‹ La journée de huit heures et l'organisation industrielle [microforme]Chapitre 4 sur 10 · OU · texte numérisé non relu

OU

LA JOURNÉE DE HUIT HEURES Il

taveux: la capacité totale de l'individu est amoindrie et 11 n'est pas difficile de comprendre qu'une mauvaise santé influe sur le caractore, facteur psychologique reconnu important pour le travail. Longtemps on à ignoré tout cela, il est juste de dire qu'on ne connais- &ait pas de movens sûrs de faire des mesures utiles; on ne soupçon-

nait pas l'intérêt de l'étude physiclogique du travail parce qu'il

er

lait d'abord connaître la physiologie.

Depuis un siècle la vie a bien changé, les progrès du machinisme faisaient espérer à quelques personnes que le travail serait ins pénible, plus plaisant, plus facile parec que se trouvait diünué l'effort physique emblème du travail. Il n'en a rien été et est facile de comprendre pourquoi. Si les muscles travaillent moins, les nerfs, les organes des sens, le cerveau consciemment ou inconsciemanent travaillent plus. L'ouvier moderne doit apporter plus d'attention à sa tâche que l'artisan d'autrefois.

La vitesse avec laquelle doivent s'effectuer les mouvements use plus rapidement les terminaisons nerveuses qui transmettent les excitations aux organes moteurs et, dans ua même temps Ja cellule nerveuse est obligée de répondre à bien plus de demandes. D'autre part, comme il y a trop peu de temps eatre deux réactions, es effets de la fatigue ne peuvent disparaître et s'accumulent bien-

Tout ce qui impressionne les sens, que la perception soit conscicute où non, les bruits monotones, les radiations calorifiques et lumineuses. les odeurs, toute l'ambiance de la grande usine surtout, fatigue énormément les organes sensoriels comme on s'en rend bien compte lorsqu'on en mesure l'acuité chez l'ouvrier après la ournée de travail. Pourtant ces organes n'ont fourni aucun traail utile. La machine ne s'arrête pas, il faut la suivre quand on travaille avec elle sans quoi c'est l'accident, l'opération manquée, 1 production amoindrie, le salaire baissé, la place perdue où tout simplement le gaspillage ignoré du patron. Autrefois Ja paresse véritable pouvait mieux se décéler à cause des relations plus intines des patrons et des ouvriers, maintenant il est difficile de faire rt exacte de ci qui est mauvaise volonté ou fatigue. Ces deux enuses si différentes quant à leur origine entraînent également la malfaçon et le rendement insuffisant. On peut dire que la fatigue ouvrière était moindre autrefois qu'aujourd'hui, lt vie elle-même avec toutes ces causes d'exeitation nous énerve sans qu'on produis \ cause de l'état de l'industrie, avec des heures de présence

l'atelier plus longues, la dépression du travailleur était moindre

que depuis les progrès du machinisme et de la grande industrie.

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On produisait moins, le travail plus manuel permettait

l'homme de prendre un repos avant d'être épuisé: le pat

vent ouvrier, tolérait plus facilement ces arrêts qui se t rachetés par un plus long séjoun A ci côtés physiologiques il faut ajouter Finfluenc

fatieut rporelle a sur notre moral On san depui long 1 ‘ ll! { il lil que It et ph iqu acterniine

ree mesure nos états d'âme Le travail moderne est d moins en moins plaisant et, par l'uniformité des opératio disons le mot. abrutisseant. C'est rare qu'il se fasse en g préoccupations de m re, l'échapp: dans beaucoup de surveillance hostil ur contribuent ieril Lee: La vu h so Tit grand VIlics HURICATION li presse IOncC 1 crée CoNnvoitis {| I touiours la musère surchargée de famille. La santé alté sombre l'ouvricr qui a’a pas toujours sa vie bien assuré par arrêt de travail son s: laire est SUSPenoU CE CE qu'on EL urasthénie dans la class aisée se nomme touli sim} lem couragement chez les pauvres. Pierre Hamp écrit

tion est dét par production industrielle, cile est non seuienment rec que ls usines fabriquent de cuno: gaz ASpBVXHUMT Inius parce qui P sprit de l'ouvrier ne nas la joie». Doit-il en étre toujours ainsi? Au nom

giène principalement, il convient de limiter la durée du t

dustriel. nous avoas assez de causes qui contribuent à n blie et à nous faire disparaître pour qu'il soit temps de €

de choses qu'il n'est pas imdif

perdre unc unité dans la société. On # plutôt maintenan

ce à considéet chacun de nous comme ut eanital, une vi

société doit voiller à conserver l'individu, à assurer la com son trava roductif puis ln pes/stance d l'espèce 14]

Pour conserver l'individu, il faut la santé, or Cla san festation extérieure de l'équilibre de vie organique est

ital force dans la fortune en formation. » © Imbert d

Pierre Hamp, Taylor et Ruskin, l'Opainion, 1 mars 1919

Dr P Treaté L'éducation pl ISO el la race. Paris. 1919

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côté, remarque que depuis près d'un siècle, en France et en Prusse

on s est aperçu du grand nombre de cas de réforme dans les con erits de la population industrielle par rapport à ceux de la popuconduit au surmenage avee ses ré-

tion agricole L'industri

poreussions sur Pindividu et par l'hérédité sur la descendant fl Lt EXCOSSIVEMIONT important qué la re production se fase dans les

iloures conditions possible, on parle ménx depuis ces temps der-

micrs d'amélore les races par des mesures atti ntives € d'eugénique». I oct bicu évident qu les fonctions de reproduction, les plus imortantes et les plus délicates de notre vie, sont COMPrORHSES RAT ui résultat s1 la fatigue ou ce qui { pire le surmenage à teint

reproducteurs.

