‹ La journee de Sedan par le géneral DucrotChapitre 4 sur 7 · HO · texte numérisé non relu

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fermée ijue défendaient nos troupes, afin do mieux suivre les péripéties il'uno lutte qui, pur moments; »»ic donnait l'i'xjmir du succès. Vers trois heures du l'après-midi, voyant mes troupss faiblir sons un épouvantable feu d'artillerie qui ne laissait aucun point du champ de liatnllc intact, je me portai de nouveau dan; b. direction dllly, ut en voyant la posi-

pris que toute retruite Était impossible de ce- côte ; j'invitai alors le général Ducrot, commandant le 1" corps, (i réunir tout ce qu'il pourrait trouver de troupes ilis/iaiiildes peut rassurer le -plus lon-jtenipx possible, avec l'aide du 1" corps, notre ■maintien sur le plateau d'Illy; d'un autre côté, recevant du général Lebrun, commandant le 12" corps l'avis que nous avions une certaine supériorité sur ce point, je pris la détermination Appeler à moi toutes les forces restées disponibles des 1 "" et 5' corps, conservant ep réserve ie 7" corps et des fractions du 1 ", pour faire effort de ce côté, et tenter de m'ouvrir un passade dans la direction de Carignan. 1,'e.nncnd eêii^dycant mai; mais pendant que s'opérait ce retour olfensji', les troupes placées sur le. plateau d'Ill'J étaient écrasées oar des foires supérieures et refoulées dans ht place. Les troupes du eénérul Lebrun, avec lesquelles j'avais fait ce

lage de Balail, étant trop peu nombreuses, je dus il mon tour me replier dans In ville. Pendant que le mouvement s'accomplissait, l'Empereur, jugeant la situation désespérée, taisait arborer sur la citadelle un drapeau blanc pour demander uit armistice, et le feu cessait peu de temps après.

A. six heures du soir, l'Empereur me iît appeler

pour me charger des négociations, en ce qui concernait les troupes: et c'est alors que me fut connue la véritable situation des troupes, qui n'avaient plus qu'un jour de vivres et dont les munitions étaient presque entièrement épuisées. Comme d'ailleurs la ville était sans ressources, j'acceptai la douloureuse mission de me transporter auprès de M. le comte de Moltke, désigné par le roi de Prusse pour imiter des condition:, relatives à l'armée. Au bout de quelques instants d'entretien, j'acquis la certitude (pie le comte de Moltke avait malheureusement la connaissance très-exacte de notre situation et de notre déuùment complet, on vivres et en munitions.

M. de Moltke m'apprit que dans la journée d'hier,

hommes (|ui nuus entourait de toutes parts : a Géué-

» rai, me dit-il, nous sommes disposés a l'aire à votre

« aimée, qui s'est si vaillamment, battue, aujourd'hui,

>■ les conditions les plus honorables. Nous deman-

n dons que l'armée traucaise capitule; elle sera pri-

• sonniére île guerre. Les olïieicrs conserveront leur

> épée et leurs propriétés personnelles : les armes de

■ ville pour nous être livrées. • Mon premier mouvement fut de refuser de semblables c litions, et je

re,uns sans avoir rien.arrcto; mais le lendemain, de grand matin, je convoquai un conseil de guerre composé des commandants de corps d'armée, des généraux commandant les divisions, et des commandants en chef de l'artillerie et du génie de l'armée. Apres un examen sérieux de la situation de l'armée et de la place, il lut reconnu à l'unanimité qu'il y avait impossibilité absolue de se défendre, et que par suite nous étions dans l'obligation d'accepter k; ouiditions fi

qui nous étaient imposées. Il me restait donc à les obtenir aussi peu humiliantes que possible, et je me rendis immédiatement au quartier général du roi de Prusse, où fut signée la convention dont je vous adresse ci-joint la copie.

Votre Excellence remarquera que les troupes soin dispensées des formalités blessantes, souvent exigées dans de semblables cii'o.msLanees, et que les ul'Iiders sont laissés libres à la condition de ne pas senir pendant la guerre, .l'ajouterai que sans des ruisuns jio!i~ tiques se rattachant à l'instabiUlc des ijouvcrncmcnU en France, j'aurais certainement obtenu des conditions plus douces encore. M. de Moltke et M. de Bismarck m'ont répété à plusieurs rupi ises que ces considérations seules les empé cil aient de rendre à l'armée tous les honneurs que méritait, à leurs yeux, son héroïque défense.

Je no connais pas encore le chiffre de uos pertes; mais elles sont très-considérables, et l'ennemi nous a fait. beaucoup de prisonniers.

Campagne de 4870. — Journal des marches et opê- iaa ^ râlions du 1" corps d'armée, à partir du camp de ions. Chdlons, par h commandant Corbin, mus-chef d'état-major g&rtéral.

Le 1" corps de l'armée- du Rhin arriva le 15 et le 16 août au camp de Chàlons, où le 12' corps était déjà concentré et oule5'eUe7"n'allaient pas tarder àarri ver. Ces troupes diverses furent réunies sous les ordres du maréchal de Mac-Mahon et composèrent l'armée de Chàlons; le commandement du 1" corps devenu vacant futeonlié au général Duc rot, qui en commandait la première division. Le maréchal de Mac-Mahon ayant emmené avec lui l'état-major général du 1" corps, cet état-major dut être reconstitué par le général Ducrot avec de jeunes officiers de différentes armes pris dans les régiments sous ses ordres, et eut pour chef et sous-chef le colonel Robert et le commandant Corbin.

Les autres corps qui composaient, avec le 1", l'armée de Chiliens étaient : le 5' (de Failly), qui venait d'escorter le 1" corps dans sa retraite et qui, sans avoir combattu, était tout autant désorganisé; le 7" (Douay), dont une division (Conseil -Dumesnil) avait été adjointe depuis le 5 août au 1" corps et dont les deux autres divisions et la cavalerie arrivaient de Belforten passant par Paris; et enfin le 12' corps (Lebrun), récemment forma arec une division d'infanterie de marine et deux divisions d'infanterie de ligne; une partie des troupes de ce corps d'armée appartenaient au 6" corps qu'elles n'avaient pu rejoindre. Les deux divisions de cavalerie de Bomiemain et Margueritte formaient la réserve de cav;iluric de l'armée do Châlons.

— ai -

Le i" corps devait séjourner au camp de Chalons jusqu'au '20. Ces quelques journées furent employées par le général commandant le corps d'armée à donner aux troupes le repos dont elles avaient besoin, à combler en partie les vides produits dans les cadres, à reconslituer les effectifs à l'aide des détachements d'hommes de la réserve que l'on expédiait sur ce point, et enfin à restituer aux soldats les effets decampementet d'équipement dont la plupart d'entr'eux se trouvaient dépourvus. Malheureusement, les ressources fournies par les magasins du camp se trouvèrent insuffisantes et même après avoir retiré leurs sacs aux gardes nationaux mobiles de la Seine qui étaient au camp et que l'on renvoyait à Paris, il fut impossible de donner plus d'un sac environ pour deux hommes. Les batteries d'artillerie, dont plusieurs se trouvaient désorganisées, furent autant que possible reconstituées; les parcs complétèrent leurs approvisionnements. Les ambulances, qui avaient presque toutes été prisesà Fiu'schwiller, furent réorganisées et rejoignirent le corps d'armée quelques jours plus tard.

Quant aux moyens de transport, qui avaient également en grande partie disparu, il y fut suppléé par un certain nombre do voitures du train que l'on mit à la disposition des états-majors et des corps. — En dernier lieu, le 8° et le 9 r cuirassiers, qui avaient considérablement souffert dans les admirables charges tentées par eux à Frœchwiller, présentaient un elTectif tellement réduit, que ces deux régiments durent être fondus en un seul. Les hommes disponibles du 9" furent versés dans le 8', et ec qui restait des cadres du 9' fut renvoyé à Paris pour y servir de base à une formation nouvelle.

L'exécution de ces différentes mesures était à peu UmO. impres terminée, Inrsqu 'arriva l'ordre rie départ, l'ar p« l du <™p suite des dispositions adoptées, l'armée devait se Jj, 131 ^™"

pour se porter de là, par Suivons, dans la direction (i* mi™.). de Paris, et couvrir les abords de la capitale. Le 1" corps se dirigea, par la grande route de Reims et une petite route parallèle situer plus à l'Ouest, vers les deux villages d'Ormes et de Tliillois, à cinrj kilomètres de fteims, et qui constituaient le gîte d'étape indiqué. Mais le général llucnit, après avoir au préalable fait reconnaître ces emplacements, constata que l'eau potable y taisait entièrement défaut, et arrêta son corps d'armée à Cormontruuil, sur les bord* de la Vesle. Les unis autre.* torp* d'armée prenaient position aux abords de Heitiis, suul lu mdjfure partit! du T, qui campait à Sillery. Sur ces entrefaites, le ministre d-r la guerre, redoutant le mauvais effet que devait produira à Paris le mouvement rélrogmdo de l'armée, proscrivait au maréchal de Mac-Mahon de sejoimlic atout juin au maréchal lîazaiue.

Par suite de ce changement dans les dispositions sa ™». siprises, la journée du 22 s'était passée sans mouve- 1 ™^ C ™™" 1 ' menls. Dans la soirée, un ordre du maréchal faisait connaître à l'armée qu'elle allait se porter sur Montmédy. Le générai commandant le 1" corps régla l'ordre de marche et de mouvement de son corps d'armée par les ordres 2 et ',1. (Voir pages llli et 117.)

Le 23 au matin, le 1" corps se met en route par 23 u » une pluie battante, traverse la Vesle sur deux points ^"™[^. et se porte en deux colonnes à travers les plaines ^.pom c t b«crayeusesqut séparent la vallée de la Vesle de celle tiiiinviiie [M de la Suippe, sur Saint-Hilaire-lc-Petit et Béthini- kilun, > viile, gites d'étape assignés. Les truupes sont dispo-

— su —

sées entre ces deux villages, sur les bords de la Sûippe. L'armée tout entière prend position le long de cette petite rivière, le 7' corps à Dontrieu et Saint- Martin, le 5* à Pont-Fa varger, et le 12" à Hcutrégi- •ville. La division de Bonnemain, après être restée en arrière au camp de Chàlons pour couvrir le mouvement de l'année et détruire les approvisionnements laissés dans les magasins du camp, occupe l'extrême droite de la ligue, à Vaudésincourt. également sur les bords de la Sujppe. La division Margueritte est détachée en avant, à Montboïs, avec mission d'observer les débouchés de l'Argonne. Le mouvement pour le lendemain est annoncé au 1" corps par l'ordre du corps d'armée u° i- (Voir page 117.) ïi ™u. d« l c lu i" corps se porte sur Junivillc, le 7' sur

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uuuiviik (il Li s distances étaient courtes, lc temps beau; la marche s'exécute facilement et les troupes parviennent de bonno heure à leur gitc d'étape, a mtii. lie Le 25, le 1" corps arrive à Atligny, où ses têtes de colonne sont rendues à dix heures du matin. Les

arrière, à cheval sur la route qui traverse Attigny par le milieu. Les troupes renouvellent leurs approvisionnements de vivres et se munissent pour plusieurs jours. Conformément aux ordres donnés par le maréchal commandant en chef, le général Duc rot s'était mis en mesure d'assurer ce service et avait envoyé dès l'avant-veille, son sous-chef d'état-major, accompagné d'un sous-intendant militaire, pour réunir sur ce point, si e'élail po-sible, liiO.OOO rations. Des ordres analogues ayant été donnés dans chaque corps d'armée, le rayon d'approvisionnement se trouva très-

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rétréci, et ce nombre ne put être atteint; toutefois, i[ s'éleva A. plus du 1 nOj)00 Lirûi;n à l'empressement des habitants et aux ressources fournies par le moulin de Sainte-Irénée.

Le môme jour, la 7' corps se portait à Vouzicrs, à la droite du 1", le 5* et le 12" restaient à Rethel.

L'armée se t rouvait donc le25 tout entière réunie sur les hauteurs qui bordent la rive gauche de l'Aisne.

La division Margueritte avait reçu l'ordre de se porter on avant, au Chêne -Populeux.

Ce memejt.HU , le général Duhesme était obligé, par . le mauvais état de sa santé, de remettre au général Michel le commandement de la division de cavalerie du 1" corps et était autorisé à se rendre à Paris, où il devait succomber quarante-huit heures après son

L'ordre n° 5 (voir page 117) annonce au 1" corps le mouvement qu'il doit exécute!' le lendemain.

