‹ La jolie cabotineChapitre 5 sur 20 · RENCONTRE AU BOIS · texte numérisé non relu

RENCONTRE AU BOIS

Elle resta enfermée chez elle jusqu'à quatre heures, cachant seslarnies et sa peine, puis sortit à son tour pour aller prendre conseil de ses parents.

« Non, reconnut-elle, tandis que son coupé roulait dans la direction d'Auteuil, ce supplice incessant ne peut plus durer, il est devenu intolérable. Il faut que mon mari me revienne ou qu'une séparation judiciaire me délivre de mes tourments. »

Son père et sa mère venaient de partir, en landau, pour le bois, lorsqu'elle arriva chez eux.

— Je vais tâcher de les rejoindre, dit-elle au suisse, qui attendait ses ordres, le chapeau à la main ; si je ne les rencontrais point, vous les aviseriez que je dînerai avec eux.

— Oui, madame la princesse.

Une minute après, son coupé atteignait la route de Boulogne.

La journée, une lumineuse journée d'août , était chaude, et les promeneurs encombraient Tadmirable promenade où le Tout-Paris va quotidiennement respirer Tair avant de se mettre à table, non tant pour vivre, pendant un moment, dans une atmosphère plus pure que pour voir et être vu.

Toutes les richesses, foutes les élégances, toutes les excentricités mondaines de la capitale se montrent au bois avant le crépuscule du soir. Sur ce terrain privilégié et préféré, grandes dames et petites dames luttent d'extravagance et d'ingéniosité dans la mise ; sportsmen, boursiers, diplomates, publicistes, boulevardiers se croisent, se coudoient, se saluent ou se loisent au milieu d'une foule d'étrangers avides de les regarder pour découvrir chez eux le secret insaisissable et impalpable de la modernité étourdissante de Paris.

Parfois, l'été, vers six heures, quand il ne pleut pas, le nombre des voitures est tel de la porte Dauphine au carrefour des Cascades, qu'il devient presque impossible à un piéton de traverser une

allée carrossable de l'un à Tautre de ces points terminus.

Ce jour-là, en raison de la sérénité du temps, la cohue était partout extraordinaire, et les équipages n'avançaient qu'au pas.

Après avoir parcouru l'espace qui s'étend de la butte Mortemart à l'extrémité du lac iaférieur, la princesse, comprenant qu'il lui serait difficile, en suivant la file, de rencontrer ceux qu'elle cherchait, quitta son coupé, qui se rangea près du café, et s'assit sur un fauteuil de fer, contre un arbre, à un endroit propice pour passer en revue les gens qui redescendaient vers la porte Dauphine.

Il y avait là, debout ou renversés sur des sièges de louage, brillante compagnie de boudinés, de pschutts, de vlans, de bécarres, de gratinés, de copurchics serrés dans leurs jaquettes étroites, gantés, et portant, pourja plupart, une légère canne n'ayant d'autre utilité quo de chasser les mouches ou de guillotiner les brins d'herbes.

On y examinait à la loupe les types qui défilaient, et un novice désireux de connaître le mo^irf^ jo^:risien^ y aurait appris, en un quart d'heure, ce

que dix années d'observation ne lui eussent pas dévoilé.

— Tiens, disait Tun, Ida qui exhibe une jeune biche pour la lancer I Messieurs, une génération, celle que nous remplaçons, a aimé cette ci-devant, épave du naufrage de la vie, aujourd'hui peinte, teinte et décatie.

— Ha ha ! exclamait un autre, voici le Morse, une gaillarde qui a amassé cinquante mille francs de rente avec ses talents d'alcôve. Celle-là fournirait à un écrivain pornographe les matériaux d'un curieux livre sur les moyens de parvenir par la prostitution.

— Le petit bonhomme étendu derrière elle, daos cette voiture découverte, achèterait ces matériaux.

— Qui est ce petit bonhomme ?

