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nous tentons du nous frayer u» passage (le généra! Lartigue, moi, le capitaine Rosse! in, et deux dragons d« l'escorte), en grimpant à pied un sentier qui nous mène derrière les maisons, et là nous lançons nos chevaux en côtoyant la crête sou? le feu, à 100 mètres de la ligne des tirailleurs ennemis. Le cheval du général est tué par un obus, il peut se dégager en descendant à travers les gradins que forment les jardins; peu après, quelques pas plus loin, car je ne sus que plus tard ce qu'était devenu Je général, mon cheval reçoit une balli! qui travyrsi; son corps et mon mollet gaucho; nous roulons ensemble on descendant un petit talus. Je me dégage et me relève, et je vois que les autres cavaliers ont passé. La pensée que j'ai seul sur moi la carte du pays, me fait essayer s'il me serait possible de marcher avec ma jambe blessée et de gagner le couvert d'un petit bois à cinquante pas en avant. Je reçois alors une autre balie qui me fracasse l'avant bras droit. Il était neuf heures et demie, deux chasseurs saxons arrivent sur moi, mais passent en me voyant blesse. Je tombe et m'étends au pied d'un talus dans un champ de betteraves et j'y reste jusqu'à quatre heures et demie sous le feu des balles et des obus de nos tirailleurs qui, des hauteurs voisines, criblaient le plateau. A quelque chose malheur est bon. les éclats d'obus arrivent assez près de moi pour me permettre d'en trouver deux à ma portée pour chasser un vilain cochon qui vient sentir mes plaies.
Les chasseurs saxons se sont emparés do notre plateau que leurs lignes successives occupent tout le jour et nous traitent, d'autres blessés et moi, ibrt bien eu m'offrant tous du vin de leur gourde et quelques morceaux de sucre. Un d'entre eux pourtant me vole ma montre et ma croix et m'aurait dépouillé da-
vantage si je no t'avais vivement repoussé de ma main gauche, et retrouvé assez d'allemand pour le menacer de le Taire fusiller comme pillard. Un major, ù qui je rends compte de ce fait vers trois heures, en était effectivement indigné, et me dit tous ses regrets de ne pouvoir retrouver le coupable.
Aussitôt la fin de la bataille et dès que la sécurité est rendue à ce plateau, les Traders viennent me chercher sur un bu» brancard et me transportent avec des seins infinis à l'ambulance de la garde, à Daigny. Deux heures après, sur la recommandation de M. Lotichan, Saxon que j'ai un peu connu à Paris, le docteur l'fëill'er, de la Société Internationale, écrit à ma femme pour lui donner do mes nouvelles, une lettre qui ne parvint qu'au bout d'un mois, et le chirurgien en chef de l'armée me l'ait transporter au château de Daignv, dans une jolie chambre au premier, où l'on met à ma disposition un fantassin de marine légèrement blessé du nom de Conty;onme dit le soir que nous avons complètement perdu la bataille, ce qui devait arriver dans la déplumlile condition de l'armée et la funeste détermination de renoncer à une rapide retraite sur Mézières. L'armée française se retire dans la ville et sous les canons de Sedan, et les
î j^iturA™. N'ut ( assez bonne, !;! --i- comme je le suis. Je n'entends pas le bombardement ordonné par le prince Frédéric-Guillaume, les bruits d'armistice sont donc fondés.
Je passe une journée bien pénible et une nuit plus affreuse encore en songeant à la honte dont notre malheureuse armée couvre la France 1