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ACTE DEUXIEME

Méma décoration.

^ËNE PREMIÈRE.

CYPRIENNE, MÂTHILDE.

HATBILDE.

Sais- tu que nous avons doublé notre séjour, Allongeant la courroie ainsi de jour en jour?

CTPRIENNE.

Ton mari, n'ayant plus d'affaire qui l'arrête, Est gentil de resler pour souhaiter la fête À ma tante.

MATHILOB.

•Ajoutons que c'est la tienne aussi, Et qu*à le retenir j'aurais iîioins réussi Si maman 'par bonheur n'était pas ta marrdine, Car il t'aime beaucoup, petite Cyprienne.

CYPRIENNE

Et je le lui rends bien I quel cœur intact et chaud ! Quel bon sens généreux I quel esprit droit et hautl Quel tranquille dédain sans faste et sans grimace De tout ce que la foule en se baissant ramasse!

MATHILDE, l'embrtaMni.

Es-tu gentille, va \ — C'est vrai qu'à quarante ans Il est plus jeune encor que tous nos jeunes gens.

Il fait un beau contraste avec monsieur mon frère !

CYPRIENNE, d'un ton de reproche.

Mathilde I

HATHILDE.

Quoi donc! diras- tu le contraire?

Philippe t'a-t-il l'air d'un héros de roman?

Il est bien, celui-là, l'élève de maman!

GYPRIBNNE.

Hélas I

MATHILDE

La pauvre femme a cru faire merveille De verser la prudence en cette jeune oreille; Et ne comprenant pas que ce cœur incertain Avait plutôt besoin d'être allumé qu'éteint , Elle s'est empressée à grand renfort de pompes...

GTPRIENNB, très-TiTcment.

Tu te trompes, Mathilde, ohl certes, tu te trompes! Philippe est violent , plus violent qu'Hubert Peut-être, et c'est par là justement qu'il se perd. Mais ce n'est pas une âme aux lâchetés sujette! Elle n'y glisse pas, regarde ! elle s'y jette ! Il semble qu'au sommet lasse de se roidir Elle se précipite afin de s'étourdir.

Et qu'à son idéal renonçant avec rage Sa fureur contre lui se retourne et l'outrage... Mais cet emportement, le mépriseras-tu?

C'est la jeunesse encor, c'est encor la vertu... C'est sa convulsion, si tu veux, mais qu'importe? Elle en peut revenir, tant qu'elle n'est pas morte.

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