‹ La jolie fille du FaubourgChapitre 20 sur 22 · LB DANGEB D* AVOIR DES SINGES · texte numérisé non relu

LB DANGEB D* AVOIR DES SINGES

En arrivant chez lui, Alexis a dit à Soh concierge de hiî faire sdr-le-champ apporter à dîner. Le dîner vient; le jeune homme espère en mangeant retrouver ses forces, et Voir se dissiper lô malaisé qu'il éprouve; mais à peirte

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peut-il toucher à ce qu*on lui sert ; il se sent trembler, frissonner, et se décide à se mettre au lit.

Là, sa tête brûle, et pourtant la Tatigue remporte, ses yeux appesantis se ferment, puis un sommeil agité, une fièvre violente s'emparent du pauvre Alexis.

Le lendemain le malade ne voyait rien, ne distinguait rien de ce qui se passait autour de lui; il avait un délire vioIent.'Cct état dure plusieurs jours, lorsqu^enfin la maladie cède aux soins, à la science et à la nature. Alexis, en rouvrant les yeux, aperçoit Durozel près de son lit et Frison assis contre la cheminée et buvant de la tisane.

Alexis tend la main à Durozel, en lui disant :

— J*ai donc été sérieusement malade ?

— Oui, vraiment..., voilà neuf jours, mon pauvre Alexis, que vous êtes au lit..., avec une fièvre terrible! le délire [...enfin vous étiez en danger...; aussi je ne vous ai pas quitté...

— Mon bon Durozel... G*est toujours dans la souffrance que Ton retrouve ses amis.

— Ah ! victoire I vivat I bravo !... t/ est sauvé, V enfant du troubadour ! s'écrie Frison en avalant une grande tasse pleine ; puis il court près du lit et secoue la main d'Alexis, en disant :

— Du reste, vous ne pouviez pas mourir, parce que nous étions là, et nous ne l'aurions certainement pas souffert.

— Quoi, mon cher Frison, vous aussi vous êtes venu me garder? — Tiens I et pourquoi pas ? — Oui, dit Durozel, il faut rendre justice à Frison, il est venu ici tous Ie9 jours depuis que vous êtes malade; souvent il y est resté ta journée entière sans sortir. Et, toutes les fois qu'on voulait vous faire boire de la tisane, il en buvait aussi, il en buvait même quand on ne vous en donnait pas..., il en g bien bM fl<^"^ pintes par jour... Certes, si c'est daRS Tes-

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poir que cela vous ferait du bien, vous lui devez de la reconnaissance.

— C'est bon, c'est bon..., assez..., saiis, cher ami, dit Frison en souriant. J'ai profité de Toccasion qui se présentait pour me rafraîchir un peu... Je vous prie de ne point en tirer de conséquence malignes. ., et de ne pas faire croire à notre ami que je ne suis venu le garder que pour boire sa tisane... Ah! et la jeune Âmandine... Je dois vous dire, monsieur Alexis, qu^en apprenant votre maladie, elle a tout de suite été mettre une petite bougie à Sainte-Geneviève; qui est-ce qui croirait cela d'une grisettct... c'est pourtant la vérité. Et depuis, elle est venue tous les jours s'informer de votre santé chez votre portier, et elle vous a envoyé un quart de pâte de guimauve, et elle m'a chargé de vous dire qu'elle serait charmée de venir vous embrasser quand vous seriez convalescent... Hein, c'est un peu amoroso tout ça.

— Mon cher Frison, vous remercierez Amandine de ma part, mais je ne veux pas qu'elle revienne ici. Quand j'ai rompu une fois avec les gens, je ne renoue jamais. Du reste, pour lui prouver que je ne lui en veux plus, soyez assez bon pour faire porter chez elle six bouteilles de Champagne que vous trouverez dans le bas de mon buffet. Amandine aime ce vin-là et cela ne lui déplaira pas.

— Six bouteilles de Champagne! s'écrie Frison, diable!... ce n'est pas à dédaigner... Je vais les lui porter tout de suite..., je vais prendre quelqu'unen bas... Ahlsapredié, quel dommage que ça vienne dans un moment... où^..; enfin c'est égal..., je vais prendre les six bouteilles...

Frison a quitté la chambre, et Durozel' vient s'asseoir près du lit de son ami, en lui disant : Quand vous serez plus fort, vous me conterez comment cette maladie vous est venue... Votre concierge m'a seulement dit que vous

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étiez rentré un soir à jeun et dans un état piteux, crotté et mouillé jusqu'aux os.

— Ah ! je me rappelle tout maintenant, dit Alexis. Et ma cousine, qu'a-t-elle dû penser demoi?... ma cousine!... ah ! ce jour-là je Pai totalement oubliée.

