PIÈCES A L'APPUI
Lettre du général Trochu au général Ducrot.
Versailles, le 24 aoM 1871.
Mon cher général,
Dans un livre que vient île publier le général de WimpfFen sur la douloureuse alloue de Sedan, je lis un passage où il annonce qu'il m'a adressé à Paris son l'apport sur l'événement, et que si je n'ai pas t'ait publier ce rapport, qu'il jujio ceinpnjiiielUut pour vous, c'est par suite d'une ou tente entre vous et moi, qu'expliquent les sentiments d'amitié qui nous lient.
J'oppose à ces dires et à l'insinuation qu'ils renferment la dénégation la plus catégorique et la plus absolue. J'affirme avec tous les olfieicrs de mon cabinet chargés de l'ouverture des dépêches, avec mon chef d'état-inajor général chargé de leur donner suite, que je n'ai jamais reçu ce rapport, dont l'existence no m'est révélée, malgré la publicité qui; lui aurait donnée un ami du général, que par le livre dont il s'agit.
J'ajoute que je ne puis m'explique:' à quel titre le commandant en chef de l'armée française, prisonnier avec l'Empereur, aurait adressé ce rapport au gouverneur do Paris, président du Gouvernement de la
Défense. Je cloute que le général Le Flô, alors ministre de la guerre, l'ait reçu plus que moi. Il n'aurait pas manqué de me communiquer n t > dominent relatif à des événements dont, à la veille d'être investis par l'ennemi, nous élions très-incomplètement informés dans leurs détails.
Mille amitiés.
Général Tiioniu.
Rapport ih M. la général de Wimpffen sur la bataille de Sedan, enregistré sur le registre de correspondance de l'éhtt-mujor général de l'armée de Chdlons (i).
Monsieur le Ministro, J'ai l'honneur d'exposer à Votre Excellence la situation dans laquelle j'ai trouvé l'armée au moment
|1) Ce rapporta été iVril A Serlan, c'fsl-u-dire le 2 ou le 3 seplem- Lrc, puisque M. le i:rueïal i]k ^vî m[1 Jl-,.n t-sl parli pour le IleLique le i. Nous ijjnnmrii i il a cbj cnroyO .ht ministre, mais il est certain qu'il a élo cnrrçiislriS sur If raisin' ili; i:un <-s[iu:irl:i iico «Xi; 1 etJl-uiiijur
Quelques jours npre;, M. le général de Wimpiïen a fait an second rapport qui est liât" île l".iïs-:fi-Vtn;-rs (Hclgique), le S scplembrc. C'est celui qui esL ii'nrnihiit dam son line (page 193).
Eu comparai.! i-i;s ilcu\ dntuaieiil-, l'un si'i.i <:i;rfaiiiomcnl parlé ,\ penser que, mi'mc apr^s la bataille, k' ict-rulra: di- Wimpfl'un ne savait pas encore au jaale ce qu'il avait voulu Hure pendant l'action. — Si, comme il le dit dut M polémique avec le gênerai Lebrun (page 283), la premtèrc impression est In plus vraie, l'on sera tenté de s'en rapporter au prcmkir r:i]-.[Ki] i. (juj r-.-rn.urdi; lifjui-uup mieux que le fécond avec le récit du général Duc-roi.
où j'en ai pris le coromandemeril. après la blessure du maréchal do Mac-Mahon. Je ferai suivre cet exposé du récit des incidents qui se sont produits sur le champ de bataille et après le combat.
Ainsi que je vous l'ai déjà fait connaître, l'armée concentrée sens Sedan avait pris position sur la rive droite de la Meuse, lu droite à Bazeilles, la gauche à Gïvonne ; les corps d'armée étaient placés dans l'ordre suivant : le 12' à droite, à sa gauche le 1" et le 5', et le 7° à l'extrême gaucho. A quatre heures et demie du matin le 12" corps était vivement attaqué et la lutte ne tarda pas à devenir générale.
A neuf heures, lorsque nos troupes étaient partout
désarmée, bien déri&i à prolonger une lutte dispro-
dc trouver mi moment opportun pour nu: faire jour au milieu de l'armée enneiuie gui nous enveloppait de tous côtés, et dont la force était d'environ 230,000 hommes. Un projet formé par le général Ducrot, et qui avait déjà reçu un conini en cément d'exécution, eon-
ment me paraissant inopportun et intime dangereux, au moment où ou !c commençait, je drainai l'ordre de !e suspendre. Toutefois je me portai auprès du général Douay pour mieux me rendre compte do !a situation des troupes engagées, sur notre ligne de retraite. Là, j'acquis la conviction que ce mouvement ne pourrait n'opérer que par surprise et à la condition de prolonger le combat jusqu'à la nuit. En effet, dos masses d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie disposées par l'ennemi sur la lignede vclraitc, prouvaient qu'il s'était mis en mesure de déjouer cette tentative. Je revins me placer au centre de la vaste circon-