Conformément aux ordres reçus, le 1" corps se m™!i.d'aiporto à Semuy, sur la rive droite de l'Aisne, à huit liwilS<1 ""' kilomètres scule-nent d'Attigny, Les quatre divisions ' 8 ka " n '^ d'infanterie nontétabliesenavant du village de Semuy, entre Voncq et Mongon, à cheval sur le canal qui relie ta Meuse àlAisne ; les parcs et la cavalerie, en arrière, sur les bords de la rivière.

Dans le but d'alléger les corps, le général commandant le -1" corps prescrit de diriger sur Mézières !es hommes malingres et éclopés, et de confier les chevaux hors d'état de suivre aux municipalités les plus proches.

L'armée tout entière avait pivoté sur sa droite antour de Vouziers. Le 7 1 corps, qui servait de pivot au mouvement n'avait pas quitté cette ville et avait détaché une brigade et deux batteries à Grand-Pré pour

se couvrir sur son flanc droit. Le 5" corps était à Neuville, le 12* à Tourteron.

La division de cuirassiers de Bonuemain étaitàAttigny, et la cavalerie du général Margucritte à Oches dans la direction de Beaumont.

Il tomba dans la journée de grandes pluies qui détrempèrent fortement le sol argileux des coteaux sur lesquels les troupes bivouaquaient. Le 1" corps reçut de Retliel dans l'après-midi, par le canal, des bateaux de vivres qui lui permirent de compléter ses approvisionnements.

Dans cette journée, vers trois heures, le maréchal de Mac-Mahon reçut du général Douay, commandant le T corps, uni' dépêche iï'ii'^iMptiiijUi.' conçue à peu près dans ces termes : « Le général Bordas me Tait » savoir de Grand- Pré qu'il est en présence de forces * très-supérieures: en conséquence il vase replier sur

> Buzancy où il a le second régiment de sa brigade.

> JemeportcàLongwépoursoutenirce mouvement. > A la réception de cette dépêche, le maréchal de

Mac-llahon prît la résolution de porter toute l'armée en avant pour appuyer le 7* corps et prendre l'offensive contre le corps ennemi qui s'ét.dt montré du côté de Grand-Pré. Le i" corps reçut l'ordre de marcher dans la direction de Vouziers, par la route qui longe !a rive droite de. l'Aisne, eu passant. p:ir Voncq et Tcrron. Le 5' corps devait marcher sur Chàtillon et Belleville, et le i'2° qui était à Tourteron devait venir occuper le Ohesne.

.Mu- Le lendemain matin dès ta pointe du jour !e mouve- Vou " ment s'exécutait de la manière suivante: les 3' et Vdi- 111 visions, qui étaient campées sur le plateau de Voncq, se portaient à Quatre-Champs, en passant par les Alleux (chemin dos Crêtes); la division de cavalerie;

la l" et ia 1' division se dirigeaient pat' la plaine sur Terron. Le génie recevait l'ordre de retrancher le village du Voncq, qui occupe sur les bords de l'Aisne le sommet d'un mamelon très-favorable à la défense; quelques troupes furent laissées sou* les ordres du général de Delkmare pour garder ce point important qui protégeait ie parc et les bagages du 1" corps. En arrivant à l'entrée du village de Terron, la tête de colonne du 1" corps fut arrêtée par un encombrement résultant de la présence, sur ce point, du parc et des bagages du T corps que le général Douay avait fait filer du Youneis pendant lu nuit. Au même moment arrivait le sous-chef d'état -major général de ce corps, qui faisait savoir que le général Bordas avait reconnu que sesappréciations sur la force des troupes qui étaient devant lui étaient exagérées, et qu'en cou séquence au lieu de se retirer sur Euzancy, il s'était rapproché de Vou/icrs en abandonnant la position de Grand-Pré; le général Douay avait alors reporté son quartier général à Vouxiors et envoyait au pare et aux hugayes l'ordre de revenir sur ce point. — En présence de ces renseignements, le 1" corps arrête son mouvement, les troupes se massent en arriére de Quatre-Gliamps et de Terron, et le souschef d'état-iiïjjui' général est envoyé au maréchal

Il revint, rapportant les instructions suivantes : • Conservez les positions que vous occupez et attendez les ordres que je vous adresserai dans la journée. « Le général l'tucrot si; décida alors à l'aire remonter sur le plateau de Voncq l'infanterie et l'art illerie qui étaient dans la plaine; les 3' et 4* divisions furent également rappelées. Seule, la division de cavalerie fat main-

tenue en avant sur les bords de l'Aisne. Pendant que le 1" corps reprenait à peu près ses positions de la journée précédente, le 5' et le 12' corps avaient exécuté le mouvcnieut prescrit ut s'étaient portés sur les points qui leur avaient été assignés.

Vers cinq heures, le général commandant le 1" corps reçut du maréchal de Mac-Mahon les instructions suivantes : • Vous ferez prendrelaroulequi passe par Scmuy, Saint- Lambert et Ciiarbognes aux parcs, bagages et impedimenta qui, sur ce dernier point, rejoindront la route d'Attigny à Mézierea et s'arrêteront à Mazorny. Le 1" corps tout entier suivra le mouvement. > En même temps Icchi/f 'lV-tat-mnjo r général priait le général Ducrot de faire parvenir au général de Bonnemain, resté à Attigny, l'ordre de se porter par Amagne dans la direction de Mézières. Cette place forte devenait le nouvel objectif de l'armée, le mai-échal avant sans doute reconnu l'impossibilité d>; donner la main nu maréchal lia/aine et la nécessité du se reporter sur les places du Nord. En exécution de ces ordres, tout le service des subsistances partait le soir mémo à onze heures et était suivi par le parc d'artillerie et les bagages des officiers. Le 74" de ligne accompagnait' et protégeait le

r'ection et l'armée tout entière se porter sur Mézières.

Le lendemain matin 28, à cinq heures du matin, un capitaine de l : état-major général apportait au général commandant le 1" corps des instructions changeant complètement le mouvement ordonné la veille, instructions motivées par un ordre du ministre de la guerre reçu dans t:t nuit et qui prescrivait de rallier à tout prix l'armée de Metz. En vertu de cet ordre du ministre, toute l'armée devait reprendre sa marche

vers l'Est, passer la Meuse pour gagner Montmody, et <lo là joindre les troupe? ri u maréchal Bazainc. Dans ce but, le i" corps devait se porter au Chesne et y remplacer le 12". Celui-ci était dirigé sur Stonne et la Besace clans la direction de Stenay. Le 7" corps devait gagner Bon lt-au- Bois sur la route de Vouzicrs à Buzancy. Le 5* corps avait ordre d'aller s'établir à Belval.

En exécution de ces ordres, le -1" corps se dirigea sur ie Chesne par deux routes parallèles. Trois divisions d'infanterie -iiiiiïi bagages suivaient la voie Romaine; la V division et la cavalerie payaient par les Alleux et la grande route de Vouzicrs. Les bagages, déjà arrivés en partie à Mazerny, rebroussaient chemin ainsi que le 7i" de ligne, et revenaient au Chesne par la roule de Mézières et colle de ïourterou. La division de cavalerie de Bonnemain était également arrêtée à la hauteur d'Amagne, se rabattait sur le Chesne par la route de Tourteron et venait camper entre Taunay et les Grandes-Armoises. Toutes ces colonnes partant do directions différentes et venant converger sur l'unique voie de Vouziers au Chesne et du Chesne ù Stonne, amenaient dos encombrements et des entassements inextricables d'hommes, de voitures et de chevaux. Le défilé dura non-seulement toute la journée, niais encore toute I;i nuit du 28 au 2!). Une pluie torrentielle était tombée an outre pendant, toute l'après-midi du 28 et avait rendu les chemins et les bivouacs détestables. Dans ccf.li; journée le-l"corps fut rejoint par le 1" et le 2° régiments de marche formés avec les compagnies de dépôt de divers corps et qui furent verses dans la 2' et la 4" divisions. La veille, le 1" corps avait déjà reçu le bataillon de volontaires de Paris, composé en grande partie d'anciens soldats et qui avait été adjoint à la 3" division .

Dans la soirée le général Ducrot reçut l'ordre de porter ses troupes le lendemain à llaucourt; le 12' corps devait se rendre île la Besace à Mouzon, le T de Boult-auBois à laUesace, et le ô° de Delval à Beaumont.

Le 29, au point du jour, l'encombrement était encore tel dans les rues du Cliesne, que le 1" corps ne put se mettre en route qu'à une heure avancée de la matinée. Les troupes n'ayant qu'une seule route à leur disposition, et obligées de traverser le défile de Stonne, n'arrivèrent à llaucourt qu'à la fin du jour. Une distribution de biscuit avait été laite pendant une halte au bas de la cote de Slonne. Les basanes qui marchaient en queue de la colonne n'arrivèrent que fort tard et ne purent rejoindre les corps.

La 4* division (de Lartimie) avait été maintenue en arrière-garde au Chesne, avec le 3' hussards, jusqu'au défilé complet de la colonne. Voncq et les Alleux ayant été touillés par les éelaireurs ennemis, et quelques-uns de ces derniers s étant rapprochés des grand'yardes fournies par cette division, plusieurs coups de feu furent échangés et devinrent le signal d'une panique subite qui s'empara des conducteurs des balayes tant, du 12'- corps que de la division de Bonnemain; le désordre fut arrêté, non sans peine. La' 4" division se mit on mouvement seulement à quatre heures et demie du soir et n'arriva à llaucourt qu'à une heure du matin.

Le 12' corps gagna Mouzon sans encombre, après avoir franchi ta Meuse (fasse/ bonne heure, et prit position sur la rive droite, à cheval sur la route do Carignan.

Le 5" et le 7" corps, qui avaient l'un et l'autre leur flanc droit exposé aux attaques de l'ennemi, éprouvèrent plus de difficultés. Le i? corps, qui avait déjà

eu la veille un engagement de cavalerie, fut attaqué du coté de Bois-des-Daiii!* ; deux divisions seulement prirent part à l'action qui dura plusieurs heures; en raison de ces circonstances, ce corps n'arriva à Beau mont qu'à une heure avancée de la nuit. — Le 7* corps avait été harcelé dans su marche par quelques éciaireurs, et une division s'était même arrêtée pour faire face à une démonstration de l'ennemi; par suite du retard qui en fut la conséquence et du mauvais état des routes, le général Douuy au lieu de gagner la Besace, point qui lui avait été assigné, s'arrêta à Oches.

Dans la journée du 30, la Meuse déjà franchie parle 12* corps devait l'être également par le reste de l'armée.

Le 1" corps avait ordre d'effectuer son passage à Remilly.

L'ordre de marche communiqué dans la nuit aux généraux de division fixait, comme il suit, l'ordre des troupes : en tête la 3" division qui bivouaquait à la sortie de Rau court; immédiatement après, les batteries de combat de la réserve d'artillerie; la 2" divï-

division, la i

cavalerie, puis la A" division.

Les divis

ions devaion

t marcher sans aucuns baga-

les parcs et les voitures de

nt le corps d'armée dans un

miné et sous

la surveillance de la gendar-

merio. Le

mouvement

devait commencer à quatre

heures et d

emie du mat

;n et suivre sans interruption.

Ces ordn

:s furent strictement observés. A sept heu-

ras du mat

in environ, la tête de la 3' division arrivait

à Remilly. Ou comptait pour effectuer le passade sur un ponton qui, mis en travers do la rivière, sert habituellement de pont; mais, par suite d'une crue survenue dans la nuit, crue motivée par les retenues

d'eau destinées ù défendre les abords de la place de Sedan. felabli-s,.'L>ent de ce ponton présenta quelques dirficiilti-s, et. il tut nécessaire do faire consolider cet instrument de pa: : .! lj-ôs-ïem pui-j'uL t. ainsi eue les deux jetées en terre entre lesquelles il devait être tendu. Pour accélérer le mouvement, lo génie établit, à l'aide de quelques bateaux, une passerelle bonne seulement pour l'infanterie. Pendant quo ces travaux s'exécutaient et que quelques bataillons étaient passés à la hâte pour occuper la rive droite, les divisions d'infanterie, arrivant successivement, étaient massées sur les hauteurs qui dominent Remilly, et au pied desquelles coule la Meuse. Un soleil resplendissant avait succédé aux pluies désespérantes des jours précédents; de ces hauteurs, la vue s'étendait sur les vastes prairies qui bordent la rive droite de la Meuse, et que couvraient en ce moment d'innombrables troupeaux. Vis-à-vis de nous, les blanches maisons du beau village de BazeiUesémergeaientcommed'unecorbeille

pointe efiilée du clocher de Sedan se profilait à travers la brume sur les hauteurs boisées qui limitaient au Nord ce riant horizon. La vue de cette belle nature, qui jouissait alors d'un calme profond, avait ramené la sérénité dans les esprits et rendu à nos soldats, dont le moral so remonte plus vite encore qu'il no s'abat, une sorte de confiance. Plusieurs régiments débouchèrent dans Remilly, lançant dans l'air leurs joyeuses fanfares restées muettes depuis si longtemps. Deux jours de marche à peine nous séparaient de Montmédy, cet objectif tant désiré, et là peut-être enfin trouverait-on la victoire! Vaines espérances qui ne devaient point so réaliser! Dans quelques heures lu canon de Deaumont allait cruellement

réduire à néant ces beaux rêtes et raviver nos inquiétudes un moment oubliées.

