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Frédéric, pendant une conversation sur les revenants, le regarde avec une mine moqueuse. Comme on se levait, il lui entend dire tout haut: « En voilà un qui croit aux revenants. » Il apprend que, la veille au soir, le Castellan de Wusterhausen, homme fort dévot, a rencontré le prince, qui lui a demandé où il portait une lumière qu'il tenait à la main : « Votre Altesse, chez le professeur Francke, » a répondu le portier. « Alors, a répliqué le prince, c'est un pharisien qui va chez un pharisien, car c'est un pharisien, comme toi-même. » Le pasteur, tout troublé, se promet de prier Dieu pour le prince héritier. Fritz a grand besoin, en effet, que l'on prie Dieu pour lui *. Il est « porté de nature pour toutes les sciences », mais il néglige la science sacrée. Il devait recevoir la confirmation au mois d'avril 1727 ; il l'a reçue en effet, mais il a fallu, pour qu'il fût prêt au jour dit, que le pasteur de la cour doublât les leçons. Ses gouverneurs ont été obligés d'avouer au roi que, depuis six mois, il avait fort négligé l'instruction religieuse*.
Ni économe, ni soldat, ni dévot, ce fils devait troubler h fond l'âme du père que nous connaissons. C'eût été miracle que Frédéric -Guillaume ne se fût pas laissé emporter contre lui par sa violence naturelle. Il a commencé par des tapes, qui ressemblaient à des soufflets ; les vrais soufflets sont venus. Il a frappé Fritz pour les gants portés à la chasse; il l'a frappé pour la fourchette à trois fourchons. Comme il était très prompt, et qu'il portait toute chose à l'extrême, il a tout de suite déses-
i. Kramer, Neue Beitrfige, pp. 102-3.