‹ La jeunesse du Grand FrédéricChapitre 21 sur 112 · A.-E. Prusse, Supplément, t. LXXVI, p · texte numérisé non relu

A.-E. Prusse, Supplément, t. LXXVI, p

confusion prochaîne de toute l'Europe* ». Cette confusion, il l'attendait, Tespérait et s'y préparait, en emmagasinant de la force. Déjà il est « respectable » ; il voit bien qu'on tient compte de lui, et il en est très fier. « Toutes les puissances les plus considérables me recherchent, dit-il, et me caressent à l'envi, comme on ferait une épousée... L'on sera toujours obligé de rechercher un prince qui a 100,000 hommes sur pied et 25 millions d'écus pour les faire agir. » Il avait déjà gagné ce point de n'avoir besoin de personne. Comme son père et son grand-père, il trouverait s'il le voulait, dé?^ subsides à l'étranger, mais « c'est une chose qu'il n'a ggtmais faite et ne fera jamais ». Il entend rester son maifpe, et se fait gloire (( de ne suivre que son propre mouviAnent, ou si l'on veut, son caprice momentané ». Les i^résentants des vieilles puissances sont obligés de prendre les plus grandes précautions avec lui : « J'aimerais mieux de ma vie ne manger que du fromage et du pain, disait-il, plutôt que de permettre qu'on m'impose la loi de parler, quand je ne le veux point*. »

De temps en temps, il voulait ee faire croire qu'il agirait un jour. Il parlait de « révolutions » possibles à la mort de la tsarine, ou du roi et de la reine de Suède, ou du roi de Pologne, ou de l'empereur : « Toutes ces successions sont disputées, disait-il, et même, si le roi d'Angleterre venait à manquer, le prétendant pourrait trouver de l'appui, qui peut-être donnerait occasion à des

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