Pour faciliter le passage, dans le cas où l'ennemi eût essayé de ie disputer, quelques batteries furent mises en position à mi-cote; mais rien ne parut, et le passage s'effectua lentement, il est vrai, mais sans difficulté.

Le général Lhériller (3* division) fut chargé d'assurer cette opération, et prit position jusqu'àsept heures du soir, heure à laquelle arrivèrent à Iiemilly, pour passer à leur tour, la division de cavalerie do Bonnemaiu et les premières troupes du 7' corps. Le général Lhériller avait retenu au passage la brigade de Septcuil, de la division de cavalerie du 1" corps.

Pour gagner du temps, le général commandant le 1" corps, avait pensé à faire filer l'artillerie par le pont du chemin de fer, à 2,300 mètres environ de ftemilly, et même à faire passer ia cokume des parcs et des babille:; pur Sedan, sous la protection de la division de cavalerie. Mais la crainte de détériorer la voie du chemin de fer, la seule Lijjne iem'v qui nous reliât par le Nord avec Paris, et celle de surmener les chevaux des convois en leur faisant taire un détour aussi considérable, l'empêchèrent de donner suite à ce projet. Les troupes franchirent les grandes prairies qui s'étendent au conlluent de la Meuse et du Chiers. Pour éviter l'encombrement, le général Ducrot dirigea la 2" et la 4' divisions sur Té Laitue, ou elles devaient passer le Chiers; la 1" et ia 3' devaient traverser cette rivière à Douzy, et suivre la grande route de Carignan jusqu'à cette ville, qui était le gite d'étape assigné au 1" corps par le maréchal commandant en chef. Sur la droite, du côté de Mouzon, on entendait une assez vive canonnade. Le général Du-

crot, qui marchait avec la colonne de droite lit, massersestroupcsàTélaigne, avant de traverser le Chiers, et envoya un de ses aides de camp auprès du maréchal de Mac-Mahon, à l'effet de prendre ses ordreset delui rapporteHcs renseignements nécessaires.

Au bout d'une demi-heure, le général recevait de son aid= de camp un billet lui annonçant qu'il venait de rencontrer l'Empereur se dirigeant sur Carignan, et que tout allait, Mon, La général Duerot, qui avait reçu l'ordre de se porter sur Carignan, estima qu'il ne devait pas retarder l'exécution de cet ordre, ce qui eût eu pour conséquence de liiisser l'Knipcrair isolé. Il poursuivit donc sa route, traversa le Ghiers, et arriva au gilc d'étape proscrit, où il fut rejoint par son aide de camp qui lui rapportait, do la part du maréchal, l'ordre de prendre ses dispositions pour protéger sa retraite, soit sur Douzy, soit sur Carignan, et d'inviter l'Empereur à se porter au plus vite sur Sedan. Douze kilomètres environ séparent Douzy de Carignan; pour se conformer autant que possible aux ordres du maréchal, le général envoya aux deux divisions Wolf et Lhériller (1" et 3') l'ordre de rester à Douzy, d'y retourner si elles l'avaient dépasse, et de s'y étahlir, de manière à couvrir la retraite du maréchal, si elle se faisait par ce point. 11 disposa les deux autres divisions de son corps d'année entre Carignan et Blagny, et fit même monter de l'artillerie sur une montagne assez élevée, que l'on nomme la hauteur des Tilleuls, et qui se trouve à l'Est de Carignan. Il se rendit ensuite chez l'Empereur et essaya de le décider a se porter sur Sedan. L'Empereur s'y refusa d'abord, et déclara qu'il ferait sa retraite avec les deux divisions du 1" corps. Plus tard, il se ravisa et rentra dans Sedan par le chemin de fer.

Pendant ce temps, voici ce qui s'était passé aux 5" et 7' corps qui avaient également reçu l'ordre de passer la Meuse, mais éprouveront pour exécuter cet ordre plus dedilïkultés que le 1". Le 7' corps, parti d'Oches au point du jour, devait se porter par Stonne sur Villers, où un pont de bateaux avait été établi. L'ennemi, qui le suivait de près, le canonna à grande distance, mais sans résultat. Arrivé à Raucourt, le générai Douay craignit sans doute d'être attaqué sur sa droite, et de ne plus trouver le passage de Villers libre: en conséquence il obliqua sur la gauche et se porta à ïiumilly, où son corps d'armée passa la Meuse à la suite du 1" corps, passage qui ne commença qu'à dix lioures du soir et dura toute la nuit. La crue de la rivière ayant augmenté, le bac qui servait de pont était à moitié submergé; de grands feux allumés pouf éclairer cette opération dangereuse donnaient à cette scène un caractère étrange et sinistre. Dans le but d'accélérer le mouvement, le générai Douay fit passer par Sedan une partie de ses trou' pes, et, après avoir rallié non sans peine son corps d'armée, l'établit dans les prairies qui bordent la rive droite de la Meuse au Nord -Ouest de la place.

Le 5' corps, qui n'était arrivé que dans la matinée du 30 devant Seau mou t. s'était installé au bivouac, quand vers midi il fut surpris par une brusque attaque de l'ennemi qui jeta dans le camp la plus grande perturbation. Les troupes, après avoir tenu téte pendant quelque temps, se retirèrent abandonnant leurcampemont et leurs bagages, et traversèrent la Meuse en désordre, partie par le pont de Mousson, partie à la nage, sous les yeux et sous la protection du 12' corps qui avait pris position sur les hauteurs de la rive droite. Le maréchal commandant en

chef témoin Je cette déroute fit passer quelques troupes du 12" corps sur la rive gauche pour soutenir la retraite du général dvFailly :mais ne se souciant pusd' engager une bâtai IL: générale rl;ins ces conditions avec la

Meuse à des, il maintint le gros do ses forces sur la rive droite et refusa, sans doute pour ce motif, l'offre

fit filer eu arrière les bagages et les services administratifs dans la direction et au Nord (le Sedan avec ordre de s'arrêter à Illy. L'intendant du corps d'armée devait faire tous ses Hibrts pont' prépaRT quelques vivres sur ce point. En même temps il donna ses ordres pour la journée du lendemain et la direction à suivre par les colonnes. Los 2'' et -V divisions devaient se portur de Carignan but Illy par une route qui serpente à travers les hauteurs et traverse les villages d'Osnes, Mézincourt, Escombes, Franeheva] et Villers-Cernay. La division de cavalerie du 1" corps devait couvrir le flanc gauche de la colonne et marcher à mi-côte entre la grande route et la route des hauteurs. Le parc et les bagages avaient été mis en mouvement avant le jour par la grande route.

La division de cavalerie; Marinent le, qui formait l'avant- garde de l'année en marche sur Montmédy, se trouvait en avant de IJlngny et sur la rive gauche du Chiers. Le général Ducrot invita le général Marguerite à repasser sur la rive droite où sa division se trouverait moins en l'air, et à se joindre à lui le lendemain matin pour marcher dans la direction d 'Illy par la mémo route que suivrait la division de cavalerie du 1" corps. Le général Marguerittc se conforma aux indications que lui donnait le général

Du D-, Go

commandant le 1" corps et exécuta le lendemain son mouvement en conséquence.

Lo lendemain matin, an lever du jour, le fïénéral Ducrot prit ses dispositions pour assurer sa marche sur Sedan, dispositions d'autant plus né •: os sa ires qu'une partio du 5" corps, en pleine débandade., s'était jetée do jLouïoii sur Carignuii etobstmait la route. 11 établit dont: plusieurs bataillons sur le mamelon qui domino Carignun, et ot.ujea quelques batteries de 12 et do mitrailleuses sur les lianes do lu montagne. Mais c'est à peine si quelques éelaiieurs se montrèrent dans lo lointain, et au bout do plusieurs heures d'attente, le généra.! huc.rot se décida à se retirer en faisant savoir au maréchal eommuiuhint eu ohoC qu'il dirigeait ses troupes sur Illy.

Le mouvement commença par la T division et fut suivi par la 4". l'n mémo temps, lo général commandant le 1" corps envoyait prévenir les deux divisions restées à Douzy d'avoir à se porter sur Franehoval. oil elles rejoindraient le corps d'année. Mais avant mémo que cet ordre ne leur parvînt, les officiers généraux commandant ces divisions avaient reçu directement du maréelial, à son passade à [iouzy, l'ordre d'aller prendre position sur les hauteurs qui entourent Sedan. Vers midi, le général Ducrot arrivait à Franclieval précédant ses deux colonnes d'infanterie et de cavalerie dont les létes eouimeu paient à paraître. Le village de Francheval était obstrué par les bagnes ot les pares des 5' et 12' corps qui, caaounés à distai.ee par l'ennemi, avaient quitté en désordre la route di la vallée pour se jeter à droite sur tes hauteurs.

A ce moi. ont le 12" corps, qui était parti de Mouzdn le mutin et avait traversé le Obiers àDouzy, livrait

un combat à Bazeillcs et engageait avec les Bavarois refoulés sur la rive gauche de la Meuse une canonnade qui durait jusqu'au soir. Plusieurs des batteries de réserve du 1" corps, qui étaient arrivées a Douzy dans la matinée, s'étaient portées au galop en avant et prenaient unir part active à eut engagement.

Mais pendant qui; le V2' corps était ainsi occupé à Baxoilles, lu passade du ('hiers n'était ]ias défendu à Duuzy dont, le pont n'avait pas été eonpé, et le général Ducrot, en arrivant à Frandicval et en se portant sur les hauteurs qui bordent la plaine, put voir les têtes de colonne ennemies, suivant la grande route de Mouzon, aborder Douzy, et effectuer le passage de la rivière sans ditliculté. Peut-être doit-on regretter que les deux divisions d'infanterie du 1" corps qui occupaient ce point en aient été retirées ; soutenues par le reste ilu corps d'armée qui ne devait pas tarder à arriver, elles auraient pu .«'opposer nu passage du Cliiers pendant que le 12 corps reprenait et gardait le pont du chemin de fer à Pareilles; et si le 7' corps, malheureusement trop fatigué s .in s doute pour le faire, avait pu se porter sur Donehery et en défendre le passage, la bataille eut été livrée probablement dans dos conditions moins désavantageuses qu'elle ne devait l'être le lendemain. Mais il ne faut pas perdre de vue que la critique est rendue singulièrement facile par la connaissance acquise après coup des positions et des mouvements de i'ennemi, ot l'on doit tenir compte de l'état de désorganisation dans lequel, à la suite des combats malheureux de la veille ot de l'avant- veille, se trouvait une partie de l'armée, considération qui dut porter le commandant en chef à grouper toutes ses troupes de manière à leur donner par la cohésion une puissance de résistance que dis-

DigiiizM b/Go<

séminées elles n'eussent pas présentée à un égal degré. — Le généra! Ducrot dut se borner à prendre les dispositions nécessaires pour opérer son mouvement sur Illy sansôtruinqutété;àcet effet il disposa successivement en échelons sur des points dominants quelques batteries et quelques bataillons ilo soutien; mais l'ennemi se contenta d'envoyer plusieurs détachements de uhlans observer nos uilonues à distance et s'abstint d'attaquer.

