CHAPITRE Xni
L'appartement de M^^« Amandine commençait par une petite pièce de cinq pieds carrés, dans laquelle il n'y avait pas de fenêtre, mais que Ton était libre de prendre pour une chambre.
Dans cette pièce on voyait dans un coin deux fourneaux de terre; au mur était fixée une planche chargée d'assiettes, tasses, casseroles de fer-blanc et autres ustensiles de ménage. Dans un coin était une petite fontaine en tôle, que Frison prétendit reconnaître pour un de ces meubles dans lesquels on vous envoie du cidre à. domicile; enfîn, dans un autre coin, il y avait une trentaine de bûches fort courtes et rangées avec ordre, et sur la pyramide de bûches un panier devenu tout noir, etqui servait à mettre du charbon.
La clef était sur la porte de cette pièce, où brûlait une veilleuse posée sur la fontaine.
— Messieurs, dit Frison, ceci vous représente la cuisine. . . , elle ne me semble pas très-chaude. . ., mais ne
jugeons paâ sur les apparences; on nous ménage peutêtre des surprises.. • Je ne vois ni chaises ni patères..., le vestiaire est sans doute plus loin... Avançons... Oh! j*entends déjà rire ces demoiselles; ça commence bien. • ; Est-ce qu'elles auraient aperçu Grandinet?
On passe dans une autre pièce, qui était de la même longueur que la première, mais un peu plus étroite. lA il y avait une table et un porte-manteau. Sur la table il n'y avait rien, mais dessous on avait déposé des chaussons, de petits sabots à talons, de gros souliers, et tout ce bagage que les grisettes mettent par-dessus leur chaussure lorsqu'elles veulent la ménager.
— Ceci pourrait s'appeler un couloir, dit Frison, mais M"« Amandine a eu le talent d'en faire un vestiaire. Cependant, jusqu'ici je n'aperçois pas de croisée. . ., point d*œil-de-bœur..., pas unpauvre petit jourde souffrance I... C'est peut-être pour payer moins de contributions. Voyons, messieurs, que ceux qui ont quelque chose à ôter le déposent dans le vestiaire. Moi, je mets mon paletot au porte-manteau. . ., quant à mon pâté. . ., je ne veux pas le laisser ici..., il serait trop exposé... Allons, Grandinet, ôte tes socques, mets-les sous cette table, où il y a déjà un assortiment de chaussures.
— Non..., non..., ce n*est pas la peine. .. , ils ne me gênent pas. . ., répond le petit monsieur, en faisant sortir de dessous son gilet un jabot qui jusqu'alors était resté caché.
— Qu'est«e à dire, Grandinet? je vous mène dans une réunion de dames. . . , de demoiselles. . ., et vous voulez garder vos socques dans Tappartement. . . Mon cher ami, cela ne se fait pas. . . , on croirait que vous n'avez jamais été en société. , ^
— Mais nous avons le temps..., je les ôterai plus tard... — Ah ! ah 1 ah ! ... je comprends pourquoi il veut les
ftO I.A lôitft fiLLit
garder. . ., et moi qui n'y songeais pâé. . . Il veut, pOuf ion entrée^ tromper cei demoiselles de deux ponces au moins. < . Ah ! «h ! monsieur Crandinet, ceci n'est pas dé^ licat !
Les demoiselles ont entendu les éclats de rire de Frison, elles outrent la porte de là chambre où elles sont réunies, et Âmandine vient recevoir ces messieurs.
-* Entrez^ inessieurs; pourquoi donc restez-vous là?... Bonsoir, monsieur Alexis. Âh ! vous êtes bien aimable d'être venu avant M. Durozel. . .
— Mesdemoiselles; dit Frison, en poussant le petit monsieur devant lui, je vous présente mon ami Grandinet, qui n*ft pas voulu ôter ses socques afin de vous donner dans rœil... A part cette obstination, c'est un garçon charmant, et qui nous fera danser; il est musicien jusque dansia racine descheveut, et il a apporté ses instruments.
1^9 jeunes filles chuchotent entre elles, en tâchant d'étouffer des éclats moqueurs provoqués par l'apparition de ce monsieur, qui leur fait un profond salut, et lai^ échapper un rire aigre et saccadé à chaque plaisanterie que Frison se permet sur son compte.
"^ €k>mment trouvez-vous mon logement, messieurs? dit Amandine; n'est-ce pas qu'il est très- bien distribué? •^Oui, dit Frison, charmante distribution..., tout en enfilade! mais je ne vois pas la chambre à coucher? — Ost là an fond, . ., la quatrième pièce... Il n'y a pas de croisée; mais c'est plus sain pour dormir. — C'est-à^ire que c'est un cabinet. — C'est une chambre noire, monsieur. -— Très-bien ; ce sera une lanterne magique, si vous voulez !
-^ Oti*<$at-ce que vous tenez donc là, monsieur Frison ? dit M"* Désirée, en cherchant à voir sous le papier qui enveloppe le pâté.