— Un gascon roublard qui a su se créer une réputation de romancier sans avoir jamais écrit une nouvelle. A la piste des gens de lettres de talent et plongés dans la misère, il se procure, pour un morceau de pain, des manuscrits qu'il signe, et dont il empoche les bénéfices.

— Pourquoi ces gens de lettres ne tirent-ils pas eux-mêmes parti de leurs œuvres ?

— Parce qu'ils manquent d'entregent et ignorent le secret de forcer les portes des éditeurs, et que sans entregent, sans audace, le génie a quatre-vingt-dix chances sur cent de demeurer inconnu. L'individu en question sait placer des volumes, cela suffit ; il n'a pas besoin de savoir les écrire. Étant la ville du continent où l'ardeur de paraître est la plus vive, Paris est aussi celle où les faiseurs éhontés abondent et où les geais se parent le plus impudemment des plumes des paons. On y trouve à foison des auteurs incapables de composer dix lignes, des peintres, des sculpteurs ne sachant tenir ni un -pinceau, ni un ébauchoir et qui cependant enlèvent des médailles au Salon, des inventeurs ayant simplement profité des labeurs d'un pauvre diable de savant, des hommes politiques que les feuilles publiques dont ils disposaient ont créés, et qui, arrivés à la Chambre, au Sénat, au ministère, montrent l'ignorance la plus crasse et l'incapacité la plus -complète... Ce chapitre est trop long pour être épuisé ici en quelques traits. On peut dire seulement, en bloc, que si l'on déshabillait Paris, on verrait avec étonnement que le clinquant et la hanquey tiennent une place énorme, et que la

fortune et la gloire y sont, la moitié du temps, usurpées par des intrigants et des farceurs.

— Ah I le prince de Mirande I annonça un troisième.

— Où ?

— Là bas, dans un phaéton, derrière cette Victoria traînée par ce bel attelage de gris pommelés.

— Vous le connaissez ?

— Il fait partie de mon cercle.

— N'a-t-il pas épousé, il y a un an, une millionnaire ?

— Si ; la fille d'un ex-marchand de nouveautés. Ce mariage Ta sauvé, car il était à sec et dans le plus pitoyable état.

— C'est sa femme qui est à côté de lui ?

— Non ; c'est une actrice des Variétés, hier encore attachée à un théâtre de banlieue. On la nomme Balbine. Elle est très jolie, ainsi qu'il vous est facile de vous en rendre compte, et le prince en raffole. Il lui a meublé un appartement rue Taitbout, et dépense avec elle le revenu de la dot de sa femme.

— La princesse est un laideron?

— Nullement : elle est fort bien ; mais le prince

rayant épousée pour son argent ne s*en occupe point. On prétend même qu'il refuse de la conduire dans le monde, sous le prétexte qu'elle appartient à la bourgeoisie commerciale, ce qui ne Tempêche pas de se montrer en public avec sa comédienne, dont la mère est blanchisseuse.

— Quelle anomalie !

— Certains hommes ont une singulièi^e façon •d'êlre fiers.

La princesse, qui prêtait l'oreille, avait cherché dans la direction indiquée, s'était levée et, pâle, tremblante, attendait, appuyée contre l'arbre auprès duquel elle s'était assise, que son mari passât •devant elle.

Heureux de promener Balbine qui, richement -vêtue à la dernière mode, riait, en s'éventant, des fadeurs qu'il lui débitait, de Mirande ne prêtait 4iucune attention ailleurs, quand il aperçut sa femme à trois pas de lui.

A cet inslant, le défilé des voitures subissait un ralentissement, par suite d'un encombrement •sur la route du lac, et le phaéton de Son Excellence était immobilisé.

De Mirande changea de couleur, se mordit les

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lèvres, détourna la lêle, chercha une issue, et eut peur d'une scène scandaleuse.

La princesse le regarda avec une émotion poignante, regarda sa maîtresse et voulut crier ; mais sa voix s'arrêta dans sa gorge et elle demeura comme paralysée, sans pouvoir faire autre chose que protester par son attitude contre le spectacle que le hasard mettait sous ses yeux.