Sur ces entrefaites, le maréchal commandant en chef, qui s'était décidé à réunir l'année entière autour do Sedan et qui venait (l'apprendre que le 1" corps se dirigeait sur Illy, adressait au général DucroL un ordre qui lui était remis vers cinq heures du soir par le lieutenant-colonel Broyé à proximité du village de Givonne, et qui lui enjuignail d'aller s'établir entre Balati et Babilles. Conformément à cet ordre, le général interrompit à regret sa marche sur Illy et se porta sur les hauteurs qui dominent le village de Givonne. Lo chef d'état- maj or général du 1" corps envoyé auprès du maréchal pour recevoir des instructions concernant les emplai'umeiils à occuper, revint rapportant l'ordre d<; s'établir, non pas entre Halan et Bazeilles, positions qu'occupait déjà le '12' corps, mais au-dessus du village de Daigny, de manière à relier lo \T corps aux deus divisions Wolf et Lhériiler établies depuis le matin au-dessus de Givonne. • La marche de cette journée, laite par des chemins étroits et en s' entourant de précautions militaires indispensables pour couvrir les longues colonnes de voitures qui encombraient toutes les routes, s'exécuta lentement, et il était nuit quand 1rs troupes arrivèrent au bivouac assigné. Le général commandant le 1" corps avait prescrit de faire distribuer aux

troupes doiihlc ration do viande, et comme les champs dans lesquels elle- rampaient étaient couverts d'abondantes plantations de légumes, lu soupe fut faite dans de bonnes conditions. Toutefois, les derniers corps arrivèrent sur leurs emplacements seulement à onze heures du soir et ne purent recevoir aucune distribution, notamment la -V division qui formait J'arrièregardo et dont le troupeau s'égara dans l'obscurité.

Le général consacra une partie de la nuit à étudier remplacement occupé par ses troupes, et à donner ses ordres en prévision de la journée du lendemain ; puis il passa au bivouac du 1" zouaves les quelques heures qui le séparaient du jour.

Les autres corps d'année étaient disposés comme il suit : le 12" s'étendait de Bakn et Bazeilles à la route de Givonne, et se reliait par sa gauche au 1" corps. Le T avait pris position au Nord du Sedan, entre les routes de Floiuget d'IIIy. Le .V, tros-ébranlé par les combats des jours précédents, occupait la grande redoute en terre qui s'adosse aux fortifications de la place.

II était à peine 5 heures du matin quand la fusil- 6r..B.taUi e do Jade s'engagea au milieu d'un brouillard épais du SelUn - côté de Razeilles. Le 1" corps prit rapidement les armes et s'établit sur ses positions de combat. Les troupes étaient disposées comme il suit : la 2' division avait une brigade à droite du chemin creux de Givonne et une brigade eu arrière en réserve. La V division était toute entière à gauche de ce chemin, sur

liant par sa droite à fa 4' division, et refusant sa gauche pour se relier au T corps; la 3' division en arrière de la 1". Cette division avait perdu, dans la

journée du 30, aon artillerie divisionnaire, qui, par suite d'ordres mal compris. gagna Mé;dèi-es. Vers six heures du matin, elle su trouva réduite à sa seconde brigade, la première ayant reçu l'ordre de se porter à Balau, en soutien de l'infanterie de marine avec laquelle elle combattit toute la journée.

Vu le défaut d'espace, les bataillons étaient généralement formé-; eu colonne à demi -distance. Des lignes serrées de tirailleurs, dissimulées derrière les baies, les murs et les accidents do terrain, garnissaient le bord du ravin. Les hattorics étaient placées dans les intervalles, là où elles pouvaient le mieux battre le terrain en avant, et protégées par des opaulements eu terre: la cavalerie, en arrière et à droite des positions du !" corps, dans des plis de terrain, à l'uxcepîiou de la brigule de Septeuil qui, retenue le 30 à Hemilly, par le général commandant la 3" division, bivou.iijii.: à quelque distance et ne rejoignit sa division que plus tard. Dans le courant de la journée, cette même brigade, accompagnée de la batterie d'artillerie ;'i clloval, qui avait été altacliéen lu division de cavalerie, gagna sans encombre la Belgique, on suivant lo ravin de Givonne et échappa au désastre.

L'action ne s'engagea guère pour le 1" corps qu'à six heures du matin. En avant des positions occupées par la droite du 1" corps s'étendait un mamelon couvert en partie par un bois qui porte lo nom de bois Chevalier.- Le général Ducrot jui;ca utile d'occuper ce point, y détacha tout d'abord un bataillon du 3* tirailleurs qui se trouvait eu gruud'gardt! près de Givonne, et envoya lo général de Lart.iguc avec la 1" brigade de sa division prendre position à droite du bois. Mais pendant que le 12" corps luttait sur la droite contre les deux corps d'armée bavarois, lo 1" corps

allait sivoir contre lui le 12' corps (saxon) et le corps de la garde qui avaient en partie opéré le passade du Chiers la veille, soit à Douzy, soit aux environs deCarignan, ci qui s'.ivan paient eu s'étendant du la Moncelle à Villers-Cernay. Les troupes du général de Lartigue en arrivant sur le- plateau île la Moncelle trouvaient déjà le bt> irf Ciicvalier occupé par les Saxons ; attaquées par des forces supérieures elles étaient, après une vigoureuse résistance, obligées de se retirer sur Riigny, nu elles se main tenaient énergiquement une partie de la journée. Le général do Lardait In Ijri^iiie (iiiiiii^éi;, ('(aient tous trois grièvement blessés.

Sur ces entrefaites, le général Duerot était prévenu que le maréchal de Mac-Mahon, ayant reçu une blessure grave qui l'obligeait à quitter le champ de bataille, lui remettait le commandement de l'armée. Il était environ sept beui'es du matin. Le général venait de recevoir deux billets, l'un du commandant d'un bataillon Ue ifoinives détaché de l'antre cûié du ravin, l'autre du maire de Villers-Ornay. lui taisant savoir que l'ennemi opérait un vaste mouvement tournant sur notre gauche et l'informant que de nombreuses colonnes prussiennes passaient à l' i aneheval et à Vil- !ers-Cernay. Éclairé par ces communications sur l'intention de nos adversaires d'envelopper entièreposition, en effet, appuyée à gauche sur le ravin de Givonne, que bordent de l'autre coté des bois trèstoulfus, et à droite sur la Meuse et la place de Sedan,

domine en outra le reste du plateau et est protégée sur son front par uno sorte de monticule que l'on nomme le calvaire d'Illy, et qui, armé d'une quantité convenable d'artillerie, eût pu former un contre puissant de résistance. Le général Ducrot pensait que dans les conditions où la bataille se présentait, la victoire n'était pas à espérer, nuiis que la retraite pouvait encore s'effectuer en forçant, les lignes ennemies là où elles devait!!] t présenter le moins de résistance. Se retiret' sur Carignan était impassible; de ce côté, où l'ennemi avait franchi eu 'grandes forées la Meuse et le Chiers. nulle ligne d'appui à espérer; et eut-on percé les lignes allemandes, il fallait faire opérer à l'armée, en présence d'un ennemi exalté par le succès, une interminable marche de flanc qui n'eût abouti qu'à une destruction totale de nos troupes. Mais du côté du Nord, il n'en était pas do morne. De ce coté, en effet, l'ennemi ne pouvait franchir la Meuse qu'à Donehery, point éloigné du champ de bataille; ï! avait une longue marche à fournir pour contourner le coude que l'ait la Meuse en cet endroit;

■' i.i- |. in j .urii.V ■■ri'1-t.tii

supposer, ce qui était exact, qu'il n'était pas encore entré on ligne. Dos lors, il était permis d'espérer que tandis qu'une partie île I armée s'établirait fortement sur le plateau d'Illy, contiendrait sur ce point les troupes venues par Bazeilles et Douzy, et serait aidée en cela par le feu do la place, le reste de l'armée, se portant par la route de Saint-Mcnges à Mézières, bousculerait au besoin les colonnes ennemies venues de Donehery et séparées du gros de l'armée allemande par la Meuse, et atteindrait sans grandes difficultés Mézières, ayant son flanc gauche constamment protégé par la rivière. En admettant que la route

qu'on l'apprit plus tard, les premières troupes all< maurles qui se portèrent sur lu champ ch bataille i coiiijuiwiii.'ul suulL'iuuiit dubaLtorios ■ l'ail Nlcnu csco

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t pas compte des

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envoyait lu capitaine Guzman, un de ses officiers d'ordonnance, lui en demander r<-\[)! iiMl inn. Le général de Wimpffon , qui savait depuis huit heures que lu maréchal de Mac-Mahon était hors de combat, attend i! jusqu'à neuf heures pour réclamer le commandement, et en prévint le généra! Duerot par un billet qu'il lui adressa.

Le premier acte du nouveau commandant eti chef fut d'arrêter les dispositions prises par sun prédécesseur et de prescrire de se maintenir dans les positions du malin. L'événement démontra à quel point l'espoir nourri par le général de Wimpfl'en de prolingcr la résistance dans de pareilles conditions était peu fondé. Le mouvement tournant de l'ennemi sur nos deux aï lus s'accentuait de pins en pins : pendant que sur la droite ie 12' corps saxon et la garde s'étendaient jusqu'à La Chapelle, à partir de dix heures du matin les colonnes prussiennes débouchaient de Saint- Menées et s'avançaient vers Illy. Vers midi, le général Duerot envoyait un ol'licicr de sou ét. lî- major reconnaît ce si le 7' corps occupait solidement le calvaire d'Uly. Cet officier, en arrivant en avant du Lois de la Garenne, trouva les positions abandonnées; deux batlufi' S qui s'étaient établies prés d'un bouquet de bois, en face d'Illy, venaient d'être démontées en quelques minutes. Ou voyait les colonnes ennemies continuer tranquillement haïr mouvement circulaire et, arrivées à. l'emplacement, voulu, ouvrir lu feu à la fois de plusieurs batteries. Peu après, à trois heures, suivant le rapport allemand, les troupes venant d'Illy faisaient leur jonction avec celles venant de La Chapelle. L'armée française était complètement entourée; la bataille était perdue.

L'infanterie du 1" corps n'avait été sérieusement

engagée que le matin, et sur quelques points; l'ennemi, profitant de la supériorité tic son artillerie, comme nombre et comme portée, se contentait de faire pleuvoir à distance sur nos positions une quantité considérable de projectiles. De l'autre côté delà Meuse, les hauteurs de Remilly à Vadelincourt étaient garnies île batteries à longue portée qui prenaient nos lignes à revers. L'effet de ce tir convergent, auquel nos batteries se trouvaient impuissantes à répondre, était démoralisant au dernier point pour le soldat qui voyait arriver des obus de tous les points de l'horizon. Déjà avant trois heures la relraile commença, et !cs troupes, cherchant instinctivement un abri et croyant le trouver derrière les murs de la place, se jetèrent dans Sedan par toutes les routes. Deux efforts suprêmes devaient être tentés à ce dernier moment aux deux extrémités do la ligne pour faire une trouée. Au Sud, le général de Wimpffen veut percer les lignes ennemies dans la directiondeCarignan.il lance, sur la roule do Hazcilles, une partie du 12" corps et U brigade Carteret du 1" corps qui, depuis le malin, combattait vaillamment à cété de l'infanterie du marine. Mais, au bout de 200 mètres à peine, les troupes sont arrêtées dans leur marche désespérée et forcées de se rejeter

sions, et réunit linéiques batteries en avant du bois de la Garenne. La 2* division arrive; quant à la 3", la seule brig.ide dont elle se compose est entraînée par le mouvement de retraite des troupes voisines, et ii est impossible do la réunir. ï,e général Duc-rot fait ouvrir le feu de ses batteries, puis, mettant l'épée à la

dans la place. Au Nord, le général D Satot-Menges; il envoie chercher la

main essaye d'entraîner à la charge les quelques bataillons groupes autour de lui. L'intensité du feu de l'ennemi déjoue cette tentative. Des colonnes d'infanterie, précédées dénombrons tirailleurs, s'avancent à leur tour contre notre dernier centre de résistance; le général Duerot réunit pour les arrêter quelques escadrons de la division Margueritto et de la division de Selignae-Féiielon. Cette cavalerie charge avec la plus grande énergie et laisse un grand nombre des

la division Margueritte dont le général de Galiffet se trouvait, alors avoir le commandement, lu général Tillard ayant été tué et le général Margutritte mortellement blessé. Ce dernier effort accompli, il ne restait plus au général commandant le 1" corps, sans troupes autour de lui el sans ordres, qu'à rentrer dans la place où l'armée s'étuit déjà jetée, et sur les murs de laquelle, peu d'instants avant, le drapeau blanc venait d'être arboré.