-^ Olil ceci, fvmdenfoiaenes..., c'est pour le banqifet...
On a paru douter de ma galapterie..,, )'M vaulu prouver que je n'étais point toujours saps le «ou ,.. comme on • Tairde le croire... Ceci est uu pflté... dont vous p'avez • jamais vu le pareil..., et de plus, voici ûem ))outeillesde vin cacheté..., cire jaune, rien que ça.
— Ob| mais c'est superbe! M. Frison s'esMi^iB 9n fr^if*
— Est-ce du muscat? demande Désirée en regardant la bouteille, c'est que j*adore le muscat.
— C'est biep mieui, ma foj I m6s<Î6Q)Qii»eUe», ]f en a-t-ii une parmi vous qui connaisse le vin de ConaMince,.., vin rare, vin délicieux, et le plus cher de tous let vips des quatre parties du monde?..,
— Non..., non... — Et toi, Grandinet, en astujamaii^ bu, avec te$ socques ou sans socques? -» £h I eh! eh !... jamais, jamais* — Et vous, monsieur Alexis. -» Ni mo). -^ Ainsi, personne ici ne le copi^ait. Tant mieu^.*,, voui çn boireï ce soir. Je voudrais jnettre tout cela en lieu de ^û^ reté. — Tenez, là, a^r ma commode. -*-$pit,.., mili9 surtout que personne ne s'avisçi de toucher à mon pltéi...
Pendant que Frison pose avec beai^coup de précaution son pâté sur une commode, et que Grandinet sort de dessous son habit un petit accordéon et un flagolet, qu'il va mettre sur la cheminée, Alexis court se placer sur une chaise qui est vacante près d'Amandine, avec laquelle il brûje de causer. La jeune fille, flattée de Tempressement avec lequel Alexis est venu s'asseoir près d'elle, et en attribuant la cause à sa gentillesse, $e persuade déjà que c'est à elle que le jeune liomme donqe en aecret la préférence* Aussi un tendre regard, un doux sourire^ et un petit soupir qu'on semble vouloir retepir, accuei)lent-ite les premières paroles d'Alexis, tandisque t^^ autrea jeunes lilles, qui voient tout, qui observent tQiit, se lauçcHiit des regards, se poussent du cou^e ft se mQl^i^Ilt Amanitioe.
172 Lk JOLIE FILLE
> — Mesdemoiselles, qu'est-ce que vous faisiez quand nous sommes arrivés? demande Frison.
— Mais rien...; nous vous attendions.
— En ce cas, je propose de passer à d'autres divertissements. . . Le colin-maillard assis, par exemple, c'est un jeu dont je raffole, parce que j'en ai étudié toutes les combinaisons.
— Un moment! M. Durozel n*est pas encore arrivé; nous pouvons bien causer un peu, dit Amandine en regardant Alexis.
— C'est ça ; dit tout bas Désirée à Eugénie, parce que Amandine a accaparé M . Alexis, elle ne va plus vouloir faire autre chose que causer.
— Frison a raison, il faut faire quelque chose, dit Julienne; d'ailleurs, jouer ou danser n'empêche pas de parler... Puisque monsieur est musicien, et qu'il a eu la bonté d'apporter ses instrun\pnts, si nous commencions par danser, pour nous mettre en train?
— Oui, dansons! s'écrient toutes les jeunes filles... Allons, Grandinet, mon ami, dit Frison, c'est ici que tu vas briller et montrer tes talents à ces demoiselles..., prends ton accordéon ... En joues-tu avec tes socques ou sans socques ?
— Eh ! eh ! eh ! vous allez voir ça . . .
— Mais, avant de commencer la danse, s'écrie Frison, je dois une réparation publique à ces demoiselles...
— Quoi donc..., qu'est-ce que c'est?
— C'est qu'en venant ici j'ai trouvé M. Alexis en faction sur l'escalier, d'où j'ai eu toutes les peines du monde à le tirer, et que..., je l'avoue en rougissant, je croyais qii*il attendait là une de vous qui n'était pas encore arrivée. Puisque vous êtes toutes ici, je m'étais trompé..., c*est qu'il en attendait une autre!...
Ce n'est pas sans intention que le jeune Frison vient de
DU FAUBOUKG. 173
dire cela; s'apercevant de la préférence que toutes ces demoiselles accordent à Alexis, et du petit manège qu'elles emploient pour faire sa conquête, il veut tâcher de semer Tinquiétude et la discorde entre elles et lui. Ses paroles produisent TefTet qu'il espérait. Amandine se pince les lèvres avec dépit, Désirée a l'air vexé, Julienne elle-même semble piquée. On dit à Alexis :
— Comment..., vous attendiez quelqu^un dans l'escalier? '
— Tous connaissez une personne dans la maison? — Qui donc attendiez-vous sur l'escalier ?
