‹ La jeunesse du Grand FrédéricChapitre 41 sur 112 · ncttcnbourg, A.'E. Prusse, 1725, 3 oct., 1726, 2 févp · texte numérisé non relu

ncttcnbourg, A.'E. Prusse, 1725, 3 oct., 1726, 2 févp

l'établir sans dot ou à peu près. 11 agit comme un paysan malin, qui recherche pour sa fille un beau monsieur de la ville, mais qui a peur d'être joué, peur de paraître flatté, et d'être obligé de payer en sacs d'écus son contentement.

Le mauvais succès de ses roueries le désespère. Il se donne bien l'air de quelqu'un qui ne tient pas tant à ces mariages. Si le roi d'Angleterre est si difficile, on « trouvera bien un autre mari » pour Wilhelmine : « Tout bien considéré, il m'est indifférent qu'on l'appelle la reine ou non. Ce titre n'ajouterait rien à l'illustration et à la puissance de ma maison. » Puis, comme il faut toujours s'attendre avec lui aux propos les plus inattendus, il fait confidence au ministre de France des moyens qu'il emploiera pour se « mettre à couvert du côté de la chasteté » de la princesse. Le ministre n'ose répéter ses paroles dans sa lettre officielle : il les glisse dans un billet. A mon lour, je n'ose les redire *.

Cette indifférence du roi de Prusse est toute affectée. Il souffre des dédains de l'Angleterre. « Il ne peut plus voir sa fille sans avoir les larmes aux yeux. » « On ne peut plus, dit-il, la considérer que comme une prostituée ^ » Cette affaire est, dès lors, au fond de toutes les mauvaises humeurs du roi. Naturellement, il se soulage sur le dos des siens. Il s'en prend à la reine, à laquelle il inflige, quinze jours durant, l'humiliation d'une brouille publique. Il refuse de la recevoir, même de lire les lettres

1. Rottcubourg, A.-E. Prusse, 1726, 19 avril et 24 mai ; Sauveterrc, 1727, 8 oct.

2. Rottenbourg, A.-E. Prusse, 1726, 29 mai; Sauveterrc, 1727, 8 oct.

qu'elle lui écrit de Berlin à Potsdam, où il est. Il vient à Berlin, ne veut pas la voir, dîne sans elle, et « le froid ne cesse que dans le dernier quart d'heure qu'il a été ici ». Ces quarts d'heure de réconciliation n'amenaient Jamais que des trêves. Les brouilles recommençaient, pendant lesquelles il faisait barricader les portes de son appartement. Des scènes éclataient, où il menaçait la reine de la faire interner à Spandau, et lui proposait pour sa fille des maris dont le nom seul la mettait en fureur. Il faisait une part égale de sa réprobation entre ses deux aînés et sa femme : « Quand toi et ta famille anglaise seraient à l'extrémité, dit-il à la reine, un jour qu'elle voulait l'empêcher d'envoyer son médecin auprès de la tsarine malade, je ne te prêterai pas mon médecin*. » Il n'a jamais porté la main sur elle, mais il a commencé à maltraiter son fils autrement qu'en paroles. Le ressentiment de ses déboires, s'ajoutant aux sujets de mécontentement que lui donnait Frédéric, explique les fureurs du roi de Prusse.

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