Loc. ciL, p
à l’usine 32 % de son temps, et fournissait un ^
travail effectif correspondant à 27 Vo du temps |
total. il
Au point de vue de l’activité industrielle, l’organisation des trois équipes permit de restreindre la durée des repos. Sous le régime précédent, les fours étaient en activité vingt heures sur vingt-quatre, leur activité fut prolongée de deux heures et demie.
Il n'y eut plus qu’une heure et demie d’interruption, c’était déjà un gain de plus de 10 "/o.
L’ouvrier produisait auparavant 1.000 kilos de blende grillée en dix heures de travail effectif, soit 100 kilos à l’heure, cette prolongation du travail
utile de 10 "/o (exactement 10,5 °/o) permettait donc d’espérer une production de 750 kilos pour sept heures et demie, plus la production pendant le temps des repos supprimés, c'est-à-dire 83 kilos (1), soit au total 833 kilos, ce qui représentait une production horaire de 111 k. 1.
Par ailleurs, l’organisation nouvelle avait permis une augmentation de 20 *'/o du travail de remuage, chaque brigade allait donc augmenter encore sa production de 134 kilos et par conséquent la production par équipe semblait devoir s’élever à 890 kilos environ, soit 118 kilos à l’heure.
Or, après une période de difficultés résultant de
1. — Les deux heures et demie de la prolongation de la durée du travail effectif devaient fournir, à raison de 100 kilos à l’heure, 2,5 X 100 = 250 kilos, c’est-à-dire pour chacune des trois équipes 83 kilos.
ce que les ouvriers étaient persuadés que leurs salaires se trouveraient réduits dans la proportion de la diminution de la durée du travail, c’est-à-dire d’un quart, la réussite dépassa de beaucoup les indications, pourtant encourageantes, fournies par ces calculs. Six mois après le commencement de l’expérience, « l’ouvrier était parvenu à atteindre en sept heures et demie de travail effectif, une production égale à celle qu’il fournissait jadis en dix heures de travail effectif. Et puisque les salaires étaient établis par i .000 kilos de matière produite, reconnue de bonne qualité après analyse, le gain journalier de l’ouvrier devenait, pour les huit heures de présence à l’usine, égal à celui qu’il était jadis, pour douze heures de séjour au travail (1) w. Quant au prix de revient il diminua de 20 °/o.
Les résultats de cette diminution de la durée du
1. — Loc. cit., p. 75. — Des résultats analogues ont été obtenus dans d’autres usines que cite M. Fromont. C’est ainsi que la société anonyme pour l’exploitation des établissements J. Dumont et frères, à Sclaigneaux, a appliqué le régime de la journée de huit heures dans son usine, et le directeur général a déclaré que cette expérience lui a donné toute satisfaction, et l’on a pu maintenir le prix de revient. Dans les usines consacrées au grillage du plomb, les résultats n’ont pas été aussi satisfaisants, parce que les conditions chimiques du travail ne sont pas les mêmes, cependant le travail à trois postes a été maintenu parce qu’il est supérieur au point de vue de l’hygiène et que l'élévation des frais à la tonne est en partie compensée par une meilleure utilisation des fours. {Loc cit., p. 113).
travail sur la santé des ouvriers se fit sentir rapidement, et la situation financière de la caisse dé secours mutuels changea aussitôt. Alors que, sous l’ancien régime, le déficit avait été constant, atteignant :
— 700 fr. en 1889
A partir de cette date, qui correspond à l’application de la journée de huit heures, on n’eut plus à enregistrer que des excédents de recettes :
-}- 450 fr. en 1893 (1)
1. — Ces chiffres, comme ceux qui précèdent et qui concernent les déficits, sont approximatifs, car ils sont fournis par un diagramme qui n’indique que la ligne générale, d’ailleurs amplement suffisante en l’espèce. {Loc. cit., p. 82.)
2. — Pendant les années 1895, 1900 et 1902, il y eut une épidémie d'influenza.
La diminution de la durée du travail améliore directement la santé de l’ouvrier, en diminuant ou en supprimant le surmenage qui occasionne dans l’organisme toutes sortes de désordres, et prédispose à toutes les maladies (1), mais cette réduction entraîne encore d’autres conséquences, moins apparentes au premier abord, mais qui nen ont pas moins une influence profonde sur la vie ouvrière.
M. Fromont l’indique fort bien, dans ce passage
1. — Des expériences analogues ont été faites en Allemao-ne. Dans la fabrique de plumes de Heintze et Blankertz la journée de huit heures fut introduite le 1« avril 1892 ; immédiatement le nombre des journées de maladie diminua.
Années
Durée du travail Nombre d’ouvriers Jours de maladie OUVRIERS
9 heures 371
8 heures 202 016