‹ La jongleuseChapitre 52 sur 71 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

l'entendais pas et me pressant sur son cœur de ses deux mains qui ne tremblaient que pour moi : — (v 0 mon Dieu ! Mon enfant !...

» Qu'ils fassent de moi ce qu'ils vou- » dront ! Je suis prête à endurer » toutesleurs tortures; mais, moucher » Harold ! Ah ! pitié, mon Dieu !...

» pitié pour ce tendre agneau !...

» pitié pour mon pauvre enfant » !...

» Et toute sanglotante, elle me serrait avec cette étreinte désespérée de l'amour maternel transfiguré par les navrantes extases du sacrifice et de l'immolation suprême.

)) Elle ne songeait pas même à implorer la pitié de ces monstres sans entrailles.

» Le tigre attendri épargne-t-il jamais l'innocente brebis ?

» Son âme fermée à tout espoir ne se tournait plus que vers Dieu d'où seul le secours pouvait venir.

» Ah ! ma mère ! le ciel entendit

votre prière, et votre sacrifice fut accepté ; mais à quel prix, grand Dieu !...

)) L'un des Iroquois, tenant à la main un long éclat de bois effilé, s'approcha de moi, et le mettant entre mes mains, il me fit signe, avec cet air caressant et ironique que les sauvages aiment à prendre en exerçant leurs cruautés, de l'enfoncer dans le bras de ma mère, qu'il venait de saisir par le poignet.

n Pétrifié d'horreur à cette atroce proposition, je feignis de ne pas comprendre ; mais après quelques tentatives, voyant ma persistance, il me menaça de son casse-tête.

■y Alors, afin d'échapper à l'horrible supplice d'être moi-même le bourreau de ma mère, je jetai la baguette loin de moi, dans l'espoir de me faire tuer.

•: Hélas ! que n'ai-je eu le bonheur

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