— Calmez-Yous..., vous me conterez cela quand vous serez rétabli. — Oh ! laissez-moi parler maintenant, mon cher Durozel... Tai une grande conKdence à vous faire..., cela me fera du bien : un secret que Ton garde près d*un ami est un poids qui nous oppresse... J*aime mieux m'en dégager.

Le jeune malade fait à son ami le récit de ce qui lui est arrivé à Saint-Germain , et ne lui cache rien de ce qui concerne Marguerite.

Durozel Ta écouté avec beaucoup d'attention, et, lors-* que Alexis a cessé de parler, il lui dit :

— Vous voyez que j'avais raison en vous conseillant de ne point vous abandonner trop vite à votre passion pour cette jeune fille. Règle générale : toutes les fois que vous voyez du mystère quelque part, c'est mauvais .signe.

— Mais si le père de Marguerite est un misérable, est-ce une raison pour mépriser sa fille?

— Je ne dis pas...; cependant il y a de ces convenances qu'on ne doit point braver. Épouserez-vous la fille d'un voleur?... non. Alors faites-en votre maîtresse. Mais si cette jeune fille est honnête, comme vous le croyez, elle ne voudra pas devenir votre maîtresse. . .; alors vous voyez bien qu'il vaut mieux ne phis la voir.

Alexis laisse retomber sa tète sur son oreiller, en mur» murant :

*— Alors je serai toujours malheureux !

— Toujours!... prrrr !... on ne devrait jamais dire ni jamais ni toujours. Et cet homme de mauvaise mine, que vous avez vu un matin chez la jeune fille, vous ne savez

p^s qui G*était? — l^qn. —Je serais curieux, ii)Qi, (lo aa? voir quel était cet homme. Au reste, je vous pramets de prendre des informations auprès (ravppats qui ont $uivi l'affaire i& ce vol \ je saurai ce qiip l^on pense de ceMeynaud, caries juges sontdea gommes aussi, et nous avona tous les jours la preuve qu'ils ne sontpaa infaillibles.

Aleiiis remercie aon ami, et ne t«|rde pas ^ goûteur i^n sommeil qui hâte sa convalescence. Vers le soir, aprèa s'être éveillé, Alexis aperçoit Frison dans sa chambre, sp sucrant une tasse €|e tisane.

Dès qu'il voit le malade éveillé, Frison fait un signe ^ quelqu'un qui est dans une pièce à côté, et frappe deux coups dans sa main.

Aussitôt un instrument ressemblant à toutes sortes d'autres, fait entendre Tair : Femmes^ vouUz-vom éprouver!.,,

Alexis épaute en souriant la sérénade qu'on lui donne, m^is FrisQp interrompt la niUfSique au bout de quelque n(iesurefl| en s'écriant :

—QiVest-Ge que c'est que ça!... une vieille rangaine?.«. EstfCB qu'on joue un^ romance à un convalescent?... Monsieur le musicien, je veux quelque chose de plus gai que c^la.

La vahe de Rohin des Bois remplace la romance. Ffir son marque la mes.ure, et valse dans la chambre en te-s nant dans ses mains un rouleau de sirop de guimauve. Lorsque la musique cesse, il s'arrête et s'écrie : a Paraissez, l'orchestre ! »

Alors Gràndinet sort de la pièce voisine, son accordéon sous le bras, et vient saluer Alexis.

-* Monsieur Gràndinet, voilà une surprise bien dima' ble, dit le malade.

— C'est de mon invention î s'écrie Frison ; j'ai dit : |) fant célébrer la convalescence de M. Ale^^is; je vouIaU

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d'abord faire venir soixante musiciens. . .^ mais cela aurait fait trop de bruit. . .; j^ai trouvé Grandinet sous ma main, et je dois dire à sa louange quMl h'a pas mieux demandé que de venir avec son instrument foire uii petit réveil musical à notre ami. . . Aussi il aura une tasse de tisane. . . Grandinet, venex boire de la tisane. . .

— Pourquoi faire? je ne suis pas malade... eh! eh! eh !

— N'importe, cela vous fera du bien. .\, c'est pectoral. . . — Non, non, je n'en veux pas; — Ce petit homme est très-entêté quand il n'a pas ses socques.

— Messieurs, dit Alexis, lorsque je serai entièrement rétabh, j'espère vous donner à déjeuner, et vous offrir mieux que de la tisane.

— Ah ! j'accepte, s'écrie Grandinet. — Oili, nous prenons acte de la promesse, dit Frison, mais il faut être entièrement guéri; ainsi, vous avez le temps, encore six semaines au moins.

— Gomment, vous pensez que je ne serai pas rétabli avant six semaines !

