Bulletin de l’Office du Travail, mai 1905, p
corroborent pleinement les résultats obtenus pour , j le salaire à la journée (j). '!
On peut donc conclure que, pas plus en Angleterre et en Allemagne qu'en France, la limitation des heures de travail n’a provoqué jusqu’ici aucun des graves inconvénients que ses adversaires se
1. — Voici, par exemple, les conséquences de Tapplication de cette loi sur le salaire des femmes travaillant aux pièces dans les divers ateliers d'une importante fabrique de bougies. I.a durée du travail a été sensiblement réduite, et cependant le rendement a été supérieur ;
1° Coulerie. — Dans cet atelier, les femmes travaillaient 9 heures 1/2 par jour avant la promulgation de la loi du 80 mars 1900, et elles étaient payées à la journée à raison de 2 francs. Depuis le 1" juillet 1900, elles sont aux pièces et ne travaillent plus que 7 h. 1/2: elles gagnent en moyenne 2 fr. 21 par jour.
Leur salaire est donc aujourd’hui de 29 cent. 1/2 par heure, tandis qu’il était autrefois de 21 centimes. C’est une augmentation de 40 1/2 pour cent.
2" Rognage. — Dans cet atelier, les femmes travaillaient 9 h. 1/2 par jour avant la promulgation de la loi du 30 mars 1900 ; elles étaient payées aux pièces et gagnaient 2 fr. 23 par jour. Depuis le 1" juillet 1900, elles ne travaillent plus que 7 h. 1/2 par jour; elles sont toujours aux pièces et gagnent en moyenne 2 fr. 10.
Leur salaire est donc aujourd’hui de 28 centimes par heure, tandis qu’il était autrefois de 23 cent. 1/2. C’est une augmentation de 19 0/0.
3“ Pliage. — Dans cet atelier, les femmes travaillaient 10 heures par jour avant la promulgation de la loi du 30 mars 1Q00 • pHps étaient navées aux nièces et eraernaient 2fr. 28 naT
la réduction légale des heures de travail 65
sont plu à décrire, au moment où les pouvoirs délibérants s'apprêtaient à les adopter. Ni la prospérité de lEtat, ni les salaires des ouvriers n’ont été atteints, et un soulagement immense a été accordé a cette multitude de travailleurs, assujettie jusque-
là a un labeur qui dépassait de beaucoup les forces humaines.
jour Depuis le 1- juillet 1900, elles ne travaillent plus que
/ h. 1/2 par jour, elles sont toujours aux pièces et gagnent en moyenne 2 fr. 21.
Leur salaire est donc aujourd’hui de 29 cent. 1/2 par heure, tandis qu’il était autrefois de 22 centimes. C’est une augmentation de 29 1 3 0/0.
n U atelier, les femmes travaillaient
3 h. 1/2 avant la promulgation de la loi du 30 mars 1900, et elles étaient payées à la journée à rai.son de 2 francs. Depuis le 1" juillet 1900, elles sont aux pièces et ne travaillent plus que / h. 1/2; elles gagnent en moyenne 2fr. 25 par jour.
Leur salaire est donc aujourd’hui de 30 centimes par heure, tandis qu’il était autrefois de 21 centimes C’est
une augmentation de 43 0/0. {Bulletin de l'Office du Travail janvier 1901, pp. 12 et 1.3.)
les mesures législatives, qui les protègent, sont bien plus rares et moins importantes que celles qui sont applicables aux ouvriers de la plupart de nos usines et de nos manufactures.
Une telle situation n’est-elle pas faite pour ouvrir les yeux de ceux qui croient que, dans tous les cas, l’amélioration du sort des travailleurs peut être obtenue sans l’intervention de la loi ? Ici il ny avait point de concurrence internationale à redouter, l’entente ou la réglementation étaient faciles, étant donné le nombre relativement restreint des entreprises. La liberté, le laisser-faire étaient dans les conditions les plus favorables pour montrer les bienfaits qu’ils pouvaient apporter à la civilisation et à l’humanité. Or, précisément, rien n’a été fait pour les travailleurs de ces diverses catégories qui sont parmi les plus exploités. Examinons sommairement la situation qui est faite à quelques-uns d’entre eux.
Les employés qui sont dans les grands magasins ne semblent pas, au premier abord, être les plus à plaindre : leur travail, en effet, n’excède pas généralement 11 à 12 heures par jour (1). Mais