‹ La jongleuseChapitre 27 sur 71 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Canotier après avoir imprimé au canot un mouvement rétrograde en nageant à reculons pendant quelque temps, avait tourné la proue de la légère nacelle vers le rivage, et pagayait vigoureusement dans cette direction.

» — Nagez, nagez maintenant tant que vous voudrez, imbéciles d'Iroquois, reprit-il tout bas avec ironie, vous serez quelque temps, je pense, sans nous atteindre, si vous continuez de ce côté.

» Vous croyez donc qu'un blanc est aussi bête que vous, et qu'il...

Le cri d'un huard qui s'éleva à quelque distance en avant du canot, éveilla son inquiétude et interrompit le cours de ses invectives, qu'il ne ménageait jamais à ses ennemis dans ces moments de danger.

» — Je me trompe fort si c'est là le cri d'un huard... il y a là des inflexions qui ne sont pas celles du huard,.

» Les infâmes coquins ! auraientils prévu notre mouvement, par hasard ?...

A peine eut-il achevé ces mots, que deux raies de feu déchirèrent le voile des ténèbres en avant d'eux.

Heureusement pour nos voyageurs que la nuit était si obscure que l'ennemi ne pouvait viser qu'à peu près.

Les balles, dirigées d'une main incertaine, ricochèrent sur l'eau à quelques pieds du canot.

» — Notre ruse est déjouée ! s'écria le Canotier avec amertume.

Et, d'un coup d'aviron faisant décrire un angle à la proue du canot pour lui faire reprendre sa première position :

)) — Il est inutile de songer à atteindre le rivage, continua-t-il.

C'est maintenant, Tshinépik', qu'il nous faut montrer si nous entendons quelque chose à manier un aviron.

» Ils sont sept contre deux ; mais

Page 1