SCÈNE II
Un parc, la miit
Entre marsile
Marsile
Voici riieure d'amour qui vient ù pas rapides. O Cyuthia, darde sur nous tes rais limpides ; O ruisselets qui bondissez et qui courez Parmi la floraison joyeuse des fourrés, Accompagnez nos paroles de vos murmures ; 0 rossignols, chantez vos chants dans les ramures, Et vous, étoiles d'or, vous, astres éternels, Corolles qui parez les célestes prairies, Scintillez longuement, soyez-nous fraternels, Et ne nous voilez pas vos clartés attendries.
Entl-e ÉMERAUDE
Emeraude Me voici, mon farouche Amant. L'heure est à nous.
Marsile 0 Princesse, no craius-tu rien de ton époux ?
É77ieraude
Il dort d'un lourd sommeil : tu peux bannir la crainte. O Marsile, combien m'est douce ton étreinte.
May^sile
Emeraude, je faime. Oh, laisse-moi poser Sur le beau corail de tes lèvres mon baiser. Comme je succomljais au poids de ma misère, Gomme j'allais, souffrant et pleurant, morne et las, Tu parus, ô Charmante, et tu me consolas. Et j'oubliai le rude affront de l'adversaire.
Émeraude
Soyons heureux, ù Roi, vivons des soirs fleuris. Tu es superbe ainsi quun étalon sauvage, Tu es fort et tu es vaillant, et je chéris Ton amour plus enivrant qu'un âpre breuvage.
Ils s'égarent dans une allée Entriî PIERRE
Pierre
Oh, l'infidèle n'était plus auprès de moi. Où vais-je ? Je frémis d'un invincible effroi, Faible comme un roseau prosterné par l'orage. Les coups du désespoir ont brisé mon courage.
Quai-je fait de ma gloire ancienne et de ma force ? Mon armure est rouillée, et mon épée est torse, Elle qui luisait dans les combats, droite et rouge. Je ne sais plus la guerre, et ma paupière bouge, Frissonnante, dès que flaml^oie à mon regard L'éclair victorieux d'un glaive ou d'un poignard.
Ha., ha., dans un rayon de lune., là., c'est elle.. Et Marsilc.. Je souffre une douleur mortelle.
Rentrent émeraude et marsile
Pierre
Te voilà donc, femme cruelle, dont les mains
M'ont guidé vers la honte et les mauvais chemins..
Toi, ma joie et ma vie, et qui m'étais sacrée.
Je t'aimais, Émeraude, et je t'ai adorée
Plus que les Saints et plus que la Ijonne Madone,
Et voici ton frivole amour qui m'abandonne.
Émeraude
Je t'ai peut-être aimé quelques soirs : aujourd'hui. J'aime le roi Marsile, et je suis toute à lui.
Pierre O Femnu^. prends pilié de mes amé]-es larmes.
Émeraude
0 Chevalier, si tu souffres, reprends tes armes.
Et, heaume en tète, glaive au poing, rondache au bras.
Tu combattras encore et te consoleras.
Marsile
Tu n'as jamais connu les infimes terreurs; Va combattre, va détrôner les empereurs, Retrouve la fierté des anciennes furies.
Pierre
Ah, ne m'outragez pas avec vos railleries. Je soufi're, épargnez-moi votre rire moqueur.
Émeraude Viens, ô mon bel Amant, ô mon royal Vainqueur.
Émeraude et Marsile s'en vont
Pierre
Les bonheurs faux., les espérances envolées. . Uh, fuir ces jardins., fuir ces funèbres allées..