Alexis, un moment troublé par toutes les questions de ces demoiselles, prend enfin son parti et répond :
— En effet, mesdemoiselles, en venant ici..., dans votre escalier..., j'ai rencontré une personne..., que je pensais ne jamais revoir. Je vous ai conté l'aventure qui m'arriva cet hiver, un soir, dans la rue... Cette jeune fille, qui était poursuivie par un vieux monsieur...
— Ah ! oui, s'écrie Amandine, et que vous avez si galamment protégée et reconduite chez elle...
— Et que vous n'aviez pas même regardée, dit Désirée.
— C'est vrai, mademoiselle. Eh bien ! c'est elle que j'ai rencontrée ce soir dans l'escalier de cette maison.
— Et comment donc Tavcz-vous reconnue, demande Julienne, puisque vous l'aviez reconduite chez elle sans la regarder?
— L^observation est captieuse! dit Frison. Grandinet, fais-nous le plaisir de te taire un peu... Tu joueras tout à l'heure... Va ôter tes socques.
— Mais aussi, répond Alexis, ce n'est pas moi qui ai reconnu cette demoiselle... C^est elle qui m'a dit bonsoir la première...
— Ah ! je gage que c'est la petite chipie qui demeure ici dessus, reprend Amandine d*un air moqueur ; il paraît
I'4 ' H m»« ffl*«
qu e)lç Q>v%it (m||i bil eopime vouf, ^11^ 9V4H regardé |%
-r Et )^ tr«iUâ 4e soq Uk^^ateur étai^fii restée en trf i|% ^ fe^ gravée a(u fo^^ dç ^n coeur ! s'éicrie p^irée m «(éçlap^nt coiQiiif) 1^ ç^lle jouait le i;nélodriime.
*— Ueade9^](i9eUes, dit Aleiisd/mi ton uu peu piqué, j€| ne vois pas ce qu'il y a d'extraordinaire à ce qq'oq «al^e^ qil^lqi^'^Q..., qvi€( Vop reç^npatt... Cette jeun« personne a sans doute attaché trop d'importance au service que i§ \m 9\ tmA\i^f mm la reçppil^iis^nce ne me çepiMe jamais ridicule !
^ lion Qieu, n^oqsieur, l'éer îe Amand^iAç, U ne fs^iil pas vous fâcher dç oei que nous disons... Nous n'avons paiç VÎQtentÎQii d'insiilter VPtre belle jnçonnue !...
rrr le ne pfie fâchç, p^s, piaden\oiselIe. — liais si, voim prenez feii tout de suite. . . ; il parait qu^ vous portez beaii- ÇQup d'intérêt aux per^nnes que vous trouvez dans \e% rues... Une jeune fille poursuivie par un homme..., 1q SQÎr..., dai^s up quartier désert..., c'çst si romanesque !... 11 faudra que je aorte seule, Iç soir, moi, ppur voir si on in'ii^i^ltera.
— Ça ne peut pas vous manquer l di^ Frison en riant. Ah çà, puisquç roaiptenant... Grandinet^ ne touchez pas à vptre instrument I..; Puisque M. Alexis a vu enfin, le Yl^age. de cette deii[\oi$çIIe, je demande si elle est JQlie.?
— Charmante, s'écrie Alexis avec un enthou&ia&cne quUI ne cherche point à dissimuler, et qui augmente la contrariété de ces demoiselles.
— Oh ! par exemple, monsieur, you^ n'êtes pasdifBcile ! s'écrie Amandine en rougissant de dépit. Qu'est-ce qu'elle |donc de charmant cette demoiselle?. . . un nez. . ., des yeux. . ., une bouche comme tout le monde.
— S'il lui manquait une de ces choses-là, dit Frison, il Pfie semble que cel^ ne rembellirait paçt non plus.
— Hw je ¥W3^ dire qu'elle n'a rien... d'exlraorilh naire. . .
— - Si elle avait mh viez ou une bouche eitra^rdinêife, reprend Frisop» ça pçiurrait encore ne pas lui aller.
— Âb ! monsieur Zonzon» yqus ètea inauppçfftable ea soir. A\k reste, Julienne a tu ma voisine.. .» Vautr^ fois coqime nous rentrions. Te r^ppelles-tq, je l'ai dît : Tiens, voilà la cbipie de I9 maison. . ., par ç!^\ mu qn'on U Domme... N*est-ce pas, julienne, qu'elle n*a fien de joli?
— Dame ! , ^ . de ces figurer, . ., comineon en voilbeau** coup, et dont pn ne dit rien<
— Si e*est de ces figures donUai (emmea ne disent rien, 6*écrie Frison, c'est qu'elle e§t fort jolie ! sans quoi, e^tesii on en dirait quelque cbosc«
-—Après tout, mesdemoiselles, reprend Alexis, vous êtes \ bien maîtresses de ne pas trouver cette jeune personne... à votre goût. Mais pourraisr-je savoir ce qui lui a mérité oe surnom de... cbipie que vous lui donnez ?
