‹ La jongleuseChapitre 49 sur 71 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

» Un autre sujet d'angoisse venait encore accroître l'horreur de ces heures éternelles qui formaient les longs anneaux de ces nuits sans fin :

c'était la peur.

» Au milieu de l'engourdissement et du sommeil agité qu'amenait enfin la prostration des forces de la nature, mille éblouissements, mille lumières fauves, mille fantômes grimaçants, aux yeux livides et grinçant des dents, que l'excitation nerveuse causée par la fièvre élançait de mon cerveau en feu, me faisaient tressaillir sur ma couche glacée.

» Et puis cette invisible Jongleuse, attachée à nos pas comme un mauvais génie, dressait sans cesse son spectre de vampire devant mon imagination enflammée.

» Alors, pendant qu'm^^^eur froide ruisselait sur mon^rfront, que mi

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cheveux se hérissaient sur ma tête, qu'un frisson d'effroi courait sur ma peau, que mes dents claquaient dans ma bouche, je me soulevais à demi, et, les yeux fixes et béants, j'essayais de repousser d'une main frémissante les gestes et les contorsions menaçantes de ces êtres impalpables que suscitait l'infernale vision.

)) Une nuit, pendant un de ces cauchemars, j'éprouvai à la figure une sensation horrible ; quelque chose de froid et d'humide se frôlait le long de ma joue.

» Etait-ce le doigt sépulcral de la diabolique Jongleuse ?...

)) Je bondis sur le sol en poussant un cri qui réveilla tout le camp...

» C'était le corps gluant et glacé d'une couleuvre qui venait de glisser près de moi et de passer sur ma figure !

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