‹ La jongleuseChapitre 43 sur 71 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ses ondulations entre les deux rives de la vallée pour annoncer l'heure de midi, quand le laboureur arriva au milieu de sa famille.

» — U Angélus ! mes enfants, dit-il d'un ton grave en se tournant vers l'église et en ôtant son bonnet de laine.

Puis, les yeux au ciel, il récita lentement la pieuse invocation.

Nulle part le rayon de la divinité n'est plus visible que sur la figure simple et sereine de l'homme des champs, quand l'ange de la piété vient ainsi le toucher de son aile.

)) — Papa ! s'écria le petit Pierre en terminant son signe de croix, il y a deux hommes, là-bas, qui viennent de débarquer d'un canot au bout de la pointe.

— Quelques bourgeois de la compagnie de la pêche aux marsouins

qui viennent faire leur tournée... (1) » Pourtant non, ils ne sont rien

que deux...

» As-tu de quoi leur donner à dîner,

ma femme ?

» Nous allons les inviter.

— Bonjour, messieurs, ajoutait-il un instant après l'arrivée des deux voj^ageurs, qui s'étaient dirigés en droite ligne vers le rocher, comme s'ils eussent parfaitement connu les lieux qu'ils parcouraient.

)) Souhaitez-vous prendre quelque chose ?

)) Vous avez encore joliment loin avant d'arriver aux maisons...

» Un morceau de pain ne fait pas dommage quand on a ramé une demi journée de temps.

(1) Autrefois la pêche aux marsouins de la rivière Ouelle était exploitée par une société de riches commerçants de Québec.

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