‹ La journée des MadrigauxChapitre 32 sur 53 · DE RESPECT · texte numérisé non relu

DE RESPECT

IL a passé ces jours passez, un ayraable Estranger appelle Trasile qui avoit fait une belle diligence, depuis qu'il estoit party d'0u6/î/, où il avoit esté un jour ' que s'estant trouvé un peu las, il a voulu aller prendre la rivière; mais corne il ne s'est point trouvé de bateaux, on assure qu'après s'estre reposé deux ou trois heures , il a entrepris d'aller à la nage jusques à Tendre. Diverses personnes l'ont voulu dissuader de ce dessein ; mais il a répondu qu'il est accoustumé d'avoir des aventures galantes dans les rivières, et qu'il en a eu une si favorable dans la Seine, qu'elle luy fait espérer que son dessein réussira. Mais quelques Bergers qui gardoyent leurs trouppeaux , le long du fleuve, disent que Trasile, en nageant, a rencontré dos dames qui se baignoyent , avec qui il s'est arresté * ; de sorte qu'on ne sçayt pas bien

' ■ C'est qu'en une promenade qu'il (Ysarn) fit à Raincy, avec Ml'eScudéry, il fut languissant et mélancolique ; de sorle qu'ils ne se parlèrent point. » Conr.

- i C'est une aventure qui lui arriva, comme il se baignoit au mois de juillet, dans la Seine; car il y rencontra des dames fort spirituelles qui s'y baignoyent aussi, avec qui, sans les connoislre, il fil uiic fort agréable ronveisalion

encoi'c s'il poursuivra son dessein el si la beauté de quelqu'une de ces dames ne mettra point dans son cœur de quoy l'empescher d'estre receu à Tendre.

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