Le!" corps eut environ dans celte journée funeste, sur un effectif approximatif de 942 officiers et 29,827 hommes de troupe de toutes armes, 218 officiers et 10,737 hommes signalés comme tués, blessés ou disparus.

Il eut, en comprenant les divisions de cavalerie qui répondirent à l'appel du général Duerot, 7 généraux hors du combat, les généraux di; l.urtigues, commandant la 4' division, Wolf, commandant la 1", les généraux de brigade Fraboulet de Kcriéadee, Carteret, le général Margueritte, le général Tillard, le général de Salignac-Fénelon et l'intendant du 2' corps, M. de béganville.

lororà l'invitation qui nmis est adressée par lo chef énergique sous lequel nous avions alois l'honneur de servi]', nous pousserons jusqu'au bout cette triste narration et non? ajouterons aux pages douloureuses qui précèdent d'autres pages plus douloureuses encore. Du reste, ce récit peut porter en lui mi utile enseignement, et le souvenir de nus soullrances et de nos humiliations, quelque pénible qu'il puisse être, doit être conservé avec d'autant plus de soin, peutêtre, que le nombre de ceux qui seraient portés à les oublier est plus élevé.

place sur laquelle tombait une pluie de projectiles qui, éclatant au-dessus de ces rues pleines de mande, y faisaient de nombreuses victimes. L'Empereur ayant jugé lu résistance impossible, et désireux de

blanc. Le général Reille fut envoyé par lui en parlementaire au i|ii.,rl i:T-:é' ér:il :d l.'iuani 1 |iii!ir dciuan-

der un armistice, pendant que des officiers étaient lancés dans toutes les directions pour faire cesser le fou sur les remparts et sur les rares points où la lutte

se prolongeait. Çà et là eu ell'ei, qnel.|ues groapes de combattants, embusqués derrière des murs et des haies, brûlaient leurs dernières cartouches contra l'ennemi dont le cercle allait se ressemait de plus on plus et ne devait s'arrêter qu'aux [telles mêmes de la ville. Le soir, le général de Wimpft'oti, après avoir offert à l'Empereur sa démission qui ne fut pas acceptée, partait à son tour pour le quarlicr-général prussien pour discuter les conditions do la capitulation.

Lo lendemain matin, l'Empereur se rendait au quartier général du roi Guillaume, annonçant qu'il allait faire ses efforts pour obtenir des adoucissements au sort de l'armée.

Pendant ce temps, conformément aux ordres don-

jors essuyaient de rétablir un peu d'ordre 'dans la place qui présentait l'image de la confusion la plus grande. Les corps d'armée, les troupes de toutes armes, étaienteoufoudus dans un pèle-nicle sans nom. Un quartier de la ville fut assigné à cliaque corps d'armée. Le 1" corps devait occuper le quartier Nord, les troupes d'infanteries massées de préférence sur les remparts, les voitures d'artillerie dans les rues, le long des trottoirs, la cavalerie dans Je faubourg de Torcy. Une ration de vivres fut distribuée aux troupes, ainsi qu'une somme de 50 centimes par soldat et de 1 franc par sous-oflieier, afin île suppléer au manque de vivres qui pourrait se produire. L'ordre était donné en même temps de convoquer tous les généraux de corps d'armée et de division à l'effet de prendre connaissance des conditions de la capitulation offerte, et de juger s'il y avait lieu de les accepter. Vu l'impossibilité de' retrouver tous les généraux,

un certain nombre d'outre eux n'assistèrent pas à la En présence du manque absolu de vivres, de

de pareilles conditions, la capitulation no pouvait être évitée. Deux voix seulement, celles de MM. les w4 généraux Pelle et Carré de Bellemare, du -1" corps,

s'élevèrent pour soulever la question de la résistance et demander s il n'était pas préférable d'essayer de se frayer un passage à main armée ; mais, sur la peinture exacte qui leur fut faite de la situation par plusieurs membres du conseil, sur les objections qui leur furent posées, résultant surtout de l'absence des vivres, de l'impossibilité de sortir de la ville pour se déployer, et de celle plus grande encore do s'y défendre, ils s'inclinèrent eux aussi devant la cruelle nécessité de se soumettre et signèrent également le ■ procès-verbal de la délibération qui fut rédigé. Le feu devait être ouvert à neuf heures contrôla place en cas de non acceptation de la capitulation. Un peu avant cette heure, la réponse aflîrmalive était portée au quartier général du roi parle général de Wimpffen.

Il revint rapportant le protocole qu'il venait de signer. Grande et douloureuse fut notre surprise envoyant que, sous prétexte de connaître la bravoure de l'année française, on offrait aux officiers qui s'engageraient par serment à ne plus prendre part à la guerre et à no rien faire de contraire aux intérêts de l'Allemagne, de rentrer dans leurs fovers avec armes ri bagngo (!}; offre injurieuse,

[Il 11 n'aiûil pas file question i'<! rrltc slipiihlion dans les condi- I trns tniiniéi-Éc* [n r I'- (fuirai il.ï Wirti|.(r.-ii ni [iriii'iiei! du colllfil de guerri! réuni du us lu matinée du 2. Elle fui mlioiluile Ion de In

contraire à nos règlements, qui interdisent en cas de capitulation forcée de séparer le sort des officiers de celui de la troupe, et qui eût dû être rejetéc avec indignation. Ajoutons que le nombre des officiers qui profitèrent de cette offre, quoique trop élevé encore, fut néanmoins très- restreint.

Tout était consommé. Il ne nous restait plus qu'a attendre et exécuter les ordres qu'il plairait au vainqueur de nous imposer, et à accepter les souffrances et les humiliations par lesquelles nous devions avoir à passer.

L'infanterie reçut l'ordre de déposer les armes sur les emplacements qu'elle occupait dans la ville. L'artillerie avait à conduire son matériel sur la rive gauche de la Meuse en avant de Glaires. Chaque corps devait sortir successivement de la place sans armes et se rendre dans une sorte de presqu'île que iorme un coude très-accentué de la Meuse au Nord-Ouest de Sedan et qui est fermée à sa gorge par un canal qu'un seul pont traverse au village de Glaires. C'estdans cet espace étroit, ilét.mnpé pur des pluies abondantes qui cù'iimeiicùivir. lu '■) ^iptutribrc. et dun'ii'ciit plusieurs jours sans interruption, que 70,000 hommes devaient être détenus pendant près de dix jours dans la houe, sans abri, sans vivres, ayant ;i peu près pour toute ressource les pommes de terre qu'ils trouvaient dans les

si'courîi! niTir.'nirKT: lui quartier BNiiL-rn] prussien, rimrfircnco A la suite de laquelle le général de Wiinpffcn signa lu capitulation. El comme le ilil le eoniiiiatiikiit Corbin, grande cl ùoulaurisuse lut noire snrpri-e en vovanl cellis danse tout A fait imprime, si contraire à nos sonlimcnls cl i l'esprit île nos règlement» militaires. 11 n'y eut qu'un cri parmi les officiers genéraus commandant les corps d'urmti: pour |,rr, I .: : (cr, i/o n i : L ]i-<rul i-lollucr r. . r t lit peu tj] du Uimpf- Itai; il crojail a> >ir ubli'im un siipurbi! résiliât e'i ne comprenait pie du lout nos scrupules. ( Y.,,'e ifcr iji-ncrul Ducrol).

champs ef qui forent rapidement épuisées. Le 1" corps commença ce triste mouvement et sortit de Sedan le 3 septembre dans l'après-midi par un orage épouvantable. Spcdarle à jamais lamentable! Conduits par leurs officiers, dont ils devaient peu de jours après être séparés, nos infortunés soldats" déniaient la tristesse au front sur les glacis de la place. Pour ajouter à notre honte, quelques misérables qui avaient pillé des boutiques dans la ville ou défoncé des lanneaux de l'.adniinist 'ation, venaient rouler ivres-morts dans la fange, aux pieds de nos vainqueurs.

Le général Ducrot se rendit à Donchéry auprès du Prince royal, lui demander que des distributions de vivres fussent faites aux troupes en quantité suffisante et tacher d'obtenir divers adoucissements à la pust-

s'entretenir avec le général de l'IiïmeiHhal , chef d'état-major général du Prince et de se convaincre à quel point l'exécution de son plan d'occupation de la redoutable positinii iTIJly était l'aeilc dans la matinée du 1" septembre et eût pu modifier avantageusement le funeste résultat de cette journée,

A. la suite de cette entrevue, îe général Ducrot rejoignit ses soldats dans la pnvqu'ile de Glaires et s'installa dans une petite maison près du pont du canal. Le général commandant eu chef de WimplFen était parti avec son étal-major pour Sl.ult^ard;, abandonnant à elle-même ce qui avait été l'armée de Chiliens. Les services étaient désorganisés, les étatsmajors dispo sés, les fonctionnaires de l'intendance disparus. Le général Ducrot s'imposa la pénible tâche de soulager autant qu'il serait en son pouvoir les soulTrances des soldats. Par ses ordres, des chevaux furent abattus pour lu nourriture des troupes; des

officiers furent choisis dans chaque division pour faire fonction d'intendants (1). Quelques têtes de bétail, des voitures de vivres en petite quantité ayant été envoyées par l'administration allemande, il en fit faire par son état-major, qui était resté tout entier groupé autour de lui, la répartition entre les débris des déférents corps de l'armée, d'une manière aussi équitable que possible. Enfin, il s'occupa de réunir les situations dVITectif nécessaires, de manière à faciliter et hâter l'évacuation des prisonniers Lors de cette presqu'île malsaine, sur laquelle le* maladies se multipliaient avec une effrayante rapidité.

L'évacuation commença le 5; elle ne devait se terminer que le 1 V septembre. Les prisonniers étaient formés par convois de 2,000 hommes et mis en marche surPont-à-Mousson, sous la conduite de quelques compagnies d'infanterie bavaroise. Les officiers subalternes, réunis par groupes de trois à quatre cents, étaient traités comme la troupe, parqués chaque nuit dans une prairie ou dans un champ, sans abri, sans couverture, après avoir reçu une nourriture insuffisante, et malmenés parfois par leur escorte, de la manière la plus odieuse.

Le général I lucrot annonça son intention de s'employer jusqu'au dernier jour à s'occuper du sort de la troupe, à main teni d'ordre et à diriger les distributions.

((] Ces officiers, qui ri'-l,Ti'ii: j:is<]n'ii:i dernier jour et servirent après le départ lin j:,'î:h't.-i[ Uni ml d'hUcrmédiairc (Dire l'armée pii- Ênuiiiereel les annuités nlle-rn:ideF, r. nijiliiTTil relie ; n'- : i Hi niii.iirjii avec le plus tonn M.^ .1 l> . omi rn-nl . Leurs nnms iluivi'jil êlre rrpmdiiils Ici : ce mol MM. de Serre,, arpiuûne au W* de ligue ; Ducosso, capitaine d'artillerie, Leljl.mc. eapJlaine du ^tine, d'Oreel, eapilaine su i" cuirassera, cl l.et,rt r Ik-n !>■ n^n [ du .e,éuie, .M, de M.isin, capitaine du 1" régiment de cuirnssiers, smljui^tiil lulunlaireinent nu\ officiera dont les noms précèdent.

En conséquence, il demanda à l' état-major bavarois, auquel lagarde de l'armée prisonnière avait été laissée, l'autorisation de rester à Glaires le dernier, jusqu'au départ du dernier soldat français. Sa demande ne fut pas accueillie, et cette triste faveur lui fut refusée. Il reçut l'ordre de partir, le 7, pour Pont-à-Mousson. Le Roi avait décidé que les officiers généraux et supérieurs seraient autorisés à se rendre librement et sur parole dans cette ville, où ils devaient être mis en chemin de fer, et de là dirigés sur l'Allemagne. Forcés d'obéir aux ordres reçus, le général et son état-major signèrent une pièce dans laquelle ils s'engageaieut sur l'honneur à être rendus à Pont-à- Mousson le H, à onze heures du matin, et à s'y présenter aux autorités allemandes avec l'ordre de route qui leur était délivré. Partis de Glaires le 7, dans l'après-midi, ils entraient dans Pont-à- Mousson au jour dit et à l'heure indiquée. Le général envoya un de ses officiers d'ordonnance prévenir le commandant de place allemand de sonanïvée et de celle deses officiers, lui remettre la feuille de route dont il était porteur, et lui demander ses instructions. Le commandant de place prit acte de leur arrivée et leur fit enjoindre de se trouver à la gare du chemin de fer, à deux heures. Un peu avant cette heure, le général, en tenue, se trouvait dans l'intérieur de la gare, qui était gardée extérieurement par une compagnie de linvarois, les armes chargées. IJinsufïïsauce de wagons ayant rotardé le départ du train, le général, après avoir longtemps attendu, estimant qu'il avait largement rempli ses promesses et ayant la conscience d'avoir tenu jusqu'au bout sa parole d'honneur, se glissa inaperçu hors de la gare, revêtit un déguisement et réussit à sortir do Pont-à- Mo us son, d'où il put gagner Paris et pénétrer

dans cette dernière ville, au moment où elie allait être investie.

