I. Sur ces fétcs, voir Carlyle, VU
LE CONFLIT ENTRE LE PÈllE ET LE FILS 227
de royaulé en liesse. Le prince royal de Prusse y faisait lamentable figure. Ces spectacles étaient les contrastes de sa misère. Bien des regards se tournaient vers lui, qui les attirait par la séduction de sa personne. Il devait penser que tout ce monde, princes, ambassadeurs, officiers, connaissait sa triste histoire et l'ignominie où il vivait. Jamais le roi n'avait été si féroce pour lui que dans ce camp de Miihlberg. Un jour il l'avait roué de coups, jeté par terre et traîné par les cheveux. Frédéric avait dû paraître à la parade, tout en désordre. Le roi avait ajouté aux coups les injures les plus cruelles : « Si j'avais été traité ainsi par mon père, je me serais tué, mais toi, cela t'est tout égal ; tu t'arranges de tout, toi 1 » Enfin, il alla jusqu'à sommer son fils de renoncer à la couronne. Or Frédéric entendait être roi ; il avait même hâte de le devenir. Puisque l'attente lui était impossible auprès de son père, il était résolu à la passer hors du royaume. Nous verrons bientôt qu'il voulut s'enfuir de Muhlberg, et qu'il chargea d'une mission confidentielle le capitaine Guy Dickens, que sir Hotham avait envoyé à «Londres porter la réplique du roi de Prusse à la réponse d'Angleterre *.
En quittant Muhlberg pour retourner à Berlin, où le roi et le prince rentrèrent le 2 juillet, sir Charles Hotham reçut, par Guy Dickens, de nouvelles instructions. Ce messager avait plaidé en Angleterre la cause de Wilhelmine et du prince royal. Il avait fait examiner cette alternative : ou bien retarder les deux mariages