Frison fait une drôle de grimace, en reprenant : Oh !... c'est-à-dire... convalescent..., mais il faut se ménageir dans la convalescence.

Puis Frison se met tout à coup à éclater de rire en re* gardant Grandinet, et le petit homme lui dit : Qu'est-ce que c'est,.., de quoi rit-il?...

— C%st que je viens de faire une remarque, Grandinet. — Quelle remarque?— C'est que tu es juste grand comme la table de nuit. — Eh I eh ! eh !

L'arrivée de Durozel met On aux plaisanteries de Frisoii; il emmène Grandinet, (|ui propose à Alexis de venir tous les jours lui jouer de l'accordéon pour hâter le retour dé ses forces; mais le hialade remercie ; il espère se rétablir sans musique.

Au bout do huit jours Alexis est tout d fait bien.

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Durozel ne Ta presque pas quitté, et Fripon n*a pas manqué de venir passer toutes ses journées chez lui, et d'y boire deux pintes de tisane.

Lorsque Durozel venait plus tard que de coutume chez son ami, les yeux de celui-ci semblaient l'interroger et attendre de lui quelque nouvelle, quelque communication. Durozel comprenait fort bien ce langage ; un matin il aborde Alexfs, en lui disant :

<— J^ai trouvé enfin un avocat qui a su tous les détails du vol pour lequel ce Meynaud a été condamné,

— Eh bien !... ah! parlez, mon ami.

— Cette affaire ne fut jamais bien claire. Meynaud fut condamné parce qu'il fut prouvé que les cinq cent mille francs étaient ce jour-là en caisse..., qu'il vint seul le soir au bureau... Cependant le portier crut avoir vu entrer un certain Léonard qui avait été autrefois employé dans la maison comme garçon de bureau, et que Ton avait ren-voyé parceque c'était un mauvais sujet; mais on ne trouva pas cet homme. Quant à Meynaud, il nia constamment le vol, tout en avouant qu'il était en effet venu le soir..., et ce n'était pas sa coutume de revenir le soir travailler; maïs il prétendit avoir ce jour-là oublié à son bureau une petite somme qu'il avait amassée, et avec laquelle il voulait faire un cadeau à sa fille. En effet, ce même soir, avant de rentrer chez lui, il acheta un cbàle dedefUx cents francs, ce qui était une grande dépense pour un homme qui avait des appointements modiques , et que l'on avait connu jusqu'alors fort économe. L'achat de ce châle fut une des causes qui influèrent le plus sur Topinion des juges. On ne trouva point le portefeuille chez Meynaud, cependant il fut condamné; mais en faveur de ses bons antécédents, car jusqu'alors cet homme avait mené une conduite irréprochable, il n^eut que cinq ans sans exposition, et obtint de passer à Poiàsy le temps de sa captivité. Voilà, mon

cher ami, tout ce que j*ai pu savoir touchant le père do votre petite Marguerite.

— Pauvre fille ! dit Alexis, ah ! je conçois sa tristesse ! .. . je comprends pourquoi elle fuyait te monde... et vivait seule..., sans société.;. Après avoir reçu de l'éducation , être frappée par la misère et le déshonneur.

— La misère ! elle cessera peut-être lorsque son père sera libre» car s'il a les cinq cent mille francs... — S'il les avait, pourquoi laisserait-il sa fille réduite à travailler pour vivre. ., pourquoi ne lui donnerait-il pas de Targentî — C'est peut-être par prudence, et toujours pour faire croire qu'il n'a pas les cinq cent mille francs..., mais, une fois libre, il filera avec sa fille pour l'étranger.

Alexis ne dit plus rien, mais il retombe dans sa tristesse. Pour le distraire, Durozel rengage à sortir, et l'y fait consentir en lui disant : Si vous vouiez courir de nouveau après votre petite fille, il faut d'aboîd recouvrer la santé. Règle générale : un amoureux malade n'avance jamais ses affaires.

.\lexis se laisse promener par son ami. Au bout de quelques jours, se sentant entièrement rétabli, il songe à se rendre chez sa cousine à laquelle il sent qu'il doit des excuses pour sa conduite à Saint-Germain.

— M»'' de Pomponney esta sa campagne de Sussy, dit le concierge à Alexis, lorsque celui-ci se présente pour voir sa cousine.

— Eh bien ! j'irai à Sussy, se dit le jeune convalescent. J'y passerai même quelques jours , si ma cousine n'est point trop fâchée contre moi, je sens que l'air de la campagne achèvera de me rétablir; ensuite je reviendrai à Paris, et... je ne chercherai pas Marguerite, mais peutêtre le hasard me la fera-t-il encore rencontrer.