Itmr tsi rmijjfl pour La ie n'écnrlc iei i-uliiinira.

Lî« aniàen licTn-nl Inirn <,i,.-ir .-L Liininr.Niir [,i ,1,., ij.linx, lujnie pur ]<u

lïH^VH-llri 11'- l*]u:- h'iIlY-mn^. Ll: ^.'lUTill .liiniIlKLlI.IlL]! 1 . k' 1 er 00?].. k'S ...livre

Ordre rft miminniHil n» t. (J(i(rofl»0 Avertit, niwttl il'! Saiiit-Ililiiire-le-Pelï', S] noil !S;o. Ls I*' Ûïr|i3 rrjlLtil]i!i t;l iji'riiriiij >,| nviri ljL 1 m iiv.inl. ji.isilioii:. .;n il wfuimi seul l.-' villnucs hI.1i JiiNiiilli>, nii r.urt i-L Vilk-sur-llistuim»-. I*s3"ctit divisions 11 [tjcr™ Jartillurii; itiiul s'diiljur ;i Jiiinvilit

Tih'i- .!r-^ ..fliiiil- .-.m.- < M i iili.in. 11-.- VLLl.mr^ .1.' ] ."■ . i i n i -illiiii ,

- Irisnr, frr.nn ilirijîfs viir Vimr.|. ilunl le .(.l.iiu-1 ,1c D-t]j>'iiian< il le

■■jl:|li.l!1.;il:ii'Li1 i- il J i i ! |- l>- i:ib] i L]ta. iiiii'i 4 1 il ' ! I' 1 - n-. ■l.p]^.-

■l.pnl hhk [JL <Mr.'.'(f.i:L .I'lIlI ■ - ri i ■ - i ■ - ■- ji.il '-■il|i-. -hl'int ililiLT.:- -m' .MnlllL!..H

Extrait des notes du colonel Robert, chef d'état-major gênerai du i' r corps d'année.

QucIihim itt-

Dès le 30 :iq soir, après le liéjmrl île l'Kiupereur, à dont* do la l'ordre avait été donné au chef de la gare <k- l'arignan ^ u ^« de faire diriger pendant la nuit surSedan les muni- ^ ^ jou™*' tions et les approvisionnements de vivres qui avaient été concentrés sur ce point en vue du mouvement projeté de l'armée dans 1» direction de Montmédy. Les munitions purent être expédiées dans la nuit et arrivèrent à Sedan. Quant aux autivs approvisionnements, il y eut impossibilité de les mettre en route, parce qu'au moment où ce transport pouvait commencer après celui dus niLiiniions du guerre, le chef de gare fut averti que la voie se trouvait interceptée par l'ennemi il Pontmangy, à trois kilomètres environ de Sedan.

Au moment où, vers huit heures du matin, le 31 août, le 1" corps acheva de quitter Carlgnan, conformément à l'avis envoyé par le général Ducrot au maréchal, le chef d'état-major se rendit à la gare du chemin île 1er pour s'enquérir de l'étutdes choses, et, d'après les instructions du général commandant le i" corps, il requit par écrit le chef de gare de dé-

ti'uire par tous les moyens possibles, afin d'empêcher l'ennemi de s'en servir, la voie ferrée, les moyens de transport et les approvisionnements qui se trouvaient dans cette gare ou à proximité. Une compagnie d'infanterie de service sur ce point reçut du chef d'étatmajor l'ordre de concourir à cette opération, dont l'exécution fut sur-le-champ commencée et fut poursuivie jusqu'au moment de l'arrivée des têtes de colonne prussiennes.

L'ordre avait été donné au génie du corps d'armée de faire sauter le pont de Blangy, à un kilomètre en amont de Carignan, et même le pont de Carignan (sur le Chiors) ; mais cette opération ne put être exécutée : la puuiliv nécessaire manquait.

Les payeurs du corps d'armée avaient ét< ; rigidement invités à se retirer sur Sedan ; ils y arrivèrent sans encombre dans la nuit du ;)0 au 31

aairét duSi. Le 31, vers quatre heures de l'après-midi, le général Ducrot, en marche avec ses troupes sur Illy, suivant l'avis envoyé le matin au maréchal, se trouvait de sa personne entre Vi 11ers- Ce rnay et Givonne, lorsqu'il reçut du maréchal commandant en chef, par l'intermédiaire du lieutenant-colonel Broyé, aide de camp du maréchal, l'urdi-e écrit de ne pas continuer sa marche sur Illy, de se rabattre au contraire vers Sedan, en allant prendre position entre Dalan et Bazeilles, et d'envoyer au surplus son chef d'état-major pour recevoir des instructions au sujet de l'emplacement à occuper.

A la suite d'une première reconnaissance rapide du terrain, et des positions déjà occupées par les 1" et 3' divisions faite en compagnie du lieutenant-colonel Broyé, le colonel Robert se rendit chez le maréchal

commandant en chef où ilreçutde nouvelles instructions; eiles furent très -sommaires, le maréchal étant fort occupé et elles ne continrent aucun avis au sujet de !a probabilité d'une bataille pour le londe-

Mais le général Lebrun étant survenu sur ces entrefaites, compléta par des indications plus détaillées les renseignements nécessaires au cher d'état-major. Il résulta de cette conférence et des indications reçues auparavant du lieutenant-colonel Broyé, que ce ne fut pas entre Balan et Bazeilles que le 1" corps dut s'établir; Balan, Bazeilles et tout le terrain avoisinant étaient fortement occupés par le \-2' corps qui s'étendait même au Nord jusqu'à la hauleur de la Moncelle. Les positions à prendre pour le 1" corps se trouvaient tout naturellement et très-positivement indiquées sur les hauteurs à l'Ouest de Daigny et de Givonne afin de se relier par la droite au 12" corps, et par !a gauche au 7" corps qui, d'après les renseignements donnés par le général Lebrun, formait la gauche de l'armée et prenait sou bivouac aux environs doFloing entre ce village et Sedan, en s'étendant dans la disection d'Illy. Quant au 5' corps, le général Lebrun indiqua qu'il se trouvait déjà établi en réserve sous les murs de Sedan.

Nos 2" et 4' divisions n'arrivèrent qu'à la nuit tombante; elles furent établies à leur arrivée dans les emplacements qu'elles (lovaient occuper, la 2 r division à gauche de la route de Bouillon, vis-à-vis de Villcrs- Cernay, la V à droite de cette mémo route au-dessus de Daigny. La cavalerie, qui avait d'abord euvahi ces emplacements, prit son bivouac en arrière dans des plis de terrain. Nos ï" et 3' divisions arrivées ot établies au bivouac dans la journée même, demeurèrent

sur les hauteurs vallonées qui dominent le village du Givonne, à l'Est du bois de la Garenne.

Ainsi, l'armée du maréchal se trouvait, lorsqu'elle fut définitivement étahlie dans la soirée du 31, placée sur un grand demi-cercle autour de Sedan, sur la rive droite de la Meuse {dont la rive gauche n'était point occupée par nous et demeurait complètement libre pour l'ennemi). Sedan devenait alors une sorte de réduit centrât, vers lequel devaient converger instinctivement dans la journée du lendemain tous ceux qui, pour une cause ou pour une autre, quitteraient le champde bntailh;; la JUpusitiun de cette place, par rapport aux positions de nos quatre corps, était telle ■que son canon ne pouvait cire 'utili-c. Il en eût été autrement, si au lieu de constitue!' ainsi un réduit central, cette place eût simplement servi de point d'appui à une des ailes de l'armée, et d'obstacle temporaire à la marche do l'ennemi; mais il eût fallu que la place iïil, pnr avance, mise sérieiiscineiilunétat dedëfensi.*. On dit qu'elle avait 108 bouches à feu sur ses remparts et que l'on eût pu disposer de 30 coups par pièce; mais les dispositions de combat étaient loin d'être complètes dans l'armement

Le 31 au soir, le général Lliéiill'.'r /il connaître au général Ducrot qu'il n'avait pas avec lui ses batteries; «lies s'étaient trouvées séparées de la 3" division, soit dans la soirée du 30 au 31, soit dans ia matinée de ce dernier jour. On a su plus tard que ces batteries purent gagner Mégères et de là rentrer à Lyon avec leur matériel: mais les circonstances no leur permirent point de rejoindre leur division, ni de prendre part au combat. Il en fut de môme d'une batterie à cheval de la réserve qui avait été, quelques jours

auparavant, mise à la disposition de la division de cavalerie

Lorsque lu mutin, vers huit heures cL demie, le ntmiut» .in général Ducrot reçut du maréchal hlessé, qu'il ne i" Mptamtre, vit point d'ailleurs, l'ordre de prendre le corninuu- "^''j,',' dément en chef, le nouveau commandant de Farinée ni i)uti>i. eut aussitôt la pensée de reprendre en par tie, autant que cela pouvait se faire alors, les dispositions qu'il avait projetées la veille, en portant le 1" et le 12" corps, par un mouvement en arrière, vers les hauteurs

tournant lesglacis de Sedan, [jour se rallierai! T corps, ou qu'il eût soutenu en se jetant dans la place pour en assurer la défense); il fut un moment arrêté dans l'exécution de ce plan par quelques objections de son chef d'état- major, puis, par des observai ions semblables du général l-ebrun. Le 12" corps, en effet, tenait en cemo-

menttrcs-énei'e.iquen t tète à l'eimemi. à Bazeilles: le

combat, de ce côté, paraissait pouvoir [na nietlredeconserver nos positions : on pouvait supposer, à la rigueur, qu'un effort énergique du 1"' corps dans la direction de l'Est, par Givonne, Daigny et la M on celle, nous Ouvrirait de nouveau La ruuto de Carignari et permettrait de revenir au projet de marche vers Montmédy, abandonné après la défaite du ~f corps à Beaumont et à Mouzon. La retraite éventuelle dans la direction dcMézières, par les buis qui avuisineiit la frontière de Belgique et la rive droite de la Meuse, ne paraissait pas d'ailleurs absolument compromise dès ce moment, et le général Lebrun laisait remarquer combien il était à craindre, avec nds troupes, de voinlégénérer en fuite un mouvement de retraite ordonné aux combattants de notre aile droite.

— vu —

Mais, après de nouvelles réflexions, le général Ducrotse décida à commander sans retard ce mouvement, dans la conviction où il était que l'ennemi, maître du terrain autour de Sedan, au Sud, à l'Est et à l'Ouest, profiterait de sa grande supériorité numérique pour nous envelopper par un double mouvement tournant vers le Nord de manière à fermer surtout la direction de Mézières et à ne nous laisser tout au plus que la route de Bouillon pour nous juter forcément en Belgique. Dans cette hypothèse (qui ne fut que trop justifiée), il lui parut absolument indispensable d'aller occuper Illy le plus tùt et le plus fortement qu'il serait possible, afin de pouvoir arrêter sur ce point et en se portant ensuite vers Saint-Menues et Fleîgneux, conformément au plan projeté dès la veille, le mouvement tournant qui évidemment devait, être tenté par les forces ennemies maîtresses de Donchery. Cette disposition offrait le grand avantage de réunir pour un même effort, vers le point de convergence de ce mouvement, ic T et le!" corps. Quant au 12° corps, ilpouvaiten opérant sa retraite par les hauteurs tailre Sedan et Givonne, forcer l'ennemi qui le poursuivrait àdéfiler sous le canon de la place; lesuni.hilalii.nis du terrain lui permettaient, dans cette direction, de ['rendre successivement de bonnes positions défensives, y compris celles du bois de la Garenne et du calvaire d'Illy; il devait d'ailleurs être soutenu au besoin dans ce mouvement en arriiTo (préparé sous la forme d'une retraite en échelons) par les parties du \'' corps qui seraient arrivées avant lui à la hauteur d'Illy et de FIcigncux, puisque très-certainement, à cette heure encore matinale, la majeure partie du 1" corps aurait marché vers les positions d'Illy, sans coup férir, en n'engageant sérieusement que la 4" division qui luttait déjà

— lis —

en avant de Daigny contre une des divisions du corps saxon.

