ACTE H
Croire de mal des gens dont nous avons besoin.
HUBERT
C'en est une meilleure et plus aisément prise, De n'avoir pas besoin des gens que l'on méprise. Au surplus, il suffît, calomniée ou non, Que madame Joulin ait un mauvais renom, Pour que d'honriètes gens...
PHILIPPE, tris-seo.
Veux-tu que je te dise Laisse-moi gouverner ma famille à ma guise.
Brouille-toi, si tu veux, avec tous tes soutiens, Mais fais le don Quichotte à te^ frais, non aux miens. Est-ce clair?
HUBERT
Assez clair pour me faire comprendre Que tu savais déjà ce que j'ai cru f apprendre. J'en suis fâché pour toi... monsieur de Champsableux! Ton pauvre nom d'Huguet était plus scrupuleux.
PHILIPPE, dëdaigroeux.
Qu'a donc ma particule sûtes yeux, qui les blesse?
HUBERT
Au contraire! respect à la fausse noblesse!
Sur l'autre volontiers je lui donne le pas; L'autre oblige, et la tienne au moins n'oblige pas.
Permis à toi, mon cher, de la croire usurpée.
HUBERT
Je m* en garderais bien! les Coquart sont d'épée. N'est-ce pas? Ils portaient jadis sur leur pennon...
PHILIPPE
Imbécile, qui crois que je crois à mon nom!
C'est rétiquette au sac! — J'appartiens par principe
Au faubourg Saint- Germain.
HUBERT
Toi ?
PHILIPPE
Moi -môme, Philippe Huguet de Champsableux.
HUBERT
Et âepuis quand?
PHILIPPE
Depuis Que j'observe le monde et cherche mes appuis. J'ai beaucoup réfléchi là-dessus. — Quel chapitre De morale pratique on ferait sous ce titre :
a Importance du choix d'une conviction « Pour un homme au début de sa position. »
Tant pis pour le niais, tant pis pour l'imbécile Qui n'a- pas pris d'abord l'opinion utile !
Mais je ne vois pas trop de quelle utilité...
PHILIPPE
U faut être ici - bas d'une minorité :
Qui dit minorité dit camaraderie, Comprends -tu?
HUBERT
Je comprends : vive la coterie t Mais pourquoi celle- là plus qu'une autre, mon fils ?