Burozel approuve le projet de son ami, et, par une belle journée de juillet, Alexis arrive de nouveau dans la

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jolie eampagDe habitée par Hélène. Là, Il apprend (|ue, par extraordinaire, M. de PomponHey esl aussi à Sttsay avec sa femme.

En apprenant eette circonstance, Alexis faésiti» un moment à se présenter. D'abord il déteste cordialement M. de Pomponney, auquel il n*a pas pardonné ses tentatives auprès de Marguerite ; puis, Fascension du singe aurait dû rendre ce monsieur furieux contre lui; D'uti autre côté( il aime autant que sa cousine ne soit pas seule; Il ne sait pourquoi il éprouve toujours un secret embarras en tète à t^te avec elle, et le résultat de ses réflexions est de se décider à entrer.

Hélène était assise sur une chaise longue et tenait un livre dans ses mains ; son air abattu, la pâleur de son visage, annonçaient une indisposition ou une convalescence, mais la petite-mattresse n'en était pas moins jolie, et beaucoup de gens méhie eussent préféré cette nuance de mélancolie répandue sur ses traits, à Tair de coquetterie que Ton y trouvait habituellement.

M. de Pomponney était à un autre bout du salon, assis devant une table, et s'occupait à montrer à son singe le jeu de domino, jeu pour lequel il prétendait que Caporal avait de grandes dispositions, parce qu'il connaissait le double six et le double blanc. Mais malgré les leçons de son maître, qui, en lui montrant les dominos étalés sur sa table lui en disait les noms. Caporal paraissait souvent s'impatienter, et, prenant à la fois plusieurs dés dans sa main, il secouait la tète, faisait une grimace horrible, remuait longtemps sa mâchoire, puis jetait avec colère les dés sur le parquet.

En apercevant Alexis, Hélène n'est pas maltresse de son émotion, et une légère rougeur vient colorer ses joues; tandis que M. de Pomponney, s'efforçant de prendre un air aimable, s'écrie :

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•^ Eh ! c'esl le cher cousin, M. Âleiiis Haitville! parbleu ! il arrive très-bien ! nous étiohd par hasard seuls à cette campagne, moi et madame, et un mari et une femme seuls ensemble..., vous savez. . ., ça s'ennuie. . .; avec ça que madame a été malade. . ., elle a eu...; Hia foi, je ne sais pas trop ce qu'elle a eu, mais enfin il parait qu'elle a eu quelque chose. Je fais cependant mon possi* ble pour la distraire avec Caporal à qui j'apprends le domino... Oh I c'est quMl est étonnant, il va très-bien. <; Ga-^ poral, le double cinq, tout de suite.

Le singe, au lieu de prendre un dé, se contente de se-^ couer la tète en portant la main gauche à son derrière, qu'il gratte avec une sorte de fureur, ce qui fait beaucoup rire M. de Pomponney.

Après avoir laissé parler le mari de sa cousine, Alexis s'approche d'ilélène en lui disant :

— Seriez-vous en effet indisposée, ma cousine?

— Oui, répond Hélène en appuyant sur ses mots; depuis une certaine partie de campagne..., à Saint-Germain, j'ai presque toujours été souffrante... Ce jour-là j'avais éprouvé une si forte contrariété..., une inquiétude si vive..., je n\*n suis pas encore remise.

— Âh! oui, dit M. de Pomponney, ma femme est trèsimpressionnable ; il parait qu'à Saint-Germain elle a eu peur d'un orage... Caporal, je vous demande du blanc?

Aleiis sent qu'il ne peut s'excuser devant le mari, mais il s'assied près d Hélène, en lui disant :

— Moi, ma cousine, depuis que je ne vous ai vue, j'ai été sérieusement malade..., une fluxion de poitrine. ;. Enfin Durozel m'a dit que j'avais été vraiment en danger.

—Oh ! mais, en effet ! s'écrie'Hélène en regardant Alexis avec intérêt, oui, je n'avais pas remarqué d'abord..., vons êtes changé... Pourquoi donc ne pas nous avoir fait savoir votre maladie?...

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»- Je préférais attendre mon rétablissement pour venir vous dire cela moi-même.

— Caporal aussi a été malade, reprend M. de Pomponney, il a eu une diarrhée trés-intense..., ça m'inquiétait beaucoup... A propos, monsieur Ranville, vous savez quMl a effectué sa descente en ballon aux environs de Grosbois...; les paysans ont été ravis, enchantés, ils ont pris mon malin singe pour un sorcier qui leur tombait de la lune.

— Oui, monsieur, j'ai appris cela... — Diable de Caporal, qu^on prend pour un lunatique!... Allons, monsieur, du quatre, vite, je vous demande du quatre ?

