‹ La jeunesse du Grand FrédéricChapitre 31 sur 112 · Rapport des gouverneurs. Cramer, Zur Geschichle, p · texte numérisé non relu

Rapport des gouverneurs. Cramer, Zur Geschichle, p

péré de son fils. L'enfant duquel il attendait une affection fraternelle, un respect tendre et une confiance absolue, le petit Frédéric, le Fritzen^ lui paraissait un rebelle, et très dangereux. Le ministre de France, signalant « Taliénation du roi et du prince », craint qu'elle « n'aille loin *.». Déjà, en effet, le roi comparait à l'aîné révolté, le cadet Guillaume. Il reportait sur celui-ci toute la tendresse dont il était capable. A table, il lui faisait faire la prière, et se tenait debout, incliné, les mains jointes, derrière la chaise du petit. Si le petit était souffrant, il Fallait voir et le couvrait de baisers ; il s'arrêtait quand il le rencontrait, le soulevait dans ses bras, et le baisait « pendant un demi-quart d'heure ». Il disait: « Je ne parierais pas gros sur tel ou tel de mes enfants, mais (montrant le petit Guillaume), j'ai confiance en celui-ci; il a un bon caractère; je g-arantirais bien qu'il sera un honnête homme'. » Il est permis de croire qu'à cette date déjà, trois ans avant la crise tragique, Frédéric-Guillaume ne pouvait s'empêcher de penser que le royaume de Prusse serait bien placé aux mains de ce cadet, qui promettait d'être un honnête homme. De l'aîné, il ne peut bientôt plus supporter la vue. Alors la vie de famille devient intolérable: une sorte de terreur plane sur la maison; la reine pleure tous les jours. Le visage du prince fait peine à voir; tout le monde remarque la « noire mélancolie » de ses grands yeux. 11 la confesse à ses amis, et des lettres de lui expriment le dégoût de la vie. Il s'excuse auprès d'un ami malade, le lieutenant von

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