‹ La jeunesse du Grand FrédéricChapitre 18 sur 112 · IdeîTif ibidem · texte numérisé non relu

IdeîTif ibidem

2. RoltcDbourg, A.-E. Prusse, 1727, 11 mars; La Chétardie, 1733> 3 février.

menaçait de tout sacrifier pour tirer de l'empereur une vengeance éclatante.

Certainement, il est perfide, lui aussi, puisqu'il prend des engagements avec l'intention de ne les pas tenir. II se vante d'avoir mis dans son traité avec l'empereur « plus de soixante restrictions et équivoques pour en sortir » ; mais il ne faut pas oublier, si l'on veut être juste envers lui^ que sa duplicité vient, en partie, de ce qu'il était double ',

Comme roi de Prusse, sa politique est toute simple et toute unie : il veut agrandir la Prusse. Il a, ou croit avoir, des droits sur les duchés de Berg et de Juliers : il demande que ces droits soient reconnus. Sans vergogne, il se met aux enchères : « Je ne me donnerai pas pour des poires et pour des pommes. » Il a des façons charmantes d'accepter les offres. Quand la France lui propose Elbing, à condition qu'il reconnaisse Stanislas Lecszinski comme roi de Pologne, il écrit en marge de la dépêche, en français : « A la fin, je dirai comme la feue reine Anne d'Autriche : Monsieur le cardinal, vous m'en direz tant que je serai obligée de succomber à vos désirs. » S'il regrette des engagements aussitôt qu'il les a pris, c'est •parce qu'il croit que, demeuré libre, il aurait trouvé l'occasion d'une affaire meilleure. Au moment où va commencer la guerre de la succession de Pologne, il confesse son chagrin de s'être lié avec l'empereur : « Ma situation serait aujourd'hui de me déterminer pour celui qui me présenterait les avantages les plus réels. » Cela n'est pas de la duplicité : il n'y a rien au monde de plus simple.

4. Rottenbourg, A.-E. Prusse, 1721, 13 janv. et 15 avril; la Cbétardie, 1733, 21 déc; 1735, 14 sept. .

Frédéric-Guillaume est si simple, au fond, qu'il n'entend rien aux affaires de la diplomatie. 11 y porte des passions et des caprices puérils. Il a la fortune d'être à la fois électeur et roi : il ne veut pas que d'autres l'aient en même temps que lui. Il lui déplaît que l'électeur de Saxe se mêle d'être roi de Pologne, et l'électeur de Hanovre, roi d'Angleterre. Il est littéralement jaloux de voir ces Hanovriens « faisant à présent si belle figure dans le monde », et la splendeur de leurs affaires le désespère *. Il a connu Georges II, au temps où celui-ci n'était que le petit-fils d'un électeur de Hanovre ; il a joué avec lui, il l'a même battu : il ne peut supporter que ce gamin, devenu si grand prince, fasse avec lui l'important. Il l'appelle « mon cher frère le comédien », ou bien encore « mon cher frère le chou-rouge ». Il vomit contre lui des injures qui ne peuvent être répétées. Quant à Auguste de Pologne, il ne l'appelle jamais autrement que « le porte-manteau ». Sa façon de passer sa mauvaise humeur contre ces princes est strictement enfantine. Il casse à coups de canne un service de porcelaine, parce que ce service est de Saxe et vient du roi de Pologne. Malade et repassant avec fureur ses griefs contre l'Angleterre, il se souvient qu'il a, dans son écurie, un cheval, que le roi d'Angleterre lui a donné ; il ordonne de chasser cette bête. On lui conseille de la donner plutôt au prince d'Anhalt, « ennemi de tout ce qui est anglais ; » il consent, et pense que « ce sera se venger parfaitement ». Une autre fois, il refuse

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