‹ La journee de Sedan par le géneral DucrotChapitre 5 sur 7 · HO · texte numérisé non relu

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sance, mois ce fut tout. Chaque fois qu'ilsdurent porter leurs soins ailleurs, elle n'écouta plus ses officiers et lâcha pied.

Les derniers événements que nous venons de raconter se passaient vers trois heures environ. Les derniers éléments de notre résistance venaient de se briser entre nos mains.

Le cercle de feu qui nous étreignait, se rétrécissait et s'épaississait rlc plus en plus. L'armée du Prince royal avait donné la main vers IUy à celle du prince de Saxe. Bientôt toute l'armée française, dans la plus . affreuse déroute, fut refoulée sous les murs de Sedan, où le drapeau blanc avait été arboré vers trois heures. On se battait encore à l'aile droite pourtant, mais là même l'espoir du succès avait disparu. Tout se précipita pêle-mêle dans la place, et cette nuit offrit un spectacle que n'oublieront jamais ceux qui ont eu le malheur de le voir.

Extrait des souvenirs du commandant Favcrot de Kerbreck.

. . . Je suis envoyé à la cavalerie dont les divisions n'ayant pas un commandant en chef n'étaient pas réunies. Je ne trouve que celles des généraux Marguerittc et de Fénelon. Je les amène, et le général Duerot les forme sur la gauche en leur disant d'attendre. Je cours dire à l'artillerie de réserve de se hâter. Mais le terrain lourd, sablonneux, l'empêche d'avancer plus rapidement.

Je rejoins le général Duerot dans le ravin qui horde le plateau. Ce ravin était alors inondé do la plus formidable pluie de projectiles qu'il ait jamais, au dire de quelques vieux soldats qui nous entouraient, été donné de voir tomber en un mémo endroit d'une ba-

taille. Les obus venaient de tous les points de l'horizon et s'y réunissaient pour écraser nos malheureuses troupes. Les pièces que nous établirons à la gauche du nois en avant de nous sont démontées aussitôt, les chevaux, les servants à peine en position, sont tués ou hors de combat; le général Ducrot lait venir successivement tout ce qu'on a pu réunir d'artillerie et place lui-même les batteries dont bien pou d'hommes restent debout.

Aiors il va trouver les chasseurs d'Afrique et ordonne au général Galiffet de charger. Ces braves régiments s'élancent avec un entrain magnifique, mais leur effort vient se briser contres les masses ennemies. Décimés, ils se reforment à nos cotés.

Enfin nous apercevons la division Pelle. Nous l'amenons en avant de la cavalerie et aussitôt le général Ducrot m'envoie porter au général de Galiffet Tordre de charger une seconde fois; il espère ainsi, pendant que l'ouragan équestre passera, entraîner l'info literie à la baïonnette et peut-être culbuter l'ennemi. Nous mettons tous fépée à la main.

Le général de Galill'et, superbe de sang-froid, me répond qu'il no peut agir à l'endroit ou il se trouve ; qu'en arrivant à demi-portée des Prussiens il sera arrêté par un obstacle infranchissable et il me mène au galop reconnaître l'e^iictilnile de son dire. Je retourne ventro-à-terre en informer le général Ducrot qui vient alors à son tour, reporte vers leur droite les chasseurs d'Afrique de la division Marguerittc, et les lance à la charge

Enstant solennel, spectacle émouvant et sublime qui restera éternellement gravé dans la mémoire de ceux qui ont eu l'honneur de voir ces héroïques régiments, guidés par leur jeune et brillant général,

courir à la mort avec la furie de nos pères. On eût dit l'enthousiasme d'un jour de victoire!

Pendant qui.' passu la diai ■'j.c, le général iJiicrot se place l'épéa haute, avec son état -major, devant l'infanterie et s'écrie : « En avant, on avant, mes enfants!.... A la baïonnette I... s Mais hélas! le fou est si meurtrier et le moral si affaissé par les pertes de la journée que bien peu d'hommes le suivent

A ce moment reviennent les rares el glorieux débris de la brigade (ialilfet. Ils se groupent auprès du général îlnerot ilont la tentative pour marcher en avant a été infructueuse. Nos pièces no tirent plus. Les troupes se débandent et nous nous trouvons bientôt

Tout fond autour de nous ^

Souvenirs du coiouiï d'Audi*!»,:, chef d'ètat-major de la 4' division du corps.

