LES DÉMON ; NOIRS
Lucius Priscus fit bon accueil, le lendemain, à Titus Secundus, Marcus Ivorixus et leurs compagnons de la veille, auxquels ne s'était pas joint le fils du sénateur-poète, sans titre ou fonction officielle pour s'associer à cette démarche.
— Je connais depuis deux jours, leur dit le Légat, les nouvelles que vous m'apportez. Mais l'action militaire n'est pas de mon ressort. Elle appartient exclusivement au Magister miluum (sorte de généralissime de la Gaule) ainsi qu'à ses auxiliaires les Comites-rei-militaris (comtes militaires) et les duces (ducs militaires).
Lucius Priscus ne se dérobait pas volontairement par cette réponse, Depuis le in^ siècle, l'Emipire avait très nettement séparé les Pouvoirs civils des Pouvoirs militaires. Le Légat de César ne devait pas se permettre de transgresser des lois sanctionnées par plus de cent cinquante ans d'usage.
Appréciant toutefois les justes alarmes des notables et des magistrats d'Auieliani ; sachant comme eux la cité dépourvue de garnison et son faible corps de troupes de police municipale incapable de la défendre, il ne s'opposait pas à une initiative défensive de ses administrés.
Sur les intentions et les actes de Constantinus, le cllef des légions de Bretagne, Lucius Priscus manquait d'informations. Il avait peine à croire que ce préfet militaire oserait se faire usurpateur et déclara qu'au cas où cette
Divisions de