‹ La jongleuseChapitre 69 sur 71 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Le souvenir de cette tragique légende n'est pas encore effacé de la mémoire des vieux narrateurs de la côte, bien que les détails qui s'altèrent, et les variantes qui se multiplient, la menacent, ainsi que toutes nos autres légendes, du linceul de l'oubli.

Déjà le crépuscule se fait autour de toutes ces vieilles souvenances, les contours s'évanouissent, et bientôt l'ombre va les envahir de toutes parts, si nous ne nous hâtons d'allumer le flambeau et de les arracher des ténèbres où elles s'enfoncent.

La légende de la Jongleuse nous a été racontée pour la première fois par un chasseur canadien, ancien pêcheur du golfe, vieil érudit très superstitieux, versé dans toutes les traditions de la contrée.

Comme monument historique qui consacre cet événement, une pointe, située à peu de distance du rocher témoin de la sanglante tragédie, porte encore le nom de « Pointe aux Iroquois ».

Du reste, cette plage a de tout temps été mal famée et le nom de « Cap au Diable » donné à un promontoire qui s'avance dans la mer à quelques milles plus bas, n'est pas étranger au souvenir de la terrible Jongleuse.

Le prestige et le merveilleux dont la superstition populaire avait en-

Page 1