Hélène regardait Alexis, puis jetait du côté de son mari des coups d'œil où se peignait Timpatience, tandis que sa bouche murmurait, de manière à ce que son jeune cousin seul Tentendit :

— Quel ennui ! est-ce qu'il ne va pas bientôt s'en aller? Alexis commençait à parler de choses indifTérentes que

l'on feignait d'écouter, lorsque tout a coup M. de Pomponney pousse un cri.

C'était Caporal qui, las d'une leçon trop prolongée, venait de saisir une poignée de dominos, et, au lieu de les jeter à terre, les avait lancés avec force dans le visage de son maître, puis lui avait tourné le dos, en se grattant comme précédemment.

— Ah ! le coquin ! ah ! le drôle ! s'écrie M. de Pomponney, il a manqué de m'éborgner ; je sais bien que c'est pour jouer, mais il m'a fait mal.

— Votre singe est très-méchant, monsieur, dit Hélène; je ne veux plus qu'il vienne dans ce salon.

— Oh! je vais le corriger... Monsieur Caporal, pour vous apprendre à me jeter les dominos au visage, je vais vous enfermer dans votre pavillon... Il ne peut pas souffrir être enfermé; aussi, quand il me voit tourner la clef

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de la porte de son pavillon, il pousse des cris horribles...; vous allez voir...; son pavillon est en face, dans le jardin ; regardez par cette fenêtre.

En disant cela , M. de Pomponney. prend une petite chaîne qui pend à un anneau passé à une jambe du singe, et force Caporal à le suivre ; il remmène au jardin, s'ar* rétc devant un petit kiosque dont les fenêtres sont griN lées, y fait entrer le singe, et l'y enferme à double tour* Pendant que son maître tourne la clef dans la serrure, on aperçoit Caporal regarder à travers le grillage, et pousser de grands cris en faisant une foule de contorsions.

Après avoir enfermé son singe, M. de Pomponney s'est éloigné au lieu de revenir vers la maison.

— Enfin ! nous en voilà débarrassés, s'écrie Hélène» qui a suivi de^yeux son époux ; c'est un bien grand hasard quand M. de Pomponney reste avec moi, il faut, comme aujourd'hui, qu'il ait des douleurs de goutte..., et cela arrive précisément quand vous venez me voir!... Au reste, monsieur, si je désire être seule avec vous, c'est qu*il me tarde d'avoir l'explication de votre conduite... Savez-vous que c'est affreux, ce que vous avez faitî... M'abandonner à Saint-Germain, seule..., me laisser vous attendre jusqu'à la nuit, en proie à l'inquiétude la plus vive, aux alarmes les plus cruelles... ; car j'avais la bonté de croire qu'il vous était arrivé quelque événement ; je ne pouvais supposer que vous auriez agi de la sorte sans y être forcé... ; mais le lendemain matin, à Paris, j'ai envoyé m'informer chez vous, et on m'a répondu que vous étiez revenu de la veille... J'ai été tellement indignée, que j'en ai perdu le repos..., jamais je n'avais éprouvé une pareille humiliation... Eh bien, monsieur, parlez!... parlez donc, et expliquez-moi votre conduite.

— Ma cousine,^e sais bien que j'ai eu tort... — Ah ! il est heureux que vous en conveniez ; mais enfin, on n'a-

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git pës ainsi sansoietifi.i Pourquoi n'élet-reus pat revenu meefaercher?

— C'est que j'ai fait une rencontre. . . danâ le bois. . .

~ Une rencohtre; . . Oh 1 je m'en doutais. . . Une rcneôtili^e pbur laquelle vous m'avez laissée là. . . C*est trosaimable ! et cette rencontre... c'était M«« Saint-Albert, sans doute ? — Non, ma cousine. . ., non. . . , je vous le jure. ~ Qui donc, alors? — C'est... une personne... que vous ne connaissez pas; et d'ailleurs, cela doit peu vous intéresser. . . , du moment que je vous demande excuse de ma conduite impolie. . .

Hélène ne répond rien; elle se lève, semble très-agitée, et pendant quelques instants marche, puis s'arrête dans le salon. Enfm, elle s'écrie :

— Non, non. . ., cela ne doit pas m'intéresser, en effet... le n'ai aucun droit sur vous.*. Et vous appelez cela être impoli. . . Oh I c'est bien plus encore* • • Âh |... Alexis ! vous poussez loin votre vengeance t

— Ma cousine, dit Alexis en prenant son chapeau, je ne vous comprends pas, mais je vois que vous êtes toujours iachée contre moi, et je me retire.

— Partir ! vous éloigner ainsi, s'écrie Hélène en posant sa main surlebras d'Alexis^ oh! non..., je ne le veux pas*.. Vous avez été malade^ Alexis, j'ai tort de vous gronder. . . Voyons, oubliez tout cela. * . Ah ! si vous saviez tout ce que j'ai souffert depuis ce jour fatal L. ; Aht c'est une souffrance cruelle..., une souffrance que je ne connaissais pas...