— Oui, monsieur , répond Amandine , rie^ n'est plus facile. Vous saurez d'abord que lorsqu'on emménage dans une maison, c'est assez l'usage d'aller faire une visite de politesse à^-ses voisines... Du moin^ c'est mon habitude à moi ; car, enfin , on ne sait pas ce qui peut arriver ; on peut avoir besoin d'aide, de secours; on peut être incommodé la nuit. Bref , en emménageant ici je me suis informée, j*ai demandé quels étaient mes voisins. Au premier, des fabricants..., tout un ménage, une trôlée d'enfants; au second, un vieux rentier, sa femme, leur bonne; au troisième, une vieille comtesse ruinée et un avocat ruineux; ici, moi, et pour vis-à-vis une actrice de cbez Franconi; enfin, au-dessus, une femme qui fait des ménages, ^t cette demoiselle... Maryuerite, car voilà son nom, Marguerite, on ne lui en connaît pas d'autres; c'est déjà suspect, car certainement Marguerite n'est pas un
nom de famille..., son père ne s*appelait probablement pas Marguerite... Mais elle ne connaît peut-être pas le sien. C'est égal..., je médis, cette demoiselle... qui travaille... à je ne sais quoi..., qui brode à ce qu'on dit..., enOn cette voisine pourra me faire une petite société...; c'est quelquefois commode lorsqu'on sort d'avoir une voisine qui veille sur votre lait ou écume votre marmite. Je suis donc montée un matin chez M^^^ Marguerite , je sonne..., non, je frappe ; si, je sonne, on est longtemps à m'ouvrir ; enfin, on vient, on fait une singulière grimace en me voyant, et on me demande ce que je veux. Moi, je réponds : ce Mademoiselle, je viens d'emménager, je loge au-dessous de vous, et comme votre voisine je viens vous voir, pour faire connaissance et vous engager à venir quelquefois travailler auprès de moi, quand cela vous fera plaisir. « Je crois alors qu'on va me prier d'entrer, de m'asseoir. Pas du tout ! on me répond d'un ton très- peu aimablef : — Mademoiselle, vous êtes bien honnête, mais je ne vais chez personne et je nô reçois personne. Puis on me ferme la porte au nez. Par exemple ! me dis-je, si je suis honnête, tu ne l'es guère, toi!
— Oh fi ! que c'est mauvais ton de se conduire comme ça, dit Désirée, fermer sa porte au nez de quelqu'un...; moi , la mienne est toujours ouverte I
— C'est bien meilleur genre ! s'écrie FHson.
— Après cela, dit Julienne, il faut excuser cette petite fille , il est probable qu'elle n'a pa^ reçu grande éducation, et ne connatt par les usages!
— Je crois que vous vous trompez, mesdemoiselles, dit Alexis ; quoique je n'aie pas eu une longue conversation avec. . cette jeune personne, j'ai remarqué qu'elle causait fort bien..., que ses expressions étaient pures, quelquefois même élégantes. Enfin , à son ton , à ses ma-
DC VAUBOCRG. 177
nières, j'ai jugé au contraire qii^elle avait dû être fort bien élevée,
— Comment, monsieur, vous avez remarqué tout cel en si peu de temps ! dit Désirée d*un air moqueur.
— Que sait-on, dit Amandine, M"« Marguerite est peutêtre une princesse... , une duchesse qui s'est réfugiée dans la rue Corbeau pour raison d'Ëtat... Âh ! ah ! je ne me serais jamais doutée que c'était une grande dame qui logeait au-dessus de moi..., dans les mansardes... ; car les logements sont mansardés ici dessus. En tout cas... elle a une conduite bien singulière, cette demoiselle... , et il court de drôles de bruits sur son compte...
— Quels bruits?... demande Alexis avec vivacité.
' — Oh ! monsieur..., je ne sais si je dois vous dire..., je craindrais de vous fâcher encore, vous semblez porter tant d'intérêt à H"« Marguerite !
— Dites toujours , s'écrie Frison, nous tenons à tout savoir... Grandinet, si tu touches encore à ta botte à musique, tu n'auras pas devin de Constance, et jet'ôterai tes socques. Parlez , céleste Amandine , nous ouvrons nos oreilles...
— Eh bien ! reprend Amandine , en regardant souvent Alexis pour voir Teflet produit par ses paroles, outre que W^ Marguerite ne parle à personne dans la maison et semble se sauver dès qu'on ouvre une porte..., dès qu'elle aperçoit un voisin I on a remarqué que cette demoiselle ne sortait presque jamais dans le jour, c*est la nuit seulement qu'elle se met en course..., qu'elle va faire ses emplettes, son marché...; j'en suis bien sûre, je le tiens de la fruitière d'en face, chez laquelle elle a été l'autre soir, à huit heures et demie, acheter une salade et des œufs. Vous conviendrez que c'est assez extraordinaire den'ache* ter son dfner que le soir.
