses passions; il se trahira; les sept sages de la Grèce eux-mêmes ne seraient pas capables de contenter le père et le fils. Mais Grumbkow, qui croyait pourtant bien connaître son prince royal, se trompait; tout se passa le mieux du monde. Frédéric arriva le 26 février à Potsdam. Deux jours après, le roi demandait officiel- Jement aux Bevem la main de leur fille. Le roi donnait à son fils, pour qu'il en fit présent à la princesse, une belle montre d'or ornée de diamants, enfermée dans un bel étui. Il faisait retirer du trésor un anneau, d'une valeur

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