En disant ces mots, Hélène détourne la tête et porte son mouchoir sur son visage, mais pas assez vite pour qu'Alexis n'ait eu le temps de voir de grosses larmes tomber de ses yeux.

^ Mon Uteu l vous pleures ! ... s'éeHo ie Jeëhebbiliine

tout ému. Au même instant, M. de Pompenney rentra dans le salon.

— Ce polisson de Caporal a fait un trou à son treillage, et il s^t sauvé dans les jardins, dit le mari d'Hélène, mais on le rattrapera... Ohl je ne suis pas inquiet..., mes jardiniers le guettent. Ahçà, le cousin Banville dîne aveenousjepepse...

— Oui, monsieur, dit Alexis, et même je resterai quelques jours, si cela ne vous ennuie pas trop.

— M'ennuyer!... au contraire.-. ., j'aime le monde, moi ! • . . Au reste, si je ne me ressens plus de ma goutte demain, je vous souhaite le bonjour. Je retourne à Paris, et je vous laisse avec madame, qui n'est pas gaie depuis quelque temps.

Hélène a jeté un doux regard à Alexis lorsqu'il a annoncé qu'il resterait quelques jours. En ce moment un do* mestique vient annoncer qu'on est servi.

— lion eousiu, dit Hélène, vous me pardonnerez si je ne vous tiens pas compagnie pour le dfner, mais -cela me serait impossible; j*ai besoin d'un peu de repos..., j'ai une migraine horrible ; ce soir, si je ne descends pas, j'espère qiHi vous monterez me dire quelques mots avant do vous retirer.

Alexis le promet, et Héjéne rentre dans son appartement après avoir recommandé à son mari d*avoir bien soin de son cousin.

— Allons dfner, s^écrie H. de Pomponney dès que sa femme est éloignée. Parbleu , nous n'avons pas besoin d'elle pour manger, n'est-ce pas, cousin Ranville ? Ah ! c'est que je suis un gaillard, à table. . . Si vous voulez, nous nous donnerons une petite pointe?. . . J*aime les pointes, moi!

Alexis suit M. de Pomponney à la salle à manger, en se préparant à faire un dtner assex ennuyeux, te maître de

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la maison demande du madère, du xérès et du Champagne. Il verse force rasades au jeune homme, en lui di* sant:

— Voulez-vous que je fasse venir Caporal dfner avec nous?

— Je n*en vois pas la nécessité, répond Alexis, je dt* nerai bien sans lui. — Soit, mais ce soir je le ferai jouer aux dominos.

Tout en disant cela, M. de Pomponney regarde souvent Alexis, comme sMl avait envie de lui demander quelque chose; il commence des phrases, puis s'arrête comme changeant d*idée. Alexis croit deviner ce dont le vieux libertin a Tenvie de lui parler, mais sa figure, constamment froide, est loin de provoquer une confidence.

Au dessert, échauffé par différentes sortes de vins qu il a bus, M. de Pomponney devient plus bavard, et dit à son convive ;

— Savez-vous, jeune homme, que notre connaissance a commencé û\me façon assez singulière. . .

— C'est vrai, monsieur.

— Qui m'aurait dit..., ifrsque je vous vis dans la rue..., et que vous me poussâtes un peu brusquement, que vous étiez le cousin de ma femme ?

Alexis ne répond rien. M. de Pomponney continue :

— Ah ! pardieu I après tout. . ., ce sont de ces choses qui arrivent tous les jours I... Moi, cela m*arrive très-* souvent. . . J'ai fait cinquante connaissances dans la rue... Elle était jolie, la petite..., je m^y connais, je suis un amateur. . . Les femmes et le& singes. . ., voilà les deux chefs-d'œuvre de la création ...

Alexis ne soufQe pas mot, mais il semble se contenir avec peine.

— Oui, petit cousin, reprend M. de Pomponney, la petite est très-jolie. . . Vous me Tavez soufflée ce soir-là.. .|

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mais si je la retrouve jamais. .. , oh t je vous promets bien . . .

— Qu*entendez-vous par ces mots, monsieur ? s'écrie Alexis en se levant et allant se placer d'un air menaçant devant le mari d'Hélène. Si vous retrouvez cette jeune fille, j'espère que vous la respecterez. . . , et si je pensais le contraire...

— Eh bien ! qu'est-ce que vous avez donc ? s'écrie M. de Pomponney en reculant sa chaise avec effroi. Ce que j'en dis. • . Je plaisante. . ., je ris. .., voilà tout. . .