171 LA J0LIB riLLIÇ
^ C'est qu*appfireniirieiit elle ioiipe et ne d}fie pat, dit Frison.
*^ Oui , reprend Désirée , mais alors» cette demoiselle ne doit pas manger de viande de .boucherie, car tous lea boucliers sont fermés le soir; et fiioi, j*ai une triste opinion dUine fempie qui pQ met jamais le pot^u-feu.
>— 11 est certain, s'écrie Frison en rjapt , qu'on ne peut pjii «lier lui emprunter du bouillon.
•^Si elle ne sort que le soir, dit lulienne, il n*est pas| étonnant qu'il lui arrive des aventures..., desrencon^ très.
— C*est peut-être pour en chercher qu*e)le ne se met en course que la nuit , comme les chats, dit la grande Hortense, qui n'avait pas encore placé son mot.
^ 4h I e*est bieu piéchant ceci! répond Frison.
— Est-ce là tout ce que vous savez sur cette jeune fille? reprend Alei^i^.
-^ 0|i ! pardonnez-moi. On j^ reiparqué aussi que quelquefois elle sortait de très-grand matin.,. Alors» cesjourfr» 14, elle ne rendre que fort tard dans la soirée, et... une fois même..., c*est le portier qui me Ta dit en confidence..., une fois elle a découché, elle n'est revenue que le lendemain.
Toutes les grisettes poussent une exclamation e|; fofit un mouvement en arriéré, en s'écriant : — Découché... , q\iei te horreur I
— Dites donc, mesdemoiselles , est-ce que ça ne vous est jamais arrivé de découcher? dit Frison en riant.
— f Non , monsieur, répond Amandiqe, jamais , à mpif^s que ce ne spit poi|r passer la nuit au ha|... Alors, c'es| to^t naturel, et le port^ir $ait où vous éle^^ et on ne peut p4$ f^ire de oançans !«., Enfin, pour en revepirà la ebipie, U y a quelques jours un homme e^t Yf m \% veir<
Dl^ tâOlÔVAtt. île
^tlnlioiniile? dit Alèkisën éherefaant à dissiiitinér
son émotion.
—Oui, monsteur, bh hoiinmë *, rhâiâ ^ti^t hôrtiifle, grand Ueu I... rétàis par hasard che^ lé jiôrtief quand il s*est présenté... le revenais dtl tnafché, c*était1e matiti, fnof, je ne fais pas comme cette demoiselle , je vais au marché dans le jour... Je Vois tout à coup une grande flgtire blême.. .Jaune..., des yeux caves..., une longue barbe..., pas une barbe comme les dandys, mats <;ommc les voleurs..., enfin une flgtire sinistre; et puis un coâtume àTavenant..., une grande redingote dont on ne distinguait plus la couleur..., à laquelle il manquait plusieurs boutons, et qui était percée auxcotidcs, de ces redingotes à la Rohert'Macaire^ et le chapeau idem. C'est au point que j'ai eu peur et le portier aussi. Cet homme est venu contre la porte delà loge et a dit avec une voit... effrayante : — Est-ce ici que reste une jeune fille nommée Marguerite ? Là-dessus, le portier s'est un peu remis^ et lui a répondu : — Oui, monsieur, c'est ici, au cinquième, la porte en face de l'escalier. — Et y est-elle mainterfâtit? a repris lliomme, toujours avec sa voix effrayante.— Oh 1 certainement qu'elle y est , elle ne Sort pas dans le jdur. Là'-dessus, l'homme s'est dirigé vers Tescalier, et il est monté chez M"' Marguerite. Moi et le portier, nous îious regardions... Cet homme nous avait comme asphyXfés , si bien que j'ai dit : — Je ne veux pas remonter che2 moi, j'aurais peur... Je vais rester dans votre loge jusqu^â ce que ce vilain homme soit ressorti de la maison. Je suiii done restée..., j*ai attendu; croiriez-vouS que ce men**diant ou ce voleur..., ce je fie sais quoi enfin , est resté près de deux heures chez ma voisine!...
— Deux heures I s'écrient les jeunes filles.
— On peut faire beaUcoUp de ehoses^en d«« b^tirat,
ItiO LA JOLIB FILLE
dit Frison; par exemple, Grandinet aurait bien le temps d*ôter et de remettre ses socques.
— Enfin, cet homme est sorti de chez mademoiselle la chipie... On ne devrait pas tant la faire, quand on reçoit de telles visites; et le lendemain, elle est partie de trèsgrand matin, et c'est ce même jour-là qu'elle a découché.
Âmandine termine ainsi son récit, et toutes les grisettes font des commentaires, des conjectures sur la voisine. Alexis ne dit plus rien, il semble attristé par ce quMl vient d'entendre. Grandinet tient toujours sur ses ge* noux son accordéon et son flageolet; Frison se frotte les mains, enchanté d'avoir mis la désunion entre Alexis et les demoiselles. En ce moment on ouvre la porte.
