‹ La journee des maladesChapitre 27 sur 57 · UO LA JOURNÉE · texte numérisé non relu

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cœur, et d'un cœur qui a vu souffrir. Plus il sera court en promesses, plus vous devrez espérer de lui : ayez confiance en lui s'il est savant, cent fois plus encore s'il est bon. Dieu éclaire la bonté !

Donnez-vous le temps de le connaître, et ne le connaissez pas pour un jour. Si vous arrivez à découvrir en lui Tàme simple et profonde que j'ai connue, n'ayez plus de mesure dans votre confiance. On peut tout donner à ces âmes vraiment pures : plus le secret est important, mieux elles le gardent. L'extrême confiance appelle en elles l'extrême dévouement.

Le médecin dont je vous parle croit aux âmes ; il les connaît, donc il les aime : qu'importe à cet égard qu'elles soient pauvres ou malades ? Le médecin, comme le prêtre, tient de Dieu un cœur particulier pour les pécheurs. Ouvrez-lui donc votre âme. Dites-lui vos inquiétudes, vos angoisses, vos chagrins. Dites-lui plus : diteslui vos fautes. Presque toujours la maladie vient du péché.

Ne changez pas souvent de médecin, et ne

prenez un avis nouveau que dans Textraordinaire. La confiance que je viens de dire est-elle Taffaire d'un jour? Croyez que nui ne peut mieux régler votre vie que celui qui la connaît depuis longtemps.

J'ai parlé de vous connaître. C'est qu'en effet il ne suffit pas à votre médecin de connaître l'homme ; il faut qu'il connaisse l'homme que vous êtes, vous, et que personne n'est que vous seul.

Il n'y a dans l'univers ni deux âmes ni deux €orps semblables. Il faut donc refaire, en un certain sens, toute la casuistique comme toute la médecine pour chaque malade et pour chaque pécheur. Celui qui vous connaît ne s'effrayera pas en vain, il ne s'inquiétera pas à tort, il ne se rassurera pas à faux ; il ne sera ni surpris, ni indécis, ni aveugle. Il saura bien accommoder les lois générales à vos besoins particuliers, et vous guérir quelquefois malgré les règles: n'est-ce pas l'important ?

Ne soyez donc à l'égard du médecin ni capricieux ni infidèle. Mais pour cela cherchez-le bien, et longtemps.

Enfin soyez reconnaissant pour ses soins, et ne croyez pas avoir tout fait quand vous l'aurez payé selon l'usage. Il est des choses qu'il faut renoncer à payer dans ce monde. On ne paye pas le soldat sur le champ de bataille, on ne paye pas le prêtre à l'autel. On ne paye pas davantage le médecin qui a bravé la contagion du mal, et tenu plusieurs fois le jour, malgré ses répugnances, une main qu'abandonnaient peut-être les parents et les amis.

Ceci est chose qui ne se paye jamais, si ce n'est là-haut dans le trésor éternel de Dieu, si ce n'est encore ici-bas dans le trésor de la reconnaissance et des impérissables souvenirs.

VIï.

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