Le général Lebrun se rendit bientôt aux observations du général Ducrot et ne tarda pas à commencer l'exécution du mouvement dont le nouveau commandant en chef lui démontrait l'opportunité. Des renseignements envoyés par le maire d'une des communes situées au Nord-Est de Sedan faisaient d'ailleurs connaître que des colonnes ennemies se montraient de

Toutes les dispositions nécessaires furent prises alors, et le mouvement vers Tlly commença : le chef d'état-major, après avoir envoyé des avis aux 1", 3" et 4 e divisions et porté lui-même des instructions à la 2r division pour commencer le mouvement par brigade, se disposait, après avoir pris les ordres du général Ducrot, à aller prévenir l'Empereur, pendant que d'autres officiers allaient avertir les 5' et 7* corps, lorsque M. le général de Wimpffen prit à son tour le commandement en chef, arrêta le mouvement do retraite du général Lebrun et ordonna de tenir partout Ljs positions do combat prises le matin. Le billet au crayon adressé à ce sujet par le général do Wimpffen au général Ducrot semblait indiquer une grande confiance dans le résultat de la journée.

Le général Lhériller (3° division) n'avait plus Fin de i» qu'une de ses brigades sous la main, sa première journée du brigade (général C artère t-Tréc ou rti ayant été, dès six M i" îlnbrï ' heures et demie du matin, envoyée comme troupe de soutien au 12° corps, sur la demande du général Lebrun. Il n'avait pas non plus son artillerie, ainsi qu'il a été dit plus haut.

11 avait reçu directement du chef d'état-major l'ordre de se mettre en route avec la brigade qui lui restait, à la suite de la '2' division (général Pelléj, pour aller prendre position à l'Ouest du huis delà Garenne,

La général Pdlé avait lui-même laissé sa i" brigade eu position sur la eréte au dessus du vallon de Givomio, près la grande route, conformément à des ordres reçus au moment où le général de Wimpfîen avait arrêté le mouvement général vers Illy.

Ce fut vers une heure et demie oue le général Pelle

major du 1" corps à l'Ouest du bois de la Garenne, et établi à la droili; dos batteries de la réserve, laissant un certain intervalle entre sa troupe et ces batteries. Ces dernières combattaient alors avec une grande énergie, mais aussi avec dos portes considérables, contre les troupes ennemies qui repoussaient le 7" corps et le rejetaient vers Sedan. L'infanterie du général Pelle prit alors une part trës-active au combat.

Mais la 3' division n'arrivait pas. bien qu'elle eut dû suivre la 2 - dans son périlleux chemin; le chef d'état -major retourna à. sa recherche en prenant la route qu'elle aurait dù suivre, et. no la rencontrant point, poussa ses recherches jusqu'à remplacement qu'elle occupait au moment où l'ordre de marcher lui avait été donné. Cette troupe fut introuvable; elle avait été dispersée sans doute pendant, sa marche, SOUS !e coup de quelque panique, et entraînée dans le mouvement d'un certain nombre de fuyards appartenant soit aux corps de la 1" division, soit à la cavalerie, soit à une des brigades du 7" corps, qui s'était depuis quelque temps déjà réfugiée en partie dans la portion sud du bois de la Garenne

Le colonel Itobert revenait vers l'extrême gaucho de la position pour y retrouver le général Ducrot, lorsqu'il rencontra un officier de l'état-major du général de WimplFen, à la recherche du 7" corps et portant au général Douay un billet au crayon contenant (à peu prés) ceci : • -le vois que l'ennemi l'em- ■ porte sur nous; je réunis les troupes que je trouve » sous ma main pour tenter une trouée dans la » direction de Carignau ; appuyez ce mouvement, si > vous pouvez. >. Le colonel demanda à cet officier s'il avait un ordre semblable pour lu général Ducrot;

Le chef d'état-major retrouva le général Ducrot sur la crête, à l'Ouest du Lois de la Garenne, en face d'Illy, au moment ou les batteries de réserve étaient complètement démontées et la brigade Gandil repliée en retraite vers le bois de la Garenne. Les charges de cavalerie ordonnées par le général Ducrot étaient

débris du T corps revenaient vers Sedan en une

général commandant le 1" corps aucune troupe sous la main ; le chu! d'état- major lui lit part de l'avis que le général de Wimpffcn avait envoyé au général Douay, mais il était alors impossible an général Datant qu'il dût s'appliquer au 1" corps comme au T jee qui paraissait, probable, sans être absolument certaiti). A. vrai dire, ni le ? corps, ni le i", n'avaient en ce moment aucune troupe capable do se mettre en ordre pour inar<;jii;r dans la ilirurtinu indiquée, direction entièrement opposée d'ailleurs àeellu vers laquelle ces corps se trouvaient refoulés. Un grand nombre de fuyards étaient rentrés dans la place, dont les abords

— iîB —

se trouvaient encombres de voitures et de chevaux.

i heure» a L e général Ducrot se rencontra avec le général tn " c ' Douay vers la partie du rempart qui borde la citadelle. Le drapeau blanc avait paru un moment ; mais soit qu'il eût été abaissé, soit pour toute autre cause, on cessa de le voir. Les deux officiers généraux mirent pied à terre pour tenir conseil ; avec eux se trouvaient là réunis (sauf erreur) les généraux Korgeot, Joly-Frigola, d'Outrelaine et deux ou trois autres généraux ou chefs i l'état-major. Oo sut que le général Dejean visitait la citadelle au pied de laquelle on était.

Appuyer en ce moment le général de Wimpffen était absolument impossible; le mouvement de retour offensif vers Carignan qu'il avaitannoncé devoir tenter devait être alors certainement arrêté par l'ennemi ; et d'ailleurs, pour se joindre à ce mouvement, ou seulement pour l'appuyer, il eût fallu avoir quelques troupes; or, toutes les troupes dul" corps étaient alors ou dispersées, ou séparées par l'ennemi du point sur lequel se trouvait !e général Ducrot, puisque les derniers efforts de ce général pour soutenir le 7 1 corps et retarder la perte de la bataille avaient eu lieu au Nord-Ouest de Sedan, à l'extrême gauche de la position, tandis que le retour offensif essayé par le général de Wimpllen devait avoir lieu à l'extrême droite, c'est-à-dire au Sud-Est, dans la direction de Carignan .

Au surplus, les généraux, après avoir constaté l'impossibilité absolue d'une nouvelle tentative sérieuse de retour à l'ennemi, crurent nécessaire d'entrer dans la place pour recueillir lis renseignements que l'on pouvait avoir sur ce qui se passait du côté du Sud-Est, et

sur le secours que pouvait fournir le canon de la place. Le bruit de l'arrivée d'un corps de l'année du maréchal Bazaine s'était répandu. (Ou sut depuis que ce bruit avait été propagé, à dessein sans doute, pour stimuler les troupes dans le retour offensif qu'on devait entreprendre.) Enfin il était nécessaire d'examiner quelles nouvelles chances de défense pouvait présenter la place de Sedan, quelles dispositions d'ordre pouvaient y être prises pour réunir et réorganiser les troupes qui s'y étaient réfugiées et les préparer s'il se pouvait à une nouvelle lutte. Il fallait aussi avoir l'explication deee drapeau blanc qu'on avait vu flotter un instant sur l'un (les tintions de la citadelle.

Les {rénéiuux pénétrèrent dans ht place par une poterne qui se trouvait déjà encombrée de blessés. Le général Ducrot ayant rencontré là M. le général Dejean, commandant en chef du génie, conféra avec lui sur les dispositions de défense organisées aux remparts et dut constater que ces dispositions étaient fort incomplètes. j

Ce no fut, parait-il, qu'après s'être rendu compte de l'état de grande confusionqui régnait dansla place que les généraux Douay et Ducrot se rendirent à la souspréfecture pour avoir des renseignements s'il élait possible, et conférer de la situation avec l'Empereur.

Le colonel Robert était resté hors de la citadelle et était remonté à cheval avec ses officiers, mais, après un certain temps, ne recevant pas d'ordres, il se décida à entrer dans la place à la recherche du général Ducrot, et arriva de proche en proche jusqu'à la sous-préfecture. Bientôt le général Du-

erot sortant du salon do l'Empereur, lui remit une pièce qu'il venait décrire sous la dictée de Sa Majesté, et l'invita à siIIlïi- la faiiv signer par le général Faure. Cette pièce annonçait qu'un armistice dlait demandé, que le drapeau parlementaire était arboré et en conséquence, elle prescrivait de suspendre partout le combat. J.c général Ducrot avait refusé à l'Empereur de signer cette pièce, et on s'était arrêté à l'idée de ia faire signer par le cbel' d'élai-mujor général de l'armée. Le colonel ltobert rc; ut l'ordre de trouver de général Faure, de lui expliquer comment cette pièce élait rédigée par l'Empereur lui-même, et une foin que le général Faure l'aurait signée, de l'aire en sorte que les termes en lussent notifiés partout aux troupes

de l'armistice, devait en même temps être arboré partout où cela serait possible, et notamment à la citadelle. Le général Faure, trouvé dans l'enceinte do la citadelle par le colonel lîobcrl, se refusa énergiquement à signer la pièce en question, et lui dit : i Je viens de faire abattre le drapeau blanc; ce n'est pas moi

qui le ferai relever s

Ces deux officiers rentrèrent alors ensemble dans Sedan pour y recevoir de nouvelles instructions.

L'ordre de hisser fe drapeau blanc et de l'aire cesser partout le combat fut plus tard remis au général Lebrun, qui, de son coté, était rentré dans la place et avait été mandé par l'Empereur. La /drapeau parlementaire fut de nouveau hissé sur les remparts, et le combat déjà à peu près termine partout cessa définitivement. L'artillerie de la place avai

à la fin pris quelque part à la lutte en dirigeant son tir vers les forces ennemies, maîtresses du terrain au Nord et :iu Nord-Est.

Ainsi, en résumé, l'Empereur averti des succès iiTcsistibli.'s île l'ennemi qui avait uu pour lui l'avantage du terrain et du nombre, non naissant la fuite dos troupes vers Sedan, l'impuissance probable des défenses decelle place, et enliu tentes les circonstances qui transformaient cette, journée après dix lioures au moins de lutte en un immense désastre, l'Empereur, parait avoir ou dès trois heures du soir l'idée de faire cesser le combat pour éviter à l'année des pertes désormais inutiles. Il voulait proposer un armistice, so livrer de sa personne au roi de Prusse et tacher sans doute d'obtenir par là des conditions plus acceptables pour l'éventualité d'un traité de paix.

L'arrivée auprès de lui des généraux Douay et Ducrot put bien le confirmer dans ses résolutions, mais elle ne les avait pas précédées. L'initiative de l'idée d'un armistice qui arrêtait l'effusion du sang et sauvait de la destruction la ville de Sedan, mais à la suite duquel devait être fatalement posée la question navrante de la capitulation, parait avoir appartenu toute entière à l'Empereur.

De l'ensemble des faits qui se sont produits dans les journées du 31 août et du 1" septembre, il semble très-rationnel do conclure :

1" Que le mouvement projeté par le général Ducrot le 31, en vue de prendre sur les hauteurs d'Illy la position de bivouac et de combat du 1" corps, changeait du tout au tout les données de la bataille du lendemain, et, sans garantir une journée heureuse pour nos armes, assurait cependant à l'armée et à l'Empereur une liyne de retraite vers Mézières ;

2° Qu'en revenant le \" septembre au matin, dès qu'il eut le commandement en chef, à son idée do la veille, le général Ducrot avait encore de grandes Chances de faire une retraite honorable avec quelques retours offensifs, qui auraient fait payer cher à l'armée allemande la prise inévitable de la place de Sedan;

3° Qu'en arrêtant le mouvement de retraite, dont il s'agit, on forçait l'armée à combattre sur place contre des forces trois Ibis supérieures, en taisant face de trois cotés à la fois, et en recevant dus projectiles partis des quatre points de l'horizon, et qu'on se laissait fermer toute ligne de retraite extérieure, en même temps qu'on attirait, par la force des choses, vers ce qu'on a justeiur-nt appelé la souricière de Sedan, tout co qui, depuis le matin jusqu'au soir devait, plus ou moins à propos, quitter le champ de bataille;

i" Que le retour offensif projeté et commencé bravement, mais vainement, par le commandant en chef à la fin de la journée du 1" septembre, dans la direction de Carignan, n'avait aucune chance de succès, et que, dans tous les cas, ce mouvement, au moment où l'avis en est parvenu aux généraux Douay et Ducrot, ne pouvait plus être appuyé par aucune troupe à la disposition de ces officiers généraux.