C'est Durozel qui s*écrie en entrant :
— Comment! je n'entends ni danser, ni rire, ni chanter!... Je croyais me tromper de porte, moi. . Que diable faites- vous donc ici ? on a l'air triste, ennuyé, comme si on parlait politique.
Frison s'empresse de répondre :
— C'est que M. Alexis a retrouvé dans cette maison la jeune 011e qu'il a sauvée jadis d'un grand péril dans la ru»..., quand un vieillard allait lui pincer le derrière...
^^ Ah ! monsieur Frison I... s'écrie Julienne, vous vous oubliez!
— Pardon ! je vouljais dire... le gros Thomas.,.^ car on appelle cela maintenant un gros Thomas..., même quand il est petit. Bref, comme M. Alexis porte beaucoup d'intérêt au gros Thomas..., je veux dire à la vertu de cette demoiselle qui demeure ici dessus , il a demandé quelques renseignements sur son compte..., et M"« Amandine en a donné de bien mystérieux...
— Hé quoi I dit Durozel, c'est dans cette maison que vous aviez ramené cette jeune fille..., et vous ne saviez pas dans quel quartier vous étiez !
— Quand je l'ai reconduite chez elle, elle ne demeurait pas encore ici, répond Alei^is. *
— Messieurs et mesdemoiselles, s*écrie Frison, il me semble que c*est assez nous occuper de la voisine. Nous nous sommes réunis ce soir pour nous amuser, et depuis une heure nous ne nous amusons pas du tout... N'est-ce pas, Grandinet, que tu ne t'amuses pas ?
— Eh! eh ! eh!... c'est vrai, on devait faire des folies, et on ne fait pas de folies, eh I eh! eh !...
— Mesdemoiselles, je demande que Ton ouvre le bal.
— Oui, oui, dansons ! s'écrient les jeunes filles, et ne nous occupons plus de la petite voisine.
— Grandinet, vous l'avez entendu ; on veut danser, c^est maintenant que vous avez le droit de prendre vos
instruments..., de jouer même des deux à la fois si cela vous convient.
— Eh! eh!... des deux à la fois..., ça ne se peut pas. . . , je vais jouer de Tàccordéon, c'est plus harmonieux.
Frison court prendre la main de Julienne, Durozel celle de Désirée ; Amandine, qui veut tâcher de se rac- . commoder avec Alexis, va elle-même le prier de danser, et la grande Ilortense fait le cavalier avec une autre demoiselle.
Alors Grandinet monte sur une chaise pour mieux représenter un orchestre, et se met à jouer une valse.
— Qu'est-ce que c'est que ça? s'écrie Frison. — C'est une valse. — ^Mais tu vois bien que nous sommes en place pour la danse ! joue-nous autre chose.
Le petit homme se livre à son rire saccadé et sq meta jouer une autre valse.
— Mais que diable ! ça ne va pas du tout, dit Frison..., , on ne peut pas danser sur ce mouvementrlà..., c'est encore une valse ceci I... joue-nous donc une contredanse.
-^ Ëh! èhf... c'est (\i\é je né ââié ({ue des Valses!... •— Grandinet, vous me faites dé ta pélhè..., joùé-les en quatre iémpâ alors..., que nous puisâiôtis danser...
Grandinet'cohtindé sa f Silse, on tâche de danser, tîiais cela Ta fnal. Tout à éoup une àei jeunes filles qui ne dan* sait pas pousse un cH effrayant.
—Qu'est-ce qu'il y a donc, Eugénie..., qu'est-de que tu as?..., demandent les demoiselles.
Eugénie montré du doigt la commode, en disant : ^ 11 m'a semblé que je voyais marcher le pâté de M. Frison...
Frison se retourne pour cacher son envie de rire , et Âmandine répond à Eugénie :
-^ Allons doncl tu es folle..., tu as rêvé..., c'est qu'en dansant nous aurons fait remuer la commode... Taisons, cela vaudra bien mieux, puisque monsieur ne sait que des valses... Monsieur Alexis, vous allez me flaire valser. — • Mademoiselle, je n'ai pas Thabitude..., je ne sais pas si je pourrai... — Ohl si, si..., d'ailleurs je vous apprendrai..., moi, je valserais toute une soirée sans m'étourdir.
Et Âmandine s'empare du jeune homme, enlace ses bras autour de lui et le l^it valser, tout en lui disant : *-> Vous penseaS encore à M^^* Marguerite...— Mais , tnade-moiselle...— Vous êtes un vilain..., laissez-vous aller. . ., ne marquer point le pas... Tous êtes fâché contre fnoi?— Non, mademoiselle.». — Ob^ si! je le vois bien... Serte2moi donc..., est-ce que vous avez peur de fne tenir?... — Non, mademoiselle... -^ On le croirait... Si vous valsiez avec ma voisine vous seriez plus heureux... — Mais je iiè. .é — Oh si ! je suis bien sûre que vous la tiendriez plus prés de vous... oh! vous êtes un monstre...— Gomment, mademoiselle...
