‹ La jongleuseChapitre 5 sur 71 · LA LAMPE DU SANCTUAIRE · texte numérisé non relu

LA LAMPE DU SANCTUAIRE

Cependant le frêle esquif, poussé par deux vigoureux avirons, descendait le fleuve avec rapidité.

Léger comme une écume, il glissait sans bruit sur les flots, laissant à peine un pâle sillage derrière sa proue.

Les voyageurs gardèrent le silence pendant quelque temps ; et rien ne troublait le sommeil de la nature autour d'eux, si ce n'est le bruissement de l'eau sur les flancs de la légère pirogue, et le chant monotone et cadencé de la vague sous les avirons.

Bientôt Tobscurité de la nuit confondit les teintes indécises des divers édifices de la ville dans une nuance uniforme, et ils ne distinguèrent plus derrière eux qu'une ligne onduleuse découpant en noir, sur le ciel, les contours du cap Diamant.

De fois à autre, le clapotis de la vague sur les galets de la rive, ou le grincement d'une girouette agitée par le passage subit d'une brise nocturne, parvenaient encore à leurs oreilles. t

Mais bientôt tous ces bruits s'éteignirent.

C'était l'heure solennelle de la nuit où tout repose dans la nature, et les bêtes carnassières revenues de leurs chasses nocturnes, et l'oiseau caché sous la feuillée, et l'homme fatigué des soucis et des travaux du jour

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