— Suis donc la file, Albert ! dit, d'un ton élevé, la cabotine à de Mirande auquel elle secoua le bras et montra que la route cessait d'être obstruée.

Le prince se mouchait afin de dissimuler sa figure; il tira sur les guides de son cheval, et son phaéton se perdit au milieu des voitures de maîtres, de remise et de place qui descendaient vers l'avenue du bois de Boulogne.

— Mon Dieu ! murmura la princesse en sentant les sanglots affluer à sa gorge et en se cramponnant à l'arbre pour ne pas tomber.

Les piétons s'en allaient lentement et en causant, et le carrefour des lacs se vidait petit à petit.

— Vous ! exclama tout à coup un homme de trente-quatre à trente-cinq ans, correctement mis, de taille ordinaire, à l'air chevaleresque, au

regard ferme et doux, à la lèvre ombragée de moustaches brunes, agréable de figure elbienfait de sa personne,ens'arrètantdevaulmadamedeMirande.

— Monsieur Etienne... balbutia celle-ci.

— Ou'avez-vous ?

— Rien, rien.

— Vous êtes souffrante ?

— La chaleur...

Et impuissante à contenir plus longtemps sa douleur, elle pleura.

— Prenez mon bras, pria Thomme.

La princesse baissa son voile, essuya ses yeux avec son mouchoir, et se laissa docilement emmener.

M. Etienne, puisqu'ainsi elle l'avait appelé, l'attira dans un coin reculé du café, sous un bosquet, àTabri des indiscrets, demanda au garçon un verre d'eau sucrée et une autre consommation, et quand il se sentit seul auprès d'elle, la contempla en silence, avec tristesse, en pensant : « elle a probablement rencontré son mari qui se pavanait tout à l'heure dans le Bois en compagnie de Tactrice des Variétés qu'il entretient. »

ETIENNE MAUIIY

Il se nommait Elienne Maury et était ingénieur civil. Quatre ans avant, il avait connu M. et Mme Delaplace, le père et la mère de Mme de Mirande, et s'était épris de leur fille ; mais sans fortune et sans nom^ car il fallait un nom, un vieux nom, bien usé, aux Delaplace, il n'avait pas été agréé, quoique celle qu'il recherchait l'aimât peut-êlre.

Cruellement frappé en voyant le prince prendre la place qu'il ambitionnait, il s'était plongé dans l'étude, pour oublier, n'avait pu, malgré des efforts sincères, arracher de son cœur la passion qui s'y était ancrée, et, un beau jour, apprenant que Son Excellence continuait sa vie de désordres, était retourné à celle pour laquelle il eut versé jusqu'à la dernière goutte de son sang, prêt à l'aider, à la secourir, à lui offrir son dévouement sans bornes.

La princesse l'avait rencontré plusieurs fois, connaissait son secret, que ses regards trahissaient, et quand son mari la rudoyait et lui montrait son dédain, se prenait involontairement à penser à lui.

— Vous n'êles pas heureuse, lui dit-il en lui prenant affectueusement la main.

— Non, répondit-elle d'une voix étoufTée et en courbant le front.

— Jeune, belle, aimante, vous méritez un meilleur sort. Je voudrais, au prix de ma vie, vous assurer des jours paisibles.

— Mon existence est brisée à présent, car celui auquel je suis liée pour toujours ne peut plus rien être pour moi.

— Votre existence esta son début; elle ne saurait s'éterniser dans ces conditions.

— Hélas !

— Non ; quand le mal est trop grand, il entraîne une crise décisive.

— Qui tue le malade.

— Ou qui le sauve. La crise que provoqueront vos chagrins vous sauvera.

— Comment? Par la séparation, le divorce?

Mes parents n'y consentiront point.

— Peut-èlre parla réconciliation, rectifia Etienne avec un sentiment de regret qu'il ne put cacher.

— Ou par le suicide, fit la princesse dans un accès de découragement émouvant.