— Ah! pardon, monsieur, dit Alexis, honteux de son emportement. Pardon..., je no sais ce qui m'a pris...; permettez-moi d'aller un peu prendre l'air au jardin.

— Promenez-vous tant que vous voudrez! dit M. de Pomponney en regardant Alexis s'éloigner. C'est un brutal, que ce petit cousin!... mais je me moque de lui! et si je retrouve la petite... Allons faire ma sieste.

Et M. de Pomponney rentre au salon, où il s'endort sur un divan.

Alexis se promène longtemps dans le jardin, il a besoin du calme d'une belle soirée pour se remettre de la conversation de M. de Pomponney. Lorsque la nuit commence à venir, il se rappelle que sa cousine l'a prié d'aller la voir avant de se retirer; il rentre dans- la maison,et, sans entrer dans le salon, où il ne se soucie pas de se retrouver avec M. de Pomponney, il monte au premier et frappedoucementàla porte del'appartementdesa cousine.

— Entrez, dit Hélène, la clef est sur la porte. Alexis ouvre et se trouve chez sa cousine.

I|me ^Q Pomponney s'était mise au lit pour y chercher du remède à sa migraine, mais là même elle était toujours élégante, coquette, et sa toilette de nuit avait quelque chose de séduisant qui n'invitait pas au sommeil.

— Ah! vous êtes bien aimable d'être venu me voir un peu, Alexis, dit Hélène en s'arrangeant pour être à demi

StI LA iOilB VILLE

CQucliée siiv seR ereillcr... Venez vous asseoir près de moi..., nous eauâerons...; vous avez dû faire un dtner bien ennuyeux, n'est-ce pas?

-trMais... non, ma cousine, répond Alexis en s^assejant près du lit.

— Obi c^est que vous êtes indulgent..., quand vous voulez... Savez- vous que c*est bien aimable d'être venu passer quelques jours à la campagne avec moi. . . ; cela me fait entièrement oublier votre abandon à Saint-Germain... Mais ce que je voudrais bien savoir..., c'est... Ob ! je vous en prie, Alexis, dites-moi donc quelle est cette personne que vous avez rencontrée dans la forêt, et qui vous a empêcbé de venir mecherclier quandje vous attendais.

— Ma cousine, je suis fâcbé de ne pouvoir satisfaire votre curiosité, mais cela m'est impossible I — Mon Dieu, c'est donc une cbose bien mystérieuse, et ce n'est vraiment pasM™* Saint- Albert que vous avez rencontrée? — Non.. ., ob ! pour cette dame, je ne vous aurais pas oubliée. —Ah ! je comprends.., c'est une autre dame, n'est-ce pas? —Non..., c'est une pauvre jeune fille... — Une jeune fille! mon Dieu! cela devient bien romanesque!... et cette jeune fille..., vous en êtes donc amoureux..., vous l'aimez beaucoup..., c'est votre maîtresse ?

<!— Ob I non I ce n'est pas ma maîtresse ! répond tristesment Alexis. — Alors, vous en êtes passionnément amoureux! hein?... Eb bien! répondez donc, monsieur..., pourquoi gardez-vous le silence ?

^ C'est qu'il me semble, ma cousine, qu'il doit peu vous importer que je sois ou non amoureux, et...

Hélène porte brusquement son mouchoir sur ses yeux, en murmurant :

— Ah ! c'est affreux, ce que vous me dites là !

»-> Encore des larmes ! s'écrie Alexis. Mais, mon Dieu! qu^avez-vous donc ?

DU FADB0VB6. ftl5

-* U me le demande!... Oh! mais, je ne puis plus garder ce que j*ai la au fond du cœur, cela m'étoufH), cela ïnetue!... Alexis, vous n'êtes donc pas satisfait de hi vengeance que vous avez tirée de moi ? Si j'ai été coquette..., légère..., si, lors de votre arrivée à Paris, je ne vous ai pas témoigné... d'amitié..., voulez*vous donc sans cesse m'en punir?... Ah ! maintenant..., si vous savicE combien je raerepensde vous avoir méconnu... Alexis, mon ami, est-ce que vous avez entièrement oublié mon voyage en Suisse, mon séjour chez votre grand-père..., et le ser* ment que vous me fites alors de m'aimer toujours ?

Alexis ne sait que répondre, les souvenirs qu'on vient de réveiller dans son âme Tout vivement ému ; il jette un regard sur sa cousine, puis il détourne vite les yeux, car Hélène est bien séduisante!... mais il n'a plus d'amour pour elle, et il ne voudrait pas la tromper. Il se rappelle sa liaison avec Amandine et tous les chagrins qui en ont été la suite.

Quelques moments s'écoulent en silence. C'est encore Hélène qui le rompt.

