‹ La jeunesse du Grand FrédéricChapitre 43 sur 112 · Idem, 1726, 16 juillet · texte numérisé non relu

Idem, 1726, 16 juillet

combien je prenais le parti du roi son grand-père, et qiiil voulait me rendre un compte exact de tout ce que le roi son père dirait. » Cette première ouverture, si directe, paraît avoir surpris le diplomate. Il sait bien que le général Fink, dont il est le parent, donne de bonnes « insinuations » au prince, mais il est en défiance : « Je n'ai garde de m'ouvrir en rien, dit-il, quelque prématuré et dissimulé que ce jeune prince soit*. «Notons en passant que ce jeune politique avait alors quatorze ans.

Frédéric ne se laisse pas rebuter. Il insiste : tous les jours il demande à Rottenbourg « s'il n'a pas de nouvelles consolantes à lui dire pour la reine ». Il est, à ce momentlà, sollicité par les impérialistes, mais il ne se laisse pas gagner, et tient Rottenbourg au courant des propositions qui lui sont faites de ce côté. Alors le ministre se pique au jeu. Lui aussi, il pense que le roi de Prusse n'en a pas pour bien longtemps. Il se décide donc à répondre aux avances du prince, s'assure de toutes les personnes qui l'entourent, et commence à lui former un parti. « Le roi, dit-il, est universellement haï par tous les ordres de son royaume. Jl faudrait pour désarmer le père, former un parti au prince royal ei lui attacher un nombre d'officiers... Je crois que cette vue roussirait. En tous cas, ce serait élever ce jeune prince dans des vues favorables à la France. » Frédéric marque de plus en plus ses bonnes dispositions ; il vient de rencontrer Rottenbourg : il lui a pris la main, et l'a prié « de continuer ses soins pour la bonne cause, ajoutant qu'il était hors d'état de lui en

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