— Le suicide ! s'écria l'ingénieur effrayé ; ne parlez pas ainsi, vous ne le devez pas.

— Pourquoi ? je ne suis pas mère ; mes parents, qui m'ont sacrifiée à leur vanité, n'ont pas besoin de moi ; je suis isolée ; en me tuant, je ne manquerais à personne.

— A personne ! Ne savez-vous pas que je vous aime ; ne savez-vous pas que vous êtes tout pour moi en dépit de votre mariage. Pardon, je souffre tant de vous avoir perdue.

La princesse serra la main de l'ingénieur, qui pressait la sienne, et passa son mouchoir sur ses yeux rougis et gonflés.

— Soyez forte, reprit tendrement Etienne Maury ; ne vous abandonnez point ; ne cédez point au découragement ; cherchez les moyens d'améliorer votre position ; j'ai la confiance que vous les trouverez ; aidez-vous, et la providence vous aidera.

— La providence ! J'ai appris à douter d'elle.

— Et pour commencer, disposez de moi.

— De VOUS ! Que pourriez-vous pour moi ?

— Tout ce dont un ami véritable est capable.

Et je vous jure sur Thonneur que je ne vous demanderai rien en échange.

Mme deMirande releva la tôle et regarda Tingénîeur dont la physionomie exprimait la franchise et la loyauté.

— Merci, lui dit-elle avec reconnaissance; je sens ce que vaut votre offre et je vous promets de me la rappeler.

— Je demeure rue de Rennes, 51 ; retenez mon adresse, et, à l'occasion, appelez-moi ; je suis à vous corps et âme.

La file des voitures continuait à descendre du Bois vers la porte Dauphine, en s'éclaircissant, les piétons quittaient le carrefour des lacs et rentraient dans Paris pour le dîner, dont l'heure approchait ; la jeune femme, remise de sa vive alarme, se prépara, à son tour, à partir.

— Au revoir, dit-elle à l'ingénieur avec une grâce exquise.

— Au revoir, bien vrai ?

— Oui.

Il lui baisa respectueusement la main et se disposa à la reconduire.

— Non, restez, recommanda-l-elle ; mon coupé stationne à proximité, et il est inutile que mon cocher sache que j'ai eu le plaisir de me reposer, quelques minutes, près de vous.

Etienne Maury comprit la justesse de Tobservalion et s'inclina.

— Donnez-moi de vos nouvelles ? fit-il d'un ton suppliant.

— Je vous en donnerai, mon frère, réponditelle en serrant une dernière fois la main de l'ingénieur et en s'éclipsant, son voile rabattu jusqu'au menton.

— Chère Amélie, murmura Maury ; le mariage est pour elle une galère, où elle a, en guise de garde chiourme, le pitoyable maîlre dont elle est la compagne légale.

Quand il estima que Mme de Mirande était loin, il sortit du café, tout pensif.

L'entretien qu'il venait d'avoir avec celle qu'il idolâtrait avait ravivé le feu qui couvait en lui, et il s'en alla, remué jusqu'aux entrailles. La femme incomparable qui, depuis quaire ans, et quoi qu'il fît, absorbait ses pensées, lui parut plus aimable, plus belle, plus idéale qu'autrefois, et il se demanda comment son mari pouvait

ne pas l'adorer, ne pas se considérer, auprès d'elle, comme le plus fortuné des mortels.

« Ah ! rindigne I frémit-il ; il n*a vu, il n'a aimé en elle que ses millions, tandis que moi j'aurais été si heureux de la prendre pauvre! »

Il se jura de se mettre à sa disposition au premier signal, de lui donner, sans restriction, son concours fraternel, de la seconder dans ce qu'elle tenterait pour recouvrer la paix de son foyer, et tout réconforté par ces résolutions, sur lesquelles il s'illusionnait et qu'il voyait beaucoup plus pures, beaucoup plus désintéressées qu'elles ne l'étaient réellement, il monta en fiacre, près du mur d'enceinle, et se fit conduire au boulevard des Italiens, oîi des camarades Tattendaient.

