‹ La jeunesse du Grand FrédéricChapitre 62 sur 112 · Sauveterre, A.-E. Prusse, 22 avril · texte numérisé non relu

Sauveterre, A.-E. Prusse, 22 avril

6p che d'Hotham, 5 avril. Raumcr, loc.cit.

heureuse idée qui lui venait là. Gouverneur de Hanovre, son fils ne serait pas auprès de lui, ni sa belle-fille, et l'enlrelien du jeune couple ne lui coûterait rien. La cour de Londres, informée de cette dernière intention du roi, y souscrivit tout de suite. Elle accorda que le prince royal de Prusse et sa femme seraient installés dans le gouvernement du Hanovre ; la princesse Amélie n'aurait pas d'autre tlot que ce gouvernement, mais l'Angleterre n'exigeait pas de dot de Wilhelmine. Ce « sans dot » devait achever de charmer le roi qui ne savait pas que l'Angleterre demandait à ce moment-là au prince royal la promesse de rembourser un jour les frais de son entrelien à Hanovre.

Muni de ces nouvelles instructions, sir Holham sollicite une audience, qui lui est accordée le 4 mai. « Il demande formellement au roi la main de la princesse royale aînée pour le prince de Galles, et il ajoute que S. M. Britannique désirant, comme la nation anglaise, s'unir plus étroitement avec la famille royale prussienne a desliné une de ses filles au prince royal, et qu'il offre de nommer cette princesse gouvernante de Hanovre. » Le roi parut charmé; il répondit très aimablement qu'il délibérerait avec ses ministres de la proposition nouvelle qui lui était faite. Il délibéra en effet avec ses ministres et avec lui-même, et huit jours s'écoulèrent sans qu'il fit connaître sa réponse. Huit jours è. hésiter, à faire taltre le pour et le contre. Le contre, c'est la perpétuelle difficulté à prendre une résolution : faut-il donc se lier au parti d'Angleterre et de France, au moment où celui-ci est peut-être à la veille de faire la guerre à l'empereur? Le contre, c'est que celte princesse anglaise, que l'on veut

marier à son fils, sera reine de Prusse un jour; « elle ne s'habituera jamais à la simplicité, à Téconomie qui sont nécessaires en Prusse; elle fera des dépenses; à cause d'elle, il faudra diminuer l'armée, et la maison et l'État marcheront en arrière, comme des écrevisses^ » Le contre^ c'est encore et toujours, la joie du prince royal : « Je hais mon fils, » a-t-il dit; mais, ce fils, tout le monde ne le hait pas. Hotham, qui Ta vu à la table du roi, écrit qu'il parait abattu, mais que sa vue émeut tout le monde, car il est charmant; on ne dit que du bien de lui : « Si je ne me trompe, il fera un jour une figure importante •• » Cette figure importante^ le roi la redoutait. Le contre, évidem-^ ment, était plus fort que le pour.

Grumbkow et Seckendorff ne s'abandonnaient pas. Seckendorff invitait le roi à diner, et lui faisait de longues visites. La correspondance entre Grumbkow et Reichenbac!i s'enfiévrait. Reichenbach, en apprenant la réception faite au chevalier Hotham et l'histoire du dîner de Charlot lenbourg, a été « coup de foudre ». Les Anglais sont dans la joie, et le voilà obligé de recevoir leurs félicitations au sujet du maudit mariage. Le roi et la reine d'Angleterre lui témoignent leur mépris. Le « grand petitmaître )>, comme il appelle le prince de Galles, ne daigne pas le regarder, si bas qu'il le salue. Mais pourtant il ne perd pas courage. Ses lettres abondent en arguments dont Grumbkow saura se servir. Tantôt il insinue que les Hanovriens ne sont pas si solides sur le trône d'Angleterre, car le roi est haï davantage de jour en jour, et le prince do

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