Extrait des notes remises au chef d'état-major par le capitaine d'artiltirie Achard, attaché d l'êtatmajor du i tr corps.

Il s'agit do franchir la Meuse à Itemiliy et de se

porter ensuite sur Carignan. Le 1" corps s'ébranle de bon matin.

Les batteries de combat marchent avec les troupes d'infanterie, une partie est à l'avant-garde.

Après une attente assez longue à lîemilly, pour permettre l'établissement d'un pont improvisé, car nous n'avons pas d'équipage de pont, lus troupes commencent cette longue opération, protégées par la 3" division, qui occupe les hauteurs environnantes et surveille les approches. L'infanterie passe sur le pont mixte de chevalets et du bateaux construit par le génie; l'artillerie, Ja cavalerie et les bagages passent sur un bac qui a été suffisarnent réparé.

Les trois divisions d'infanterie ayant franchi la rivière, vers trois heures, ainsi qu'une partie considérable de l'artillerie de combat, le général Ducrot et son <■ rat-major quittent Remilly et se portent, avec la téte de colonne, sur Douzy et Carignan. Je demeure aux ponts avec la mission de surveiller le passage du convoi, des réserres d'artillerie, du parc et dus bagages. Cette longue file s'écoule en effet de plus en plus lentement ; le bac se fatigue, on ne peut passer qu'avec précaution. Cependant, à la nuit tombante, iViïjé".!tio!s i;si terminée : elle a élu laboricus..;.

Avant de partir, je prends les ordres du général commandant la division d 'arrière-garde (3" division) ; il me charge de rendre compte au général Ducrot de ce qu'il a pu observer dans l'après-midi, iïn eTet, un combat s'est livré, se livre plutôt, à Mouzotl, >t vers le soir divers indices nous montrent qu'il a lu. être malheureux pour nos armes. Des chevaux démontés fuient à toute bride à travers champs et prairies; quelques-uns viennent mémo se précipiter dans la Meuse; ils sèment ainsi quelque désordre dans les

dernières voitures de notre convoi, dont une partie a suivi la roule du petit lîemilly et a pu entendre la canonnade du champ de bataille.

Vers sept heures, arrivent enfin à Remilly la divi-

troupes occupent les positions do notre division d'arrière- garde, t|ui franchit enfin la rivière.

En traversant la vallée comprime entre le Cliiers et la Meuse, nous apercevons une partie dit champ de bataille de Mon /.on ; nous voyons le l'eu de la canonnade sans entendre les détonations. Scène lugubre et qui produit en nous un serrement de cœur.

A Dou/y. grand encombrement d'artillerie, de cavalerieet d'infanterie. Il nous faut en effet croiser la route do Mouzon, et elle est envahie par les bagages du ;V corps, qui arrivent ru désordre dans leur mouvement de retraite précipité.

Le général commandant la 2' division du 1" corps cherche à rétablir un peu d'ordre dans ce fouillis inextricable; il me facilite le passage d'une partie des

gées sur la grande route de Sedan à Carignan, qui est devenue littéralement impraticable. Nous franchissons le Chiers à Tétaigne,pou.r venir joindre la grande roule s us -nommée.

Mais déjà un mouvement de contre-marche s'était opéré sur cette route ; une partie des voitures, canons fourgons su dti'iguail sur Sedan, tandis que l'autre continuait sur Carignan. inquiet de ce mouvement désordonné ut eu ignorant les causes, j'abandonne à leurs chefs directs les voitures que j'avais accompa-

gnécs depuis Remilly, et qui, du reste, ne pouvaient plus avancer, prises comme dans un lacet par ce double courant ; et je cours à toute bride à Carignun, où je rends compte de tout ce que j'avais vu au général Duerot, que je tnmve en i. , onlorence avec l'Empereur; j'apprends en mémo temps que l'ordre est donné de se masser autour de Sedan, ou nous attendrons probablement le choc do l'ennemi. Il était alors environ onze fleures du soir.

Le 31 au matin, les 1" et 4' divisions du 1" corps si** roprenaiont leurs positions de bataille sur les hauteurs f " lnn5 ù ""V qui dominent Cariguan, en prévision de l'apparition p „ ûn> probable de l'aile droite de l'ennemi, sous les ordres Mardis dt du prince royal do Saxe. fjihgnu. ur

Vers huit heures, l'ennemi n'étant pas signalé, ces troupes se replient en conservant leur ordre de bataille et accentuant leur mouvement sur Sedan. Nous suivons la ligne des premières hauteurs qui dominent la grande route au Nord. Cette route est encom-

mies, établies sur les hauteurs do Iicmilly et de Mairy, lancent dos profusions d'obus sur ces longues files do bagages à une distance comprise entre trois et quatre kilomètres.

Parvenu à Villers-Cernay, le général Ducrot envoie en avant son dief d'ëtut-mnjor pour reconnaître le campement que nous devons occuper et prendre fes ordres du maréchal. J'accompagne le colonel Hubert pour le seconder et m'uecuper en particulier de la réserve d'artillerie du corps d'armée. Nous arrivons sans encombre jusqu'à Givonue; mais là, nous nous heurtons à un de ces encombrements de voitures trop fréquents pour n'avoir pas pour cause quelque vice fondamental d'organisation de nos convois. Ce n'est

qu'avec la plus grande peine du monde que nous parvenons à gagner le plateau de Givonne, où ont déjà pris position les doux divisions do notre corps d'armée qui, la veille, se sont arrêtées à Douzy. La 3' division se trouve séparée de son artillerie, ce qui ne laisse pas que d'inquiéter le i-'énérul Lliérillcr, qui la commande.

Après avoir pris connaissance du terrain que doivent occuper les troupes et avoir trouvé un chemin qui . quoique difficile et escarpé , offre l'immense avantage d'être libre, je retourne au-devant de la colonne pour la guider par ce chemin et la conduire à son camp. Pendant le mémo tomps, le colonel Robert so rend à la hâte à Sedan, au grand quartier général, pour prendre comiiiissana: îles ordres qui nous concernent et venir les transmettre au général Ducrot, dont l'intention avait été dose porter le soir même sur Illy, Floing et Saint- Menées, positions, importantes à garder. Le maréchal ordonne do so concentrer sur le plateau de Givonne, entre le 7" et le 12' corps. L'année occupe ainsi nti,' ligne ^emi- circulaire dont une des extrémités s'appuie à Sedan (la droite), et l'autre à une ligne de hauteurs dominant la Meuse vers Floing.

Les troupes bivouaquèrent le 31 ; elles étaient harassées de fatigue, et les derniers détachements n'arrivèrent que vers onze heures du soir à leur destinât ion Il fut impossible de songer à une distribution quelconque de vivres pour la plupaitd'entre eux.

i« «ji™- L'action s'engage aux premières lueurs du jour par **■ . itaiaiiio une vive fusillade sur le front du 12" corps, qui a doit ssdau. van (- ] es troupes bavaroises.

Le 1" corps est disposé de manière à couvrir Givonne et le ravin qui descend de ce village vers Dai-

gny, la Moncelle et Bazeilles. Une brigade de la 3' division est envoyée en renfort au 12' corps, et la moitié do la 4" division prend position vers Daigny à six heures et demie.

Le général Ducrot dispose plusieurs batteries de h, de i'2 et de canons à ballus (initrailk'usos), de manière à balayer les hauteurs à l'Est de Givonne et la route de VilJ ers- Corn ay ; mais la distance est déjà bien grande pour la portée de nos pièces. Cette opération terminée, nous attendons.

Vers sept heures et demie un billet du maire de Villers-Cernay est apporté au général; il annonce l'arrivée par celte route de forces ennemies considérables, C'est la garde prussienne et les troupes du prince de Saxe ; l'attention est vivement éveillée de ce cété. Cependant ces troupes exécutent leur mouvement en dehors de nos moyens d'action et mettent a profit les nombreux fourrés dont la contrée est couverte. Quelques troupes d'infanterie sont cependant aperçues vers huit heures, débouchant d'un bois situé à l'Est de Givonne et non loin de la roule de Villers-Cernay. Nos canons à balles envoient quelques volées de mitraille dans cette direction et dispersent instantanément ces troupes. Et cependant le feu de ces pièces n'est pas très-bien dirigé; chacune d'elle fait feu pour son compte et avec une trop grande précipitation.

En ce moment on vient annoncer au général Ducrotquu le maréchal est blessé, et qu'il est, lui, désigné pour prendre le commandement de l'armée. Il ordonne immédiatement un mouvement de retraite de l'aile droite afin de déjouer les projets de l'ennemi, qui consistent, pense-t-il avec raison, à nous occuper sur notre droite, tandis que des forces considérables,

longeant la frontière belge, tournant notre position au Nord t't cIil»j-l:Ih..-iiL à nous envelopper.

Ce mouvement avait déjà reçu un commencement d'exécution lorsque le général de Wimpffen réclama lcconmiandement en exhibant un pli ministériel qui l'investissait éventuellement do celte charge, et son premier soin lut d'arrêter le mouvement de retraite précédemment ordonné. Dès lors nous tombions en plein dans le piéjze mie nous tendait l'ennemi, liais que de fatalités s'attachaient à nous

Ed effet, vers 11 heures nous étions assaillis par un feu violent d'artillerie venant des hauteurs de Floing et un peu plus lard de Fleigneux et d'Illy. Le 7" corps se trouvait aux prises avec les télés de colonne du prince royal de Prusse débouchant de Saint-Menges et Floing après avoir passé U';mi|uillement la Meuse dans ia nuit, au pont de Donchery. Ce pont, par suite d'une circonstance inexpliquée, n'avait pas été détruit.

Cette audacieuse manœuvre de l'ennemi, si importante pour lui, s'était accomplie en quelque sorte sous le canon de la place de Sedan, sans que la moindre tentative eût été faite pour l'empêcher ou le retarder. Nous devions payer bien cher cette faute.

Toutes les troupes disponibles du 1" corps d'armée furent alors amenées au secours du 7' corps. La réserve d'artillerie vint s'établir en face d'une batterie ennemie d'une cinquantaine de canons qui étaient déjà en position depuis longtemps cl dont le tir était parfaitement réglé. Cette situation si désavantageuse à notre artillerie était encore aggravée par la supériorité numérique des pièces ennemies, et le degré plus grand riejustesse. A.ussi les premières batteries fran-

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çaises en position furent-elles balayées et littéralement pulvérisées eti quelques minutes. Kilos furent immédiatement remplacées cl cette fuis la résistance

mer. Elle eut, du reste, la consolation d'arrêter pendant un certain temps l'élan île l'ennemi et de permettre à nos troupes de cavalerie et d'infanterie de préparer une dernière tentative (lenliilive désespérée pour (iriser le cercle de fer et de feu qui nous étretgnait), en attirant sur elle les ellurts de l'ennemi pendant un temps que nous pouvons évalue]' à une demiheure environ.

Hélas! ce mouvement devait échouer; mais l'artillerie put se dire qu'elle avait fait tout ce qu'il fallait pour eu faciliter la réussite.

En effet, pendant ce combat glorieux do notre artillerie, le général Ducrot rassemblait la cavalerie et l'infanterie qui lui restaient sous la main, et tentait, parmi appel énergique et suprême aux sentiments d'honneur et do devoir, de faire passer dans l'âme de ses troupes la màlo et courageuse résolut iou dont il était lui-même animé. La cavalerie répondit noblement à cet appel et fournit une charge des plus brillantes mais qui vint se briser contre une nouvelle pluie do feu qui eut bientôt enia^sé pèle-méle chevaux et cavaliers. I/infanlerie, hélas! était accablée; tout ressort en ellciétait brisé : depuis le matin elle avait supporté une canonnade ininterrompue qui l'avait désorientée d'abord, puis démoralisée. Elle reste sourde à la voix de ses chefs. Par trois fois le général Ducrot et son état-major se mirent à sa tête pour la ramener au feu; ils obtinrent d'elle l'obéis-

fut terrible. L'h

déployé dans cette circonse que nous pourrions BXprî-

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