-^ Oui! tdfus étés un tUohstré.*., ^frez-moi donc plus
ton*
-^ Allons! voilà Grandinet qui joue la valse en défit .
pu rA|ji|0|}|iQ. IfH
temps mjiiiitenaiit! s'écrie l'YisQn. Tu veii^ dapc ppt|« faire daoser à présent, parce qii§ pqus Yalsqns?
— Non... eh, eh, eh! c*est pqq sput^use, i| faqt em-* bûHer le pas, — Grandinet, vpi)^ êtes un polisson .*, ces demoiselles ne veulent rieq emboîter*
La valse dure longtemps; enfîn ces demoiselles, qu| semblent infatigables, consentent à laisser reposer leurs valseiirs, et Grandinet, grAce à ses socqii^s, se jett^ pj|r terre en descendant de la chaise sur laquelle il ^taî( perché.
On s'empresse auprès du petit monsieur , mais il se relève en s'efforçapt de rirQ , et Frjson dit : Mesdemoiselles, il n'y a aucup 4anger, quand Grandiiiet tomb§ il ne peu| jamais se faire de mal; passonfi à 4'sm(res jeux I Je redenoande le colin-maillard assis,
La proposition de Frison n'est pas acceptée, 4P9ttndiiie et ses nmies profèrent la danse et la valse à tous les petits jeux. Grandinet se rappelle quç sqr le flageolet H sait bonjour, mon ami Vincent ^ et comme ce p*est p^s un mouveipent de valse, les grisettes en font une contre- ((anse en se résignant à faire toutes les figures sur \d\x de mon ami Vincent, ce que Frison trouve fort monotone.
4près avoir dansé et valsé, on s'occupe du souper \ pour beaucoup de ces demoiselles c'était la partie (a plus, intéressante de la soirée.
Dans le cabinet qui était apr^n la grande pièce, se trouvait le lit de M"^ Amaqdine, e( sur ce lit on avait d'avanc<| déposé ce qui devait composer la collation.
Pendant que les demoiselles mettent la table, dressent le soupefi Frison se pose en faclipn devant son pâté en 8*écriant : — Je ne veux pas que personne autre que moi y touche ! je le placerai sur la ^ble quand il en sert^
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I8i LA JOLIE FILLE
puisqu^on sert le souper. — Non..., au dessert. — Comment, est-ce qu'on mange du pâté au dessert?... — Celuici ne se mange pas avant...
— A table, messieurs, la main aux dames, dit Amandine... Ah ! non, c*est nous qui conduirons ces messieurs, ce sera plus drôle...
En disant cela , Amandine va prendre la main d'Alexis qu'elle fait asseoir près d'elle. Désirée prend celle de Durozel, et Julienne va chercher Frison, qui s'écrie que ces demoiselles ont beaucoup de penchant pour Taire l'homme.
Quand on est à table, ou s'aperçoit qu'on n*y a pas conduit M. Grandinet, et Amandine s'écrie :
— Ah .'monsieur, recevez mes excuses...; mademoiselle llortense, placez donc monsieur près de vous.
M*^* Hortense fait la grimace, cependant elle va présenter sa main au petit monsieur, qui se place à côté d'elle et dont on ne voit plus que la tête quand il est assis, ce qui fait que Frison s'écrie :
— Grandinet, est-ce que tu as ôté tes socques pour souper? — Non, non..., eh! ehl eh! 7- C'est que tu es bien petit à table ; tu aurais besoin de quelque chose sous ton... gros Thomas... Mesdemoiselles, est-ce qu'il n'y aurait pas un coussin..., un gros livre pour mettre sous cet enfant?...
Grandinet ne veut pas souffrir que l'on mette rien sous lui, et, quoiqu'il soit positivement à table jusqu'au men- , ton, cela ne l'empêche pas d'ouvrir une bouche énorme et de manger comme un ogre. Amandine fait les honneurs de son souper, qui ne se compose que de charcuterie et de pâtisserie. Mais Alexis est distrait, préoccupé; il ne mange pas, et sa voisine lui en fait la guerre. Durozel observe son jeune ami , et, sans paraître y faire attention, ne perd pas un mot des épigrammes que
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led grisettes lancent à Alexis au sujet de sa rencontre dans Tescalier.
Frison sert, parle, boit, rit, mange et chante presque i la fois, tout en faisant observer que si son ami Gran* dinet fait disparaître si lestement ce qu*on lui sert, c'est qu*il y a fort peu de distance entre son assiette et sa bouche.
M"« Désirée répète à Chaque instant : — Mais ce pâté, quand donc goûtcra-t^n ce pâté?... et ce \in de..., de chose..., que M. Frison nous a tant vanté!...
