JUSTIFICATION III
qui sont le prélude de la grande invasion d'Attila. {Voir les chapitres IX, XVI, XV il et XVIII).
Si celui-ci, au milieu du v» siècle, est écrasé en Champagne par Aétius, général romain, après avoir pénétré jusqu'au cœur de la Gaule à Orléans, c'est le dernier acte accompli par l'Empire de Rome au profit de la Gaule, caria civilisation gallo-romaine n'aurait évidemment pas été assez année pour lui résister.
Lorsque plus tard, les Germains établis en Gaule usurpent avec Clovis la domination et fondent la dynastie mérovingienne, Rome ne fait rien pour s'opposer à cette usurpation, déguisée sous une apparence de respect du pouvoir impérial, parce qu'elle est devenue incapable de l'empêcher.
Mais la force de la civilisation gallo-romaine, qui n'a pu résister à l'usurpation de pouvoir mérovingienne, s'imposera quand même aux rois successeurs de Clovis, comme elle s'est imposée à lui. Elle gouvernera en grande partie la vie sociale, non seulement sous les Mérovingiens, mais encore sous les Carlovingiens, et même jusque sous les premiers Capétiens, c'est-à-dire pendant plus de six siècles.
D autre part, la force de l'Eglise au début du v» siècle, est devenue parallèlement si grande, à côté de la force de la civilisation gallorom.aine, qu'elle oblige les barbares à compter avec elle dès les premières incursions de 406-407, et surtout dès l'avènement de Clovis. {Voir Us chapitres XII et XIII).
Il y a donc encore à retenir l'action de cette force, qui se révèle au début du V» siècle et qui grandira pendant tout le cycle mérovingien, au point de constituer la base de l'usurpation carlovingienne sous Pépin et soas Charlemagne.
A tous ces titres, la période qui comprend la fin du iv» siècle et le commencement du v», est donc une période essentielle au point de vue de l'évolution sociale ; et c'est pour cela que La Jouissance Galloromaine succède à VOrgie Gauloise, sans faire autre chose qu'une très brève mention des quatre siècles de paix romaine, qui permirent à la future patrie française de se constituer à l'état embryonnaire. {Voir le chapitre III).
Il importe en revanche de bien connaître le principe de la constitution de la propriété et de l'état social au début du v» siècle, parce qu'il subsistera sous les Mérovingiens et les Carlovingiens, mais en se modifiant, en se corrompant sous l'influence de ces rois, plus ou moins barbares, pour aboutir au régime féodal, dernière corruption, état de haute anarchie, tout à fait analogue à celui de la Gaule dite indépendante, avant la conquête de Jules César. {Voir les chapitres I à III, V à VII et IXàXVIlI).
La Jouissance Gallo-Romaine résume à grands traits, dans une action romantique, ces caractères primordiaux de la civilisation gauloise au V» siècle.
Elle montre nos ancêtres absolument romanisés, mais en même temps christianisés. {Voir les chapitres III à VI).
S'ils ont épousé jusqu'à la dissolution des moeurs de Rome. {Voir les chapitres III à VI), ils sont animés, en revanche, de la foi chrétienne (chapitres XII et XVIîI) qui convertira les barbares, qui fera invoquer à Clovis le dieu des chrétiens, c'est-à-dire l'Eglise, et qui déterminera plus tard encore Pépin et Charlemagne à fonder la royauté franque sous l'égide du successeur de Saint-Pierre.
La Jouissance Gallo-Romaine dresse la force de la civilisation romaine, acquise par les Gaulois, en face et contre les représentants affaiblis de l'Empire. {Voir les chapitres VII et XVII). Elle montre la rivalité prête à naître entre cette civilisation gauloise et l'Eglise, mais s'éteignant dans une fusion de foi provoquée par les premières invasions barbares de 406-407. {Voir les chapitres IX et XVIII).
Elle évoque l'esquisse d'usurpation gauloise de Constantinus, après avoir montré le fond de sa cause et la véritable croisade d'apostolat chrétien qui permit à nos ancêtres d'absorber leurs envahisseurs tout en subissant leur domination. {Chapitres XIII et XVII).
Les batailles, les règnes, les actes des conquérants et des souverains sont de vaines poussières qui n'influencent guère révolution pro gressiste de l'humanité, considérée dans son ensemble.
Pour avoir une idée juste et exacte de cette évolution, il faut donc l'observer, surtout lorsqu'il s'agit des époques lointaines, sans s'attarder aux détails des faits de pure politique. Cette vérité est évidente pour la civilisation gallo-romaine. Elle devient encore plus manifeste quand on considère par exemple dans leur ensemble les successions de souverains Mérovingiens et Carlovingiens.
Examinés isolément, Vercingétorix, Julius Florus, Sacrovir, Vindex, Marie, Civilis, Sabinus, peuvent avoir des apparences de libérateurs patriotes si des légendes intéressées les présentent comme tels. Mais si l'on étudie d'ensemble l'évolution de la Gaule depuis le i" siècle avant Jésus-Christ jusqu'à la fin du x^ siècle, il devient certain que ces prétendus apôtres de la liberté gauloise, n'eurent que des visées d'ambition personnelle, étroites et basses.
Or, si l'histoire est une science indispensable au progrès de l'humanité, c'est par la recherche désintéressée de la vérité dans son ensemble et non par l'exaltation tendancieuse de faits et de personnalités d'autant plus travestissables qu'étant plus lointain, ils sont moins capables d'être démentis par les personnes qui n'ont pas la connaissance des documents sûrs, ou les moyens de les rechercher.
Pour ces derniers, il reste toutefois la ressource d'indiquer les textes originaux, les études désintéressées, sincères, établies judicieusement sur pièces authentiques, que les déformateurs intéressés de la vérité historique se gardent bien de mentionner.
Nous leur signalons, à cet effet, ici, les éléments d'information aux