Nous arrivons à Eaucourt à une heure du matin. L'Empereur et le grand quartier général y sont. On nous dit que le 12° corps a passé, le W, la Meuse à Mouzon, nous coudions dans une grange.

Départ de Raucourt à huit heures du matin, nous passons ia Meuse à ltérmily. Cette marche en avant, la beauté des coteaux de la Meuse, un soleil splendide qui donne plus de donnes aux mu;'iii tiques prairies à Ira. vers lesquelles le 1" corps marche sur Tétaigne pour y passer le Chiers, ont fait oublier les misères passées et rendu à tout le inonde la confiance. Nous arrivons à Carignan, où l'on bivouaque sur les hauteurs un peu avant la nuit. Le général ayant malheureusement envoyé ie sous -intendant avec les bagages qui ne

nousrejoigncntpas.la 4' division ne reeoitpus dovivres.

-le loge iivec le général du Beliemare (chez M. Delescluze).

Notre joie n'a pas été de longue durée. La nouvelle Mont. de la surprise impardonnable et de la destruction partielle du 5' corps et l'échee de la division Graiid-

maliu et se dirigent par Osoes, Mé/incourt. Incombes, Francheva] et Villors-L'emay-sur-Givonnc. Un arrêt de trois heures, fait sur la fausse prévision d'une attaque à Villers-Cornay, est cause que nous n'arrivons qu'à la nuit noiffl sur les hauteurs qui dominent Givomic. On ne peut retrouver le troupeau de bœufs qui nous suit, et nos troupes ne reçoivent rien encore.

La véritable cause de cet arrêt était l'encombrement de la route, couverte des bagages eu désordre des 5', T et 12" corps.

Je cherchais comment faire venir de Sedan les vivres nécessaires à la division, lorsquu le canon des Allemands, qui veulent forcer le passage de la Meuse à Bazeilles, oblige de se préparer au combat. La 1" brigade de lu -V division est envoyée, pour éviter que l'armée no soit tournée par la g.iueho, occuper en hâte les plateaux et les bois qui dominent Daigny à l'Est; nous arrivons trop tard sur ces belles positions qu'aucun de nous neconnait et sur lesquelles l'ennemi est établi en partie. Notre artillerie, placée en bataille, a quatre ou cinq cents métrés des tirailleurs (ennemis] saxons, est très -rapidement démon-

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têt;, nos troupes, affaiblies, par la fatigue et par le manqucde confiance, ne sont plus ce qu'elles s'Ouicnt montrées à Fra'shwiller; enfin, les généraux de Lartigue, Fraboulot, et nous tous, sommes constamment au milieu de nos tirailleurs ; nous sommes d'ailleurs numériquement trop faibles pour résister à cet immense mouvement tournant Car, par suite de la blessure du maréchal, le général Ducrot, qui lui a succédé, pensant avec juste raison que la retraite sur Mt'/.ièi'cs ('tait le seul moyen d'éviter un désastre, a retenu notre 2"* brigade, avec l'intention de nous rappeler nous-méme bientôt : et le général de Wimpffen, lui succédant une demi-heure après, a tiublié, en redonnant l'ordie de se porter en avant, do nous faire soutenir.

Vers neuf heures, après deux heures seulement d'engagement, notre division est en pleine retraite sur Daimiy et Ciivonnc. Mon bon cheval Clown reçoit

draguii d'escorte au campement et je monte celui de ce cavalier. Prévenu que le village deDaigny est attaqué par le Suri, j'y envoie trois compagnies de zouaves qui malheureusement ne peuvent que se réunira une portion du i" bataillon de chasseurs qui tient encore une portion du village. Peu après le général Lartigue est obligé de se retirer, avec les derniers zouaves qui tiennent encore les positions, parDaigny. Mais les Prussiens sont déjà maîtres de la moitié du village et nous no pouvons traverser le carrefour auquel aboutit notre roule. Cela amène de la confusion ; les zouaves se jettent dans les maisons à droite, par les jardins desquelles ceux qui ne sont pas pris rejoignent leurs camarades et les chasseurs.

Nous trouvant isulés à cheval, au milieu du feu,

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