DEUXIÈME PARTIE
elle, j'unissais ma tremblante prière à la sienne, en suivant son regard ardemment fixé sur l'image sacrée qu'un reflet du brasier enchâssait d'une auréole de pourpre, symbole ineffable du rayon céleste qui versait en ce moment une dernière étincelle d'espoir au milieu des agonies de nos cœurs.
» Par intervalles, mes yeux inquiets se reportaient involontairement sur le groupe des sauvages dont j nous pouvions entendre les paroles inintelligibles, apportées par les bouffées nocturnes, et entrevoir confusément la pantomime expressive à travers les ténèbres.
)) Après qu'ils eurent tous -parlé et se furent assis, chacun à son tour, une ombre se dressa au centre du conseil et profila sur le voile opaque de la nuit sa vacillante silhouette que léchaient au loin les sanglantes rougeurs intermittentes du foyer ; et une
voix dont mon oreille effrayée crut reconnaître le timbre étrange, retentit dans le silence.
)) C'était (du moins je le crus alors), c'était la voix de la Jongleuse.
)) Longtemps elle parla et gesticula comme si elle eût voulu faire prévaloir un avis qui trouvait peu d'écho dans l'esprit de ses farouches auditeurs.
» Enfin, la main de l'être inconnu indiqua d'un geste les deux prisonniers, et le conseil se termina.
)) Tous les sauvages se levèrent ensemble.
» C'était l'heure fatale !
)) A cette pensée seule tous mes membres frémissent encore d'épouvante!... Ma respiration s'arrête!...
J'étouffe d'horreur !...
(( — 0 mon Dieu ! murmura tout bas ma mère, » pensant que je ne