V SIECLE
usurpation se produirait, il s'estimerait tenu d'y faire obstacle dans la mesure de ses moyens.
En résumé, il autorisait ainsi la cité à prendre, sous fe direction de sa curie (son corps municipal) les mesures qu'elle jugerait utiles pour se protéger.
Titus Secundus et sa petite délégation auprès du viceproconsul s'employèrent aussitôt à rassembler les magistrats d'i\ureliani qu'ils trouvèrent dans la ville afin d'arrêter avec eux un plan de résistance.
A l'unanimité, cette assemblée improvisée, comprenant la plupart des curiales, des décurions et des principaux, décida la formation prompte d'un corps de « protection de îa région )), formé de colons et d'affranchis, désignés par les assidui, ou possessores, c'est-à-dire par les propriétaires ayant ces éléments dans leur dépendance, comme pour les levées militaires régulièrement effectuées au profit des armées de l'Empire.
Seulement, une grande différence devait naturellement se produire entre cette « levée » exceptionnelle et les réquisitions militaires normales. Quand le propriétaire prélevait sur ses domaines des hommes pour payer à Rome l'impôt du sang, il ne choisissait pas les meilleurs sujets, tandis qu'il iut spontanément décidé qu'en cette occurence chaque contribuable s'appliquerait à trier parmi ses gens les colons et les affranchis les plus capables de faire d'excellents défenseurs.
Par égard pour Marcus Ivorixus, le plus éminent personnage de l'Assemblée, et par estime des grandes quahtés bien connues de son fils, Titus Secundus, qui présidait la curiale, proposa de confier à Caïus la direction du « corps de pror tection d'Aureliani » dès qu'il serait armé et réuni.
Le clarissime sénateur déclina cet honneur pour le jeune homme. Il allégua sa jeunesse, son inexpérience de la guerre, sans convaincre la cuiie ; celle- ci répondant, avec raison, que nul d'entre ses membres n'était plus préparé que Caïus au métier de soldat.