— Eh bien ! dit-elle d'une voix altérée, vous ne voulez donc pas me répondre. é. Alexis, est-ce que vous ne m'ai* mez plus ?

— Ma cousine... — Appelez*moi Hélène..., je le veux... — Eh bien!... Hé... Hélène..., quand j'arrivai à Paris, je vous aimais toujours... Oh ! vous étiez alors mon idole I... aussi, je fus bien malheureux de votre indifférence... Si vous saviez tous les tourments qui déchirèrent mon âme quand je vous rencontrai avec...

— Alexis! je croyais que vous m'aviez pardonné... — 0ht oui, ma cousine... , oui, Hélène, je vous ai pardonné... ; car , cédant aux conseils de Durozel, je tâchai de me distraire, d'oublier mon amour. D'abord, il me semblait que c'était impossible..., mais..., enfln...

316 LA JOLIB FILLE

Un bruit sourd qui se fait entendre près de la porte attire l'attention d*AIexis, qui s'arrête en disant :

— Je crois qu'il y a quelqu'un qui écoute là. ^ Eh ! qui voulez-vous qui écoute?... — Votre mari?... — Ah , par exemple ! mon niari dort ou joue avec son singe... Achevez donc, monsieur, vous me faites mourir.

Alexis est embarrassé : on veut bien ne plus aimer quelqu'un , mais on ne veut jamais le lui dire en face ; et quand ce quelqu'un est une femme charmante, il faut un grand courage pour faire un tel aveu. Aussi, ce n'est que du bout des lèvres que le jeune homme murmure :

— Je... suis parvenu à me guérir d'un amour qui faisait mon malheur. J'ai cru vous satisfaire en étouffant un sentiment que vous ne partagiez pas.

— C'est bien, monsieur, il sulTît, répond Hélène en cherchant à dissimuler sa peine, en retenant ses larmes prêtes à couler. Je ne vous en veux pas...; je n'ai pas le droit de vous en vouloir...; et cependant... je suis bien malheureuse..., car je vous aime maintenant...; oui, monsieur, je vous aime... comme je n'avais jamais aimé. Il faut que ce sentiment soit plus fort que ma raison, puisqu'il remporte sur ma fierté. .., sur votre oubli... , puisqu'il m'entraineà vous faire un tel aveu... Mais je tâcherai de le renfermer dans mon âme.. . Et jamais..., non, jamais vous n'entendrez un reproche..., un soupir.

Hélène ne peut achever, ses sanglots l'étouffent. Alexis sent son courage qui l'abandonne; s'il reste un moment de plus, il lui faudra sécher les pleurs de sa cousine : il se lève vivement, en s'écriant :

— Bonsoir, Hélène..., à demain...

Hélène n'a rien répondu, et Alexis est près de la porte, lorsqu'un bruit assez fort se fait entendre dans la serrure. C'est la porte que, du dehors, on vient de fermer à double tour. Alexis veut sortir, mais il n'y a plus moyen.

—On nous enrerme, dit Alexis.— Qu'est-ce que cela veut dire ? répond Hélène. Qui peut se permettre cela ?... Écoutez..., écoutez, il me semble entendre encore le même bruit?

Alexis prête Toreille et entend parfaitement que Ton ferme à double tour une autre porte du carré, puis une porte au-dessus, puis deux portes au-dessous.

— Je n*y conçois rien, dit Hélène. Alexis, regardez donc par la fenêtre si vous voyez quelqu'un.

Alexis entr*ouvre une fenêtre qui donne sur le jardin, il aperçoit Caporal sortant de la maison et tenant à la main plusieurs clefs qu'il jette en l'air en faisant de grands sauts et témoignant upe vive joie. C'était, en eflet, le singe qui , étant fort mécontent toutes les fois qu'on l'enfermait dans son pavillon, s'était bien promis de se venger. Il venait d'en trouver Toccasion. Après s'être longtemps caché dans le jardin, il s'était introduit dans la maison, et là, fermant à double tour toutes les portes, il avait enfermé II. de Pomponney dans le salon, la cuisinière à la cuisine, deux domestiques dans la cave, et Alexis avec Hélène.

La jolie femme ne peut s'empêcher de sourire en apprenant ce tour du singe, elle dit à son cousin, d'un air demi-fàché :

— Mon Dieu ! si vous alliez être obligé de passer la nuit dans ma chambre !... Au moins vous voyez que ce n'est pas ma faute.

Est-il bien nécessaire de vous dire quel fut le résultat de cette espièglerie de M. Caporal ? Enfermez donc toute une nuit un jeune homme dans la chambre à coucher d'une jolie femme qui vient de lui avouer qu'elle Faimait. Je ne vous demanderai pas ce qui s'est passé.

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