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LA MISSION DE SIR CHARLES HOTHA

AU mois de décembre 1729, le roi de Prusse avait, une fois de plus, exigé de la reine qu'elle obtint d'Angleterre une réponse définitive. Sophie-Dorothée avait donc écrit une lettre officielle à sa belle-sœur, la reine Caroline, pour « lui faire connaître que, si la cour d'Angleterre pensait encore au mariage du prince de Galles avec la princesse ainée de Prusse, il serait temps de conclure celle alliance, mais sans aucune condition; il y avait

!• Mém. de la Margrave^ pp. i56, 157.

d'autres parties profitables pour celte princesse qu'on no voudrait pas négliger sans cela^ » Les réponses ne furent pas plus satisfaisantes qu'à l'ordinaire. Alors le roi témoigna de la résolution d'en finir.

De Potsdam où il était, il se mit en correspondance officielle avec la reine. Il lui expédia d'abord un message de sommation, puis une ambassade d'État, dont était Grumbkow. Celui-ci fit à la reine un grand discours; « suivant l'exemple du diable, lorsqu'il voulut tenter Notre- Seigneur, il prétendait la réduire par l'Écriture sacrée, en lui alléguant des passages convenables au sujet dont il s'agissait. Il lui représenta ensuite que les pères avaient plus de droits sur les ehfants que les mères, et que, lorsque les parents ne se trouvaient pas d'accord, les enfants de* valent obéir préférablement au père; que ces derniers étaient maîtres de les forcer, et qu'enfin la reine aurait tout le tort de son côté, si elle ne se rendait à ces raisons. Cette princesse refusa ce dernier article, en lui opposant l'exemple de Béthuel, qui répondit à la proposition de mariage que le serviteur d'Abraham lui-fit pour son maître Isaac : « Faites chercher la fille et demandez-lui son sentiment'. » Elle discuta ensuite, pour les repousser, les propositions de gendres qui lui étaient faites.

Grumbkow ayant laissé échapper une sorte de menace, en disant qu' « on verrait bien comment tout cela finirait », elle ne se. contint plus, et, lui parlant « en qualité de reine de Prusse et do sa maîtresse, elle lui dit qu'il était un malheureux do lui parler ainsi, que le Seigneur l'en puni-

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