‹ La jongleuseChapitre 46 sur 71 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

jamais été nommé autrement que le Canotier. »

C'était, en effet, notre fidèle guide.

Mais le brave chasseur avait bien vieilli depuis le jour où il avait couché dans la tombe une part de luimême avec le cadavre de celui qu'il avait aimé plus que la vie.

Le vent des jours mauvais avait dépouillé sa tête, et n'avait laissé sur ses tempes que de rares touffes de cheveux blancs.

Hélas ! le front perd bien vite sa couronne quand sur le cœur pèse le poids d'un cercueil ! Les rides qui vieillissent la figure ne sont pas toujours creusées par le sillage des années ; plus souvent elles sont les tombes de ceux qui nous furent chers !

Le lecteur soupçonne maintenant le nom du second personnage.

Ce n'était autre que le fils de Mme Houel, arrivé au sommet de la vie.

« — Serais-je indiscret en vous demandant le motif de votre visite en ce lieu ? continua le laboureur en s'adressant toujours au Canotier.

Celui-ci ne répondit pas, et se contenta de jeter un coup d'œil interrogateur sur son compagnon.

)) — Un bien triste devoir, dit enfin le fils de Mme Houel d'une voix dont le timbre miélancolique était en harmonie avec la tristesse de son regard.

» N'avez-vous jamais entendu parler d'un événement tragique qui s'est passé ici autrefois ?

— J'ai bien entendu parler de quelque chose... Il faut vous dire qu'il n'y a pas longtemps que j'ai acheté une terre par ici, et je n'ai jamais eu l'occasion de me faire raconter cette histoire ».

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