Au coin de la rue Tailbout, un embarras de voitures l'arrêta contre un phaéton, celui du prince et de la cabotine.

De Mirande traversa la chaussée, remitles rênes à son groom, en faction devant le café Anglais, sauta à terre, tendit la main à sa maîtresse qui descendit sur le trottoir en montrant involontairement ou volontairement aux amateurs sa jambe jusqu'au mollet, et entra au restaurant.

« Pauvre Amélie, se dit Maury avec un sourire atlrislé, voilà à quoi sert sa dot ! »

La princesse était retournée chez ses parents, qui avaient également vu Son Excellence au Bois, et racontait en pleurant et pour la vingtième fois depuis ses noces, aux auteurs de ses jours et de ses maux, les amertumes croissantes de sa vie.

— Je vous en supplie à mains jointes, achevat-elie, défendez-moi, protégez-moi, délivrez-moi! Je ne suis ni aimée ni respectée, et la dernière de mes domestiques est plus considérée que moi par mon mari. Cette torture et celte honle ne peuvent se perpétuer.

M et Mme Delaplace, Vun ramolli par l'âge, l'autre faible d'esprit, s'efibrcèrent de la calmer, et lu^* assurèrent qu'ils auraient une explication avec de Mirande.

— Certes, ajouta bénignement M. Delaplace, le prince a tort, grand tort de s'afficher avec des actrices; cela ne convient nia son rang ni à sa condition d'homme marié ; toutefois, un éclat ne Je ramènerait pas. Tu es princesse, c'est quelque chose; sache sacrifier à ce beau litre dont le lustre est noire consolation.

— Que m'importe d'êlre princesse, répliqua-

t-elle véhémentement, quand mon mari me préfère des filles de portières et me rend plus malheureuse que ne Test la dernière des pauvresses !

Ses vénérables parents ne parvinrent à la calmer qu'après lui avoir certifié qu'ils ne laisseraient pas passer la journée du lendemain sans présenter de justes observations à Son Excellence.

« Jamais ils ne me protégeront contre lui, pensa-t-elle, le soir, après le dîner, en s'en retournant chez elle ; sa qualité les a éblouis, et ils ne voient en lui que son blason. Si je me résolvais à plaider en séparation, ou à saisir la Justice d'une demande en divorce, ils seraient contre moi, parce que je leur enlèverais, de facto, cette gloire d'être le beau-père et la belle-mère d'un prince. vanité ! Ils l'ont pourtant rencontré comme je l'ai rencontré moi-môme, en public, en voiture, dans sa voiture, avec sa maîtresse!... Soit, j'essaierai encore de la douceur, de l'humilité, de l'abnégation, j'irai jusqu'où mes forces me permettront daller; après... après, Dieu ait pitié de moi 1 »

Le prince, ce soir-là, ne rentra pas ; son groom, qui ramena vers onze heures son équipage, prétendit qu'il passait la nuit au cercle.

Le lendemain, il fut invisible pour Amélie et, naturellement, pour M. et Mme Delaplace.

Des affaires importantes rappelaient dehors.

Le surlendemain, et pour éviter une explication, il invita à déjeuner deux sportsraen de ses amis, qui se -montrèrent très galants avec la princesse, et en compagnie desquels il sortit pour s'occuper de courses, et pendant huit jours, il s'arrangea de telle façon que ni sa femme, ni son beau-père, ni sa belle-mère ne purent lui parler en particulier.

D'ailleurs, à l'instar de tous les individus surpris en faute, il était devenu plus sociable et son entourage n'avait presque qu'à se louer de lui.

Quand on a des péchés à se faire pardonner, on tend à jouer l'innocent.

Cependant, Theure approchait où, par la force des circonstances, l'entretien qu'il redoutait devait s'imposer à lui, et où la princesse, placée en face d'une situation grave, allait pouvoir prendre l'attitude qui convenait à ses griefs et à sa qualité.

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