— En effet, dit Amandine , ce serait le moment de le goûter; cela donnerait peut-être de Tappétit à M. Alexis, qui ne prend rien..., qui vit... de soupirs... etd'espérances!...
— Oh oui, dit à demi-voix Désirée à Durozel, c'est la petite chipie qui gagnera la prime que vous aviez promise. ., j'en mettrais mon nez dans le feu. — Qu^est-ce que c'est que la petite chipie? répond Durozel. — Eh bien l c'est la voisine d'au-dessus, M^^* Marguerite, que H. Alexis trouve charmante I...
Durozel est enchanté, car, en observant Alexis, il lui trouve en effet l'air réyeur, distrait, mais beaucoup moins triste que de coutume , et il commence à espérer un vé* ritable changement.
Cependant Frison est allé chercher son pâté, qu'il pose avec beaucoup de soin au milieu de la table, en disant : — Une minute, il faut d'abord goûter le vin de Constance. Que chacun tende son verre... Y étes-vous?...Oh! n*ayez pas peur, mesdemoiselles, le bouchon ne sautera pas. C'est un vin qui ne mousse jamais.
Tout le monde tend son verre. Frison verse à pleins bords. Le vin est d'une couleur jaune foncé. Chacun boit, puis on se regarde en faisant la grimace.
r- Drôle de vini dit Julienne. — J'avoue que je no
If^ye (His ceh, W^ bon, ^it A^^l«l^d^llff,-TT•^I ]f «mu ^oi^( que je reconnais, dit Désirée.
— l^nsjjçuf Ffisop, ft'éçri^ D^^O£el, Q!^i to\it tH>|).oe- H\f^t 4u Ç<><^ sue vous novis foiteis t)oîre là l
^n()<|ot q\\e^ Frison rit et sf^ tortille fur t^ ch^, Am^pdi^e a pris \\n couteau et elle enlève la croûte du pâté; aussitôt une dizaine de souris que Ton y avait enfe^i|>ée§ so^^nt et eo^renrde \q^s côtés. Alors on n'entel>d, q^ç #9 cris de terreiir qu de^ éclats de ri^e { la plupart de ces den^oiselles q\ûttei^t la tabler, persuadées §li*^tleSf oi^( déjà des souris dsif)s leurs robes.
-r Monsieur Foison, dit Amandine ^*\m 9\v presque Uo\ét c'est ^ne trè%-ma\ivaise plaisanterie que vou.3 venez de faire là ; car enfin, vous avez empli ma chambre f^ souris, et moi qui en ai horriblement peur, je no sa^ p^ comment je pourrai dormir cette ^^it ; si voua ne les rattrapez pas toutes, certainement je ne coucherai pas ici.
•— Mademoiselle, ce sont des souris apprivoisées, répond Frison; soyez sans inquiétude; on va remettre le pâté par terre , et elles retourneront toutes se pl%çer dedans..., excepté, par exemple, celles que Grandinet a avalées, et j'en ai déjà vu quatre disparaître dans sa bouche.
^^ — Eh! eh l eh! c'est pas vrai! je p'a^pas Hiai>gède souris, parole d'honneur! s'écrie le gros naija, en gçsticulan:^ suf sa chaise, en se bourrant de tout ce qiu reste sur la table; mais, par exemple, j*ai bu du coco!... oh! ça, j'en ai avalé un grand verre... de confiance.
Pour rassurer Anoandine, ces messieurs se mettent à foire la chasse aux souris, qu'ils jettent par la fenêtre lorsqn*iU en saisissent. Enfin, lorsque Frison a juré qu'on avait retrouvé toutes celles qi^'ij a^vait m.ise&dans soi|[i pât^, 4m«^4Jil^ P^CP^ à tout le ^9j9fi^ 4^ sq retirer.
lui proqielUiiit QU*ell6 peq( dçirin^r en repos^ e| \^ ç|e« QioMell^ en çrpyi^i^ tpi^ijours «yç^^r onç iQuris^ dans leur
Qivint à^ Frison,, il a pris dâ|(^ ses bras Gripcli^^t^ qiii, restait toujours à tal>le, et le por^ jusque sur ^esc^lieir* en lui disant : Abl abl libertin! vous ne vous en alliCMi pas; je comprends yotrei projet ^ vaus espériesç qufi, M"« Anaandiqe vovis ([atrde^ait ifpnv lui cbfrçbec des spi^f is^, cette nuit*.., et alors, yous a\^riçz ôtévossoc^i^^!.,. io-. \eli|çe l |via^ ce, fie seri\ pas }^\\r aujour^^^ui-
— Çesi é^l I je me suis (nrieusem^nt ai^u^, ( çb ! fJt( \ dit le petit bomme en descendant Tescalie^
Alexis ne djt r^en; maisav Ueu de descendrai il ain^erai^ mieux monter, çt tp^t en suivapt la société, i) jeltç dq fréquents regard^ au-dessus de \^h