‹ La jongleuseChapitre 44 sur 71 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

— Puisque vous êtes si obligeant, nous ne vous refuserons pas... d'autant que nous n'allons pas plus loin qu'ici.

— Comment ? Est-ce que vous ne descendez pas aux maisons ? fit le brave habitant, tout intrigué, jetant vainement les yeux autour de lui pour chercher quel pouvait être le but de leur visite à ce rocher isolé ».

Les voyageurs se regardèrent sans répondre, et l'un d'eux, à l'air triste et abattu, ne put réprimer un soupir.

Pendant le frugal repas, ils répondirent poliment aux questions qui leur étaient faites, mais ils furent peu communicatifs.

Le plus âgé était un grand vieillard chauve qui semblait entourerson compagnon de cette respectueuse protection qu'autorise chez un inférieur un long dévouement.

Des manières aisées et un air de dignité décelaient, dans celui qui l'accompagnait une origine plus relevée ; et, sous la simplicité de ses vêtements, perçait une éducation soignée.

La fraîcheur de sa figure indiquait un homme dans la vigueur de l'âge, et cependant ses cheveux étaient entièrement blancs.

Mais, pour un œil observateur, il était facile de voir que le malheur plus que l'âge avait neigé sur son front.

On remarquait aussi, sur sa physionomie, cet affaissement particulier des muscles qui se produit à la longue, quand au fond de l'âme se reflète sans cesse une image toujours triste ; et, dans son regard, ce voile mélancolique dont enveloppe et ternit la prunelle une douloureuse pensée qui mxonte incessamment du cœur aux yeux.

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