Une autre cause de diminution de capacité üvidueile hp tante dont la répercussion est sensible à Ta société est Faceident du travail. Les statistiques des Compagnies d'assuraace contre ies accidents du travail # montrent partout qu'ils sont en grar de partis

imputables à la fatioue et au surmenage. On le constate générulement facilement, e’est au fin de période de travail, au fin de semaine que leur nombre est plus grand. Le matin vers 11 heures, le son vers 4 où 3 heures, dans la semaine le vendredi Les accidents du travail sont dans les populations industrielles une cause des plus

erance de morbidité. la société a tout intérêt à en liminuer le nom-

la fatioue et le mauvais état de santé des individus nous

vons s'accroître la mortalitéein fait elle est plus forte dans les ntres ouvriers même ea dehors des maladies professionnelles spéiules. Les mauvaises conditions hygièniques souvent en relation étroite avec l'état de dépression du travailleur qui manque de conrage pour vivre sainement, donnent prise aux tarcs héréditaires qui ont un facteur bien plus important qu'on le pense comme causes accus. lim-

de la mortalité infantile. Une statistique récente

portance des causes prénatales dues à Fhérédité, La moitié des décès des bébés leur seraient imputables. »

Si on veut avec l'eugénique améliorer les qualités de la race et faire jouer en connaissance de cause les lois de l'hérédité, ne fautAl Dr A.lmB8ertr. Traité di Pathologie générale déjà cité JMBERT Les accidents du travail Scientifique, + juin 1904.

5 Travaux de la British Association, ete.

W.-N. Pozarkov. Fatigw and industrial efficiency. ment, December 1919.

Dr Pease. nfant Mortality

et les compagnies d'assurance fRevrr

Industrial Manage -

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pas commencer par assurer à l'individu les meilleures con de vie et de santé? Nous ne parlons pas de ces autres fléa tre lesquels l'hygiène sociale doit nous prémunir et à prop quels Sertillanges écrit : CL'épuisement, les maladies, Ja lité, la dégradation de la race, labrutissement, l'alcoolisn les effets d'une fatigue outrée, » 1 N'est-ce pas trop souve

l'ouvrier au sortir de lPusine boit pour tromper la fatigue?

; vant chez lui surmené, épuisé, aigri, ivre, il se livre bestia à l’œuvre de procréation: comment s'étonner des résult: inéme si de nos jours on remarque tant de malheureux p des stigmates de dégénérescence, n'est-ce pas qu'ils portent ques de fatigue des générations précédentes. Moralistes et logues se plaignent de la désagrégation de la famille sup} la société: cominent se imaintiendrait-elle avee un bon espri membres soumis de bonne heure à l'abrutissement d'un lab cessif, rongés par la misère et l'alecolisme n'ont pas la sant loisir de vivre autrement que comme des bêtes de somme ?

Contre ces effets de la fatigue au point de vue social, peu s'inscrire en faux. La société moderne court un dans l'épuisement physique et cérébral auquel ses membres sont sés, Est-ce que l'intelligence qui mène le monde aura sombré d'avoir trouvé un remède ?

«La question ouvrière, écrit Ioteyko, ne pourra Jama résolue que grâce à l'intrusion de la physiologie et de la ps gie dans ce domaine. » 5° C'est après l'étude da travail prof nel que l'on s'est aperçu de l'erreur qui consistait à exiger dvidu un travail trop dur ou trop prolongé. Un physi italien Messo, # a le premier mis la fatigue en étude d'w

nière scientifique. D'autres auteurs * se sont attachés à cett tion compliquée et des plus importante, des lois ont été dé et il est tout simplement regrettable que leur importance n’ été reconnue davantage. Elles mettent en évidence net que l'usure de l'organisme n'est pas en relation simple avec 14 uté de travail, mais que demander à un oreanisme déjà fatig

A.-D. SERTILLANGES. La doctrine catholique et les clauses du tra

le Traité de Paix. Revue des jeunes, 10 juin 1919. Paris.

5 J. Toreyko. La mesure de la fatigue professionnelle, Revue ps que. 11, 1909

5% A, Mosso. La fatique intellectuelle el physique. Paris, 1S94

® Voir les travaux de Marey. Chauveau. Imbert, Iotevko (Bibliog Richet, Binet, Amar, Lahy, ete., en France.

Gülbreth. Goldmark, Munsterberg en Amérique.

Mono, Grandi, Maggiore